14/06/2011

Femmes maudites II/II: Mon avorteuse bien-aimée...

iStock_000011169008XSmall.jpgLe 14 juin 2011, les femmes suisses célébreront donc – chacun l'aura compris – le cadeau que la majorité des hommes du pays leur a octroyé sous forme d'un droit de vote universel. Quarante ans après cet acte spontané de pure générosité, ce mouvement d'altruisme égalitaire sans précédent, oui, une telle  action de grâces s'imposait. Quel homme aurait-il l'impudence de s'étonner de cette tardive manifestation de reconnaissance ? Aujourd'hui, jetons un coup d'oeil dans le rétro sur l'époque qui a précédé l'IVG accessible à toutes les femmes, sans plus d'opprobre ni culpabilité.


Ce récit remonte avant l'ère de La Pilule, a fortiori de la Pilule du lendemain... Il témoigne d'une ère révolue où l'idée générale, propagée par les églises et les écoles publiques, laïques et même confessionnelles, voulait que le commerce avec les femmes s'accompagnât de deux périls majeurs: les maladies vénériennes et la survenance inopinée de bébés non désirés.

Malgré les efforts d'endoctrinement constants et zélés, il y eut pourtant d'innombrables pécheresses-pondeuses. Et autant de fécondeurs consternés...et souvent lâches et abandonneurs.  Les dévergondées, deshonorées, rejoignaient ainsi le gros troupeau honni et méprisable des "filles-mères".

Il me souvient des paroles cryptiques d'un pasteur vaudois qui, la mort dans l'âme, annonça à ses catéchumènes en 1957: deux de vos camarades, pour avoir péché, ne s'approcheront pas de la Table Sainte pour la communion dimanche prochain. La phrase m'est restée. Les prénoms des pécheresses sont oubliés. (A vrai dire, je m' étonnais de ces propos car on nous avait bien enseigné à "ne ne pas jeter la première pierre". Cette exclusion coram populo jurait avec le récit de la femme adultère et le "Va mais ne pèche plus ! " tracé sur le sol par le Christ... Jean VIII- 1-11) Pas question, à l'époque,  de contester la bonne parole du bon berger, sous peine de mauvais carnet.

A cette époque, il arrivait aussi souvent que l'on retrouvât de telles adolescentes pécheresses désespérées, pendues à une poutre d'une grange au fond de nos campagnes ou agonisantes dans des annexes de basse-cour, infectées par une aiguille à tricoter vectrice d'une septicémie.

iStock_000013325983XSmall.jpgMichel (15 ans), vigoureux ado précoce et desinhibé, avait pour mère une infirmière de premier secours: "Faut que j'aille acheter une sonde à la pharmacie tout à l'heure .. Tu m'accompagnes ?"

A quoi pouvait donc bien ressembler une telle sonde et à quel usage la destinait-on ? 

- "Ne le répète pas mais j'ai joué dans le foin avec notre fille au pair, Ursula. Elle est enceinte. Maman va y remédier..."

Pour les filles-mères, les téméraires "faiseuses d'anges" étaient - si l'on peut dire - une Providence.

Pourtant, le Code pénal punissait lesdites faiseuses d'anges de prison ferme. Il en allait de même , -théoriquement du moins - pour la mineure qui se faisait avorter. L'avortée était considérée comme complice du "crime". Surtout dans le Canton de Vaud. A Genève, la victime, conformément au génie local plus humaniste, n'était pas inquiétée mais plus sagement "éclairée sur les choses de la vie". Quant aux mineures qui souhaitaient garder leur bébé, elles étaient envoyées fissa le plus souvent dans des maisons de correction ou à Hindelbank (prison pour femmes), sous le régime de l'internement administratif. Cinquante ans plus tard, le Conseil fédéral s'est excusé auprès des victimes de cette politique barbare comme le pape a demandé pardon d'avoir honni et accablé les Juifs. "Indignez vous ! " cinquante ans plus tard, voilà une méthode de bons sentiments  qui ne mange pas de pain.

nonofaiseusesdanges.jpgOn recouvrait du même manteau d'opprobre toutes les "avortées", y compris les mères de 8 enfants et plus...
De surcroît, la femme devait "enfanter -et parfois avorter -  dans la douleur". C'était "marqué dans la Bible" donc à respecter au pied de la lettre.

