26/04/2011

Requiem sans larmes pour les claviers mécaniques

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C'est La Tribune de Genève qui, en primeur, a sonné le tocsin de la machine à écrire. Il ne s'en produira plus jamais dans le monde. Zappée comme une vieille chaussette dans les égouts de l'Histoire. Vais-je sortir mon mouchoir et y verser un pleur ou applaudir à la disparition de cet instrument vivant qui faisait monter, joyeuses vers le ciel, de véritables symphonies de frappes et cliquetis dans toutes les Rédactions du monde au moment du bouclage ?

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20/04/2011

Don d'organes par négligence ?

iStock_000001529444XSmall.jpgSauver des vies est l'une des actions les plus nobles que l'homme puisse imaginer. Tous les moyens mis en oeuvre vers ce but chaque jour en Suisse et dans le monde sont louables. Il n'existait rien de tel il y a cinquante ans.  Ces actions humanitaires méritent donc notre admiration. Celle-ci s'étend à tous les sauveteurs, urgentistes, réanimateurs, ambulanciers, spécialistes de la néo-natalité. Néanmoins, à la réflexion, on peut se demander si, dans de nombreux cas, il n'aurait pas mieux valu laisser faire la Nature plutôt que de s'acharner à réanimer des personnes âgées et malades ou jeunes et souffrant de dysfonctionnements gravissimes, au risque de ne plus leur offrir qu'une semblant de vie sous forme de patient grabataire mobilisant tout un entourage familal et médical pour le prix de cette survie. L'initiative de Xavier Schwitzguebel visant à changer la loi fédérale sur les dons d'organes est, à première vue, absolument louable et digne d'être soutenue. Elle est généreuse, bien intentionnée. Et pourtant, en l'examinant de plus près, on peut être saisi de doutes, faute de savoir avec exactitude où se situent le Bien et le Mal. La proposition consiste à faire en sorte que tout résident en Suisse soit donneur "à moins d'une opposition connue de son vivant" est une carte forcée indigne de la démocratie. Actuellement "seules les personnes qui se sont expréssément annoncées sont considérées comme donneuses". Si cette initiative populaire fédérale devait aboutir avec 100'000 signatures, elle ouvrirait une nouvelle perspective: celle du "don d'organes par négligence". Explications...

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14/04/2011

L'Illustré se penche sur son passé: 90 ans déjà ! Souvenirs...

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A l'occasion de son 90e anniversaire, L'Illustré édite un numéro "Spécial Anniversaire" en grand format, richement...illustré, comme il se doit.  Avec le défunt et plus populaire  Pour Tous, L'Illustré était une institution florissante dans tous les établissements publics de Suisse romande  avant que le petit écran ne vienne déloger les portraits du général Guisan et que la fumée y soit interdite. On trouve, certes encore L'Illustré dans la plupart des bons cafés-restaurants qui se respectent et des bonnes salles d'attente de dentistes et de médecins. A l'époque, nous nous présentions comme ..."le Paris-Match suisse"-  Pourtant, depuis l'avènement de la télévision, cet hebdo n'est plus le canal unique illustré de la vie en Suisse romande. Journaliste stagiaire (1961-1963) puis correspondant en free lance à Londres de cet hebdomadaire (1963-1967) édité par Ringier, "Whimsical" se souvient...

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09/04/2011

Six jours captif des neurologues (III) La bétaillère

Dubo_Dubon.jpgAujourd'hui, j'ai progressé sur le carton du Jeu de l'Oie. Mon lit trône désormais près de la fenêtre, celle qui offre la meilleure vue sur la grue jaune Perret et sur les jardins suspendus, agrémentés de tonnelles, à l'ombre desquelles j'irais bien m'en griller une avec mon infirmière préférée. Les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) ? Une colonie de pyramides sans cesse enrichie de nouveaux éléments dominant le quartier. Un univers en expansion incessante. Une méga-usine où l'on soigne et les corps et les âmes meurtries. Avec une sortie joyeuse et un heureux retour vers l'humanité debout. Et une autre, climatisée, vers la morgue, c'est selon. Un mouvement perpétuel animé par les forces de vie et de mort. J'ai pris la place libérée de Herr von S. expédié à la Clinique de Montana. De mon nid d'aigle stratégique,  proche de la fenêtre, même la nuit, on voit la flèche de la grue osciller au gré des vents et les rayons de lune jouer avec les croisillons de la tour verticale. Un peu de musique classique captée sur mon téléphone portable et l'aube ne va pas tarder...

