22/03/2011

Elections:que vont faire tous ces masos dans cette galère ?

startingblock.jpgLa course aux Exécutifs, jeu favori de masos pathétiques ?

La basse-cour la plus caquetante et jappante de la République et Canton est celle des commentateurs politiques qui jactent et pondent fébrilement sur ces blogs en attendant le jour fatidique du 13 avril 2011, date-butoir au crépuscule de laquelle les communes genevoises  seront à nouveau dotées de dirigeants. Leur pouvoir est pourtant bien limité à Genève par rapport aux Exécutifs de communes d'autres cantons. Napoléon a imprégné les lieux de sa marque impériale: les forces centrifuges doivent être contenues comme les cerclages de fer enserrent les barrils de vin mousseux sous pression. L'appellation de la charge est franchement miteuse: "conseiller administratif". Dans le genre rébarbatif, ça craint et tous s'en accomodent pourtant !  Les autres ont des Municipalités, des Présidents, des Syndics. Genève ? De simples personnages "administratifs" placés sous la haute autorité du Canton. Ca évoque des sortes de greffiers améliorés. De simples ronds-de-cuir obéissants, experts pour  ranger gomme et stylos sans hâte dans leurs plumiers, une fois avoir "fait mes heures".  Ou à des ados sous tutelle dont il faudrait se méfier... Malgré l'étiquette peu sexy, ils sont 204 candidats à briguer les 137 postes à pourvoir dans nos 45 communes. Ils étaient 1800 à conquérir les 900 sièges des Conseils municipaux, ces derniers salons où il est encore permis de s'engueuler et de se réconcilier à la buvette après s'etre entre-déchirés sur la forme et la couleur des vespasiennes, la hauteur des trottoirs et l'arrosage des voiries publiques. La plus grande Commune est celle de la Ville de Genève qui gère pourtant plus d 'un milliard de francs pour un territoire pas plus grand qu'un mouchoir de poche, peuplé d'enfants gâtés qui écrivent aux journaux pour se plaindre que le tram 12 est reparti trop tôt en claquant ses portes au moment même où Mme Duraton allaitait son dernier-né, debout sur le trottoir...


startingblock.jpgMais qu'est-ce qui peut bien pousser les candidat(e)s a prendre le risque de se voir rejeter par le peuple ? Une manière de jauger si l'on est bien aimé des foules ? Une ivresse à jouir d'un pouvoir tout relatif, fugace et toujours remis en question par le corps électoral ? En général, les politiques, lorsqu'on les interroge vous jurent leurs grands dieux que seule l'aspiration à servir la République les anime. N'y aurait-il pas quelque fonction compensatoire et comme un doux plaisir pervers polymorphe à se jucher sur les tribunes pour haranguer les foules ? Voire à se sentir moins contingent, moins seul dans sa béance ontologique sur la Planète bleue en légitimant non seulement le pouvoir sacralisé par les foules mais aussi et surtout sa propre existence ? Des psy futés vous expliqueront probablement  le mécanisme qui incite des personnes raisonnables à entrer librement et volontairement dans la folie politique.

Si vous avez la chance de travailler dans un vaste immeuble de bureaux, vous pouvez tenter l'expérience suivante... Ouvrez délicatement la porte d'un grand bureau collectif et posez innocemment la question suivante, sur un ton amène: en fait, à quoi servez-vous dans ce bureau ? Et savourez le résultat ! Donc les motivations des candidats en politique relèvent probablement à la fois de la valorisation personnelle, du besoin de reconnaissance et d'admiration des autres et même du plaisir que l'on peut éprouver à s'exprimer devant des dizaines de spectateurs sans être interrompu ! Un peu de comédie, beaucoup de narcissime et, en prime, le fameux "appel à servir la communauté". A choix !

questionmarkegg.jpgCertains candidats se contentent, sous la pression de leurs amis, de figurer sur une liste d'un Parti classique et séculaire. D'autres se font porter simultanément sur 6 listes aux appellations des plus banales aux plus séductrices: l'Entente villageoise, L'Ouverture (à quoi ?), les Locataires d'Onex, Qualité de Ville, Equilibre et Cohérence, Ma Commune Ma Maison (Mon château ?), Les Femmes de Carouge, (si singulières que ça ?),  la Force de l'Equilibre, Les Verts Libéraux (un oxymore ?), Sauvons nos Zones Villas, les Hors-Partis de Cologny,(sont pas tous libéraux ?) Le Terroir, Sortons du Nucléaire, Halte aux blocages (des carrefours ?), Au Centre l'Humain, Dialogue et Cohérence, A Trois pour Satigny (un singulier ménage ?), Pour un Conseil administratif uni et efficace au service de Vernier (reprenons notre souffle !), Equilibre et Cohérence. Seul manque à l'appel: Les Verts-Nuisants !