Tiens, une fois remis, je monterais volontiers au sommet de cette grue !, comme jadis avec André Hediger, ancien conseiller administratif de Genève, au sommet de l'échafaudage de la cathédrale Saint-Pierre, par temps de bise. Un pari stupide que le magistrat avait accepté sans prendre le soin de se chausser de manière idoine. Lente ascension derrière l'échafaudage recouvert d'immenses feuilles de plastique translucide. On ne voit pas le vide. Parvenus au sommet, à ciel ouvert, la témérité de notre ascension nous apparaît dans toute sa béance. Notre plateforme oscille de 50 centimètres sous les coups de boutoir de la bise. Nous ne savons pas si nous tremblons de froid ou de peur...Et guère envie de contempler longtemps le paysage sur notre plate-forme mobile... "Dédé", élevé par des Jésuites à Paris avant d'adopter le communisme pour credo, est prié de prononcer une phrase historique, juché sur la plus grande conquête architecturale de la Réforme. Tout à l'heure, je transcrirai les propos du Maire communiste de Genève sur le réseau mondial de l'Associated Press... De l'art funambulesque et périlleux de créer l'événement et de s'approprier une information exclusive... "What an extraordinary story" pour les lecteurs américains...

J'attends le feu vert des blouses blanches et l'autorisation de l'entreprise pour mettre en oeuvre mon projet d'escalade de la grue Perret. A 70 ans dans quelques jours, je dois bien parvenir au sommet comme je suis parvenu au faîte d'une tour d'éclairage jadis, sur le terrain de football de Sheffield, pour vérifier la rumeur selon laquelle le terrain penchait. Même munie de cette information stratégique, documentée par la photo, l'équipe de Suisse avait perdu contre je ne sais plus quel adversaire.

Vaillant, je dois  l'être encore, puisque , sur le conseil d'un médecin des HUG, je suis parvenu à me piquer trois fois seul, sous surveillance experte,  avec un auto-piqueur assurant l'autonomie du patient à son domicile.

Avec ce gadget, on nous arrache notre boulot ! s'est exclamée une infirmière, férocement jalouse de son monopole et franchement hostile à ce progrès d'autonomisation du patient.

Pourtant, vaillant je le suis vraiment surtout parce que  j'ai survécu, indemne, à l'épreuve de la chaise roulante sur  bétaillère. L'exploit se déroule  encore dans le métro des HUG...

 

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Une matrone imposante m'annonce qu'elle va me conduire au service d'ophtalmologie en chaise roulante électro-tractée . Six-cents mètres de couloirs souterrains, avec quelques virages en prime. Ma pilote est du genre bien bâtie plutôt que "bien roulée".  Une colosse de virago capable de faire front debout, sans broncher,  aux blizzards qui fouettent la toundra. Bien que je ne me laisse pas volontiers  porter ou tirer par une femme, dût-elle provenir des steppes des régions arctiques, je n'ai pas le choix. La voix de l'électro-tractrice est impérative : "Asseyez-vous au fond de chaise et posez  pieds ici et tenez vous bien dans  virages !" L'accent rappelle le serbo-croate. La voix est puissante et assurée. Peut-être était-elle gardienne de prison là-bas avant la chute du Mur ? Il y a plus de muscle que de graisse dans ce personnage fellinien qui pousse ma chaise avec vigueur, conviction et détachement, comme si je ne représentais guère plus qu'un sac de ciment. A la réflexion, peut-être qu'elle travaillait dans un abattoir à Bratislava ou au clos d'équarissage  à Tirana ? En tout cas, je l'imagine mal interprétant un nocturne de Chopin du coté de Varsovie...