Cette fois-ci, en Ville de Genève, nous avons repéréle cas singulier d'une candidate, organiste de profession, qui se présente sur pas moins de  HUIT listes différentes ! Jouant simultanément sur trois claviers et un pédalier, notre virtuose des  tutti maîtrise parfaitement les touches blanches et les touches noires, elle pourra donc entonner quelques alleluias en jouant sur tous les registres...si elle est élue et non blackboulée:-) ! Comme son vieux papa prêche encore à la cathédrale St Pierre, elle a de qui tenir.


urneavoter.jpgCe que recouvrent ces singulières appellations n'est connu que des initiés qui les ont lancées.  Les dénominations laissent tout au plus deviner quel groupe d'intérêts défendent les candidat(e)s. Pour le surplus, l'électeur en est réduit à scruter les trombinoscopes des prospectus qu'envoient en masse les Partis et groupements dans les boîtes aux lettres avec le zèle de sergents-recruteurs. Tant pis si le citoyen. est placé devant l'embarras du choix. Un coup de dés jamais n'abolira le hasard ! (Mallarmé). L'organisation et le  dépouillement d'un tel scrutin, au système majoritaire,  représente un travail considérable et fort coûteux pour le Service (cantonal) des élections et votations. Une question nous taraude après avoir passé en revue la liste de toutes les communes et de tous les candidats ... Comment le candidat Patrick Ascheri, directeur dudit Service,  et candidat à Anières, va-t-il se "dépouiller" lui-même après avoir brassé dans ses mains innocentes des dizaines de milliers de bulletins de ses concitoyens:-) ?

Mais attention, il ne suffit point d'une légitimation démocratique pour parvenir à exercer ces charges aux Exécutifs des communes... Encore faut-il satisfaire à mille conditions de solvabilité et d'honorabilité, comme le stipule la Loi sur l’exercice des droits politiques (LEDP) pour les communes de plus de 10'000 habitants. Elle exige la production de:

a) la liste exhaustive des conseils d’administration, conseils de fondation ou autres organes de personnes morales auxquels il appartient ou dont il est le contrôleur;

b) la liste des entreprises dont il est propriétaire ou dans lesquelles il exerce, soit directement, soit par personne interposée, une influence prépondérante;

c) s’il a des dettes supérieures à 50 000 F, à l’exclusion de dettes hypothécaires;

d) s’il est à jour avec le paiement de ses impôts;

e) s’il fait l’objet d’une procédure civile, à l’exclusion de celles concernant le droit de la famille, ou d’une procédure pénale ou administrative.

Au cas où le service des votations et élections constate qu’une des indications fait défaut, il accorde au candidat un délai de 24 heures après l’expiration du délai de dépôt des listes de candidats pour pouvoir fournir l’indication manquante. A défaut de quoi sa candidature est radiée.(23)

6 Les renseignements communiqués peuvent être consultés par toute personne majeure domiciliée dans le canton.(23)
7 Le candidat doit signer une déclaration autorisant la chancellerie à vérifier auprès des services de l’Etat concernés les renseignements qu’il a communiqués. Lorsque la chancellerie constate que des renseignements sont erronés, elle complète s’il y a lieu le dossier, après audition du candidat.(23)

questionmarktable.jpgEnsuite, selon que le/la candidat(e) aura été élu(e) ou non, il/elle aura quatre ans pour se féliciter de son succès ou maudire les amis qui l'auront poussé(e) à briguer de telles charges sans grand prestige mais qui exigent un travail considérable, des activités de représentation innombrables, des compétences relationelles très développées, une capacité d'arbitrage des conflits et le goût des responsabilités. Nul besoin du moindre diplôme ou de certificat de bonne santé mentale et physique pour cela: il suffit d'être élu ! Et, hormis les charges professionnelles dans les grandes communes, contrairement aux "brèves de zinc", ils ne s'en mettent pas plein les poches pour autant. Et ne font pas toujours "comme ils veulent".

Il est plus facile, à n'en pas douter, de représenter un Etat-nation à l'Assemblée générale de l'ONU (sans jamais y prendre la parole) ou, pis encore,...au Parlement européen (très bien rétribué !) que de siéger au sein d'un Exécutif à Genève.

Que les perdants se consolent: une fois que l'on a mis la main dans l'engrenage, c'en est fini des week-ends de loisirs, de farniente et de contemplation des plus beaux paysages du canton ! A bon entendeur salut !

 

 

Votez pour des candidats libertaires (non masos !) déjà rompus à la politique !

02:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, candidats, motivation, narcissime, maso | |  Facebook

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