 

duel380Au sous-sol, elle me parque sans ménagements à proximité d'un engin supportant une sorte de cage à ridelles bricolée, estampillé au sceau des HUG et figurant à l'inventaire.  Qui aurait l'idée de voler un tel objet roulant ? L'artifact est doté de minuscules roulettes à bandages pleins. D'un geste brusque, elle libère une méchante tôle galvanisée solidaire du véhicule. La tôle pivote sur ses gonds et heurte le sol avec fracas et rebondit trois fois. Le réseau de tunnels des HUG en renvoie mille fois l'écho: c'est la rampe de chargement qui  vient de se déployer. Une aile de papillon qui s'ouvre dans la brise est tout de même plus poétique. Croisez bras sur votre poitrine et protégez mains ! Ma pilote imprime un brusque  mouvement pivotant à ma chaise roulante (interdiction absolue de m'en extraire) et tente de la pousser, à reculons, sur le plateau de la bétaillière. La chaise, entravée par quelque obstacle, se coince. Jurons sonores en patois exotique.. Deuxième essai. Des chocs métalliques se multiplient entre les ridelles du véhicule et les tubes de ma chaise roulante. Les coups de l'acier sur l'acier rappellent le son d'armes blanches qui s'entrechoquent dans la main de duellistes. Jurons répétés en langage inconnu. Ma pilote transpire et paraît fort contrariée.

- Je leur ai dit que  chaise pas bonne pour métro  ! Fallait me donner  chaise bleue moderne ! Celle du  vieux type dans couloir. Réservée au métro. Service Neurologie sait rien faire. Moi fâchée ! ! Toujours comme ça...

Peut-être pourrions nous renoncer ou nous faire apporter une chaise roulante idoine en renfort ?

- Non , non , non ! Ca va entrer. Chaise doit entrer  ! Pas le temps ! Autres malades après ! Moi pressée !

Le duel se poursuit, brutal et sonore entre l'objet récalcitrant et l'opiniâtre pilote. Je ressens toutes les répliques de chaque séisme  dans le bois sur lequel j'ai posé mon séant.

betaillere.jpgA la réflexion, ma pilote n'était pas gardienne de prison avant la chute du Mur mais probablement conductrice d'engins de chantier sur autoroutes. Ou cheffe d'un rouleau-compresseur, peut-être ? Pas le moment de la questionner. Sous ses poussées herculéennes, elle finit tant bien que mal à charger la chaise roulante et son pensionnaire de guingois sur le plateau à roulettes de la  bétaillère. Je me sens totalement ridicule dans ma chemise d'hosto fendue derrière, et privé du mince reliquat de dignité qui me reste, juché que je suis  à bord de cet engin grotesque à roulettes. Encore heureux que la vigoureuse pilote songe à bloquer les roulettes de la chaise roulante avant de démarrer en trombe. L'engin brinqueballant absorbe les hectomètres goulûment sous la poussée du petit tracteur électrique.  La force centrifuge me donne quelques émois dans les virages. S'agit de rattraper le temps perdu au chargement. J'espère que mon oeil gauche va résister à ce traitement de choc. Après tout, c'est la défaillance d'une artère de mon nerf optique qui me vaut cette excursion incongrue en bétaillère.

Parvenus au but, je propose de descendre de ma chaise roulante pour gagner la salle d'attente à quelques mètres de là.

- Non, non , non ! Vous ...rester dans chaise  ! Pas possible ! Docteur il a dit !  Interdit de vous lever !


Déchargement pénible de la chaise sur la rampe que la pilote a projetée de nouveau sans ménagement sur le sol avec un nouveau fracas capable de réveiller tous les patients des HUG .

Au retour, la pilote est plus calme. Elle a trouvé ce qui coince : une sorte de barreau mobile, sous la chaise roulante.

Une pièce folle sans fonction apparente. Il aurait suffit de le replier pour s'épargner le duel matrone-acier. La prochaine fois, j'en suis sûr, elle se munira d'une pince monseigneur à toutes fins utiles...

morrisfrontA la réflexion, je songe que les voyages à bord de ma Morris-Cowley 1929 étaient plus confortables, à Londres, dans les années 1960 qu'à bord de la bétaillère des HUG. Malgré ses roues voilées, ses freins à tringles mal réglés, son embrayage à disques de liège patinant, ses trous au pot d'échappement et sa suspension un peu dure. En plus, elle avait la capacité d'attendrir la maréchaussée qui ne lui collait jamais de contraventions, même quand je le parquais à cheval  sur le trottoir, au 149 Fleet Street, la rue des journaux: " What a beautiful horseless carriage..." Un peu plus, ils auraient versé une larme au spectacle de cette antiquité roulante, produit du génie britannique.

cassandre_dubonnet.jpgEt je me demande bien pourquoi les HUG persistent à utiliser ces tracteurs électriques à batteries, alimentées à 40 % par de l'énergie nucléaire,  alors que de vigoureuses pilotes recrutées derrière l'ex-Rideau de fer ou des traîne-patin africains qui errent, oisifs, dans nos rues, seraient tout à fait capables de pousser les chariots par leur seule force musculaire, éternellement renouvelable. Etonnant que les Verts n'y aient point encore songé. (jaw)

 

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Chapitre II: Six jours captif des neurologues

Chapitre I: Le Vrai Maudet est aux Urgences


19:12 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hug, höpital, métro, humour | |  Facebook

08/04/2011

Genève : Six jours captif des neurologues (II)

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Après notre rencontre fortuite avec le Vrai Maudet aux Urgences des Hôpitaux universitires de Genève (HUG), voici le récit de notre captivité, durant six jours, aux mains de neurologues qui ne vous lâchent jamais les baskets, qu'il vente ou qu'il neige. MOtif de ma captivité volontaire, librement consentie: perte totale de la vue de mon oeil gauche. Une fois dans le circuit, impossible de s'en dépêtrer...

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19:43 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hug, neurologie, avc | |  Facebook

06/04/2011

Le Vrai Maudet est aux urgences (I)

iStock_000012568349XSmall.jpgJeudi soir, 22 h. 30... Le titre est là. Le sujet, en fin de maturation, va jaillir de mon clavier: Le Michelin des parlements européens. Emergence de souvenirs glânés au fil d'une vie de journaliste, observateur ou chroniqueur à la Chambre des Communes, à la Chambre des Lords, au Grossrat de Zurich, aux Chambres fédérales, aux Parlements de Neuchâtel et de Genève. Autres lieux , autres moeurs et une incursion dans le blog du président du Grand Conseil de Genève par ci et un petit détour chez Hansard par là vont pimenter ce périple rapide des hauts-lieux où éclatent les magnificences de nos démocraties et parfois, les stridences des bretteurs allumés comme autant de fugace vésuves au Carnaval de Venise. Bon thème: il suffira de regarder jaillir les mots et les phrases sur l'écran en laissant ses doigts danser sur son clavier. L'écriture pompée au gisement inépuisable des souvenirs  foisonnants, chargé de tous les possibles actuels, va se coucher d'elle-même sur le papier virtuel.  A n'en pas douter, le texte en gestation est sur le point de naître, comme l'eau fraîche d'une source alpestre...

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02:23 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

04/04/2011

Délicieuses catastrophes

ruinecataLa Passion du Christ et sa Résurrection, si elles avaient pu être médiatisées en direct, auraient-elles fait grimper l'audimat il y a 2000 ans ? A n'a pas douter, le "fait divers" du Golgotha, à l'aune des media actuels, aurait été jugé tout juste bon pour un bouchon de bas de page dans la presse locale. En revanche, le spectacle du "soufre et du feu" s'abattant du ciel sur Sodome et Gomorrhe nous eût probablement valu une Mondiovision. Telles sont les valeurs à la Bourse actuelle des images tragiques. De la triple catastrophe au Japon - séisme + tsunami+ nucléaire en folie - seul le troisième élément est encore exploité pour tenir les foules en haleine. C'est que les "délicieuses catastrophes" obéissent à des règles simples: seules celles qui inspirent une peur rétrospective immédiate et celles qui présentent une menace imminente, ont valeur médiatique.

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21:38 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : catastrophes, media | |  Facebook

03/04/2011

Yves Debraine, lumière de la "camera obscura", n'est plus

Yves-Debraine.jpgSes photos ont fait la Une des magazines du monde entier, de Paris-Match à Life de L'Illustré à Oggi et Le Ore. Gentleman de l'objectif, Yves Debraine, d'origine française, était notre Cartier-Bresson. Doué d'un entregent sans pareil, il évoluait avec la même aisance au bord des circuits de F1 que dans les salons de Monte-Carlo.

-Tu as de plus en plus la tête d'un bagnard, lui avait dit un jour un de ses amis, le prince Rainier III de Monaco, faisant allusion à sa coiffure en brosse, signe de virilité et d'assurance dans les années 1950. Yves Debraine avait la boutade aussi rapide que le déclic. D'humeur enjouée et joviale constante, on ne s'ennuyait jamais en  compagnie de cet homme modeste et qui était pourtant l'un des princes de la profession.

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11:44 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : debraine, photo, décès, reportage | |  Facebook