Il était donc fréquent que des femmes mourussent non seulement en couches mais surtout à la suite d'avortements "artisanaux".

A Fribourg, le juge faisait comparaître tous les pères présomptifs et les disposait debout, en rangs d'oignons, dans son bureau. Il suffisait ensuite à  la femme enceinte des oeuvres de  l'un d'entre eux de désigner "le vrai père". Celui-ci devait assumer. C'était avant les analyses ADN.  Ce tirage au sort finissait automatiquement en mariage mais, au village, durant des décennies, les mégères murmuraient inlassablement la phrase assassine: " Tout le monde sait qu'elle a dû se marier !"

Certains médecins, plus humains et compréhensifs, agissaient par charité, au risque de perdre leur droit de pratique et de payer leur audace, eux aussi, d'une longue peine de prison. Les drogueries exploitées par des gérants compassionnels,  vendaient des boisseaux de plantes abortives et fermaient pudiquement les yeux sur l'usage illicite - pourtant évident - qui en serait fait...

Les "crimes" des avorteuses et faiseuses d'ange" emplissaient les colonnes des rubriques locales de nos journaux. Les victimes d'aiguilles à tricoter qui dérapent ou qui infectent, étaient nombreuses... La réprobation et l'opprobre frappaient de plein fouet ces moins que rien qui avaient bien dû pécher pour se retrouvrer soudain gravides en pleine période des moissons ! Autant de main d'oeuvre dont notre agriculture fut privée. Que de larmes versées et de drames endurés au nom d'une loi inique approuvée par le peuple (comme d'autres de la même espèce) ! Il est réconfortant de penser que les moeurs, au fil de leur errances et métamorphoses, non seulement précèdent les lois mais deviennent parfois lois à leur tour. Il suffit d'attendre que la Raison écarte les ténèbres de l'obscurantisme. Le processus est lent.

iStock_000001672208XSmall.jpgJusqu'au milieu des années 1960, la mentalité puritaine prévalait malgré la banalisation - fort controversée - des centres de "planning familial". Pour s'assurer de la réalité des grossesses, les pharmaciens demandaient des échantillons d'urine pour pratiquer "le test de la lapine", deux semaines après le jour de la fécondation. A vrai dire, je n'ai jamais bien su en quoi consistait ce test mais mon oncle Louis - qui en savait long sur la question - en parlait en termes laudatifs, comme d'un progrès scientifique majeur. Et j'ignore à ce jour s'il fallait sacrifier la lapine au terme de ce test. Et si l'on pouvait quand même consommer la chair de la rongeuse une fois son secret livré: bébé en route ou absence du "fruit des entrailles" de l' imprudente amante...

Le décor posé, dans ce climat de moralité contrainte étouffante, il existait pourtant une bienvenue et providentielle "Genferei".

Le hasard a voulu que je m'arrête un jour de 1968 devant une vitrine d'un libraire du quartier des banques à Genève. Parmi les ouvrages exposés, l'un d'eux attire mon attention: "Mes 9000 IVG". L'acronyme euphémique était encore peu connu car on lui préférait le terme plus simple, plus cru, et chargé de réprobation: avortement. L'opus est de la plume d'une doctoresse FMH du crû..  Aussitôt, j'achète l'ouvrage, le lis d'un trait et consulte l'annuaire téléphonique de Genève. Ca y est : par bonheur, l'avorteuse y figure ! Je n'en ai point besoin - en ce moment - pour les séquelles de mes oeuvres mais bien pour en tirer une interview.

C'est ce que les couples aux prises avec une grossesse non désirée appellent pudiquement: "une bonne adresse". L'ouvrage ? Un récit hallucinant, hérétique pour une époque où l'emprise de la "bonne moralité" et surtout de l'Eglise catholique romaine enserre encore les consciences dans l'étau de dogmes incontestables. En Valais, les paysans sont encore contraints de solliciter une permission dérogatoire du curé du village pour faire les foins le dimanche, quand l'orage menace. C'est tout juste si l'on ne baptise pas les foetus au son du Requiem de Verdi ... ou de Mozart à chaque fausse couche spontanée ou provoquée.

A cette époque, je loue mes services à un grand quotidien genevois de la Rive Gauche . Très répandu, ce journal tire à 68'000 exemplaires. Il reflète les moeurs conservatrices du Zeitgeist. Parmi mes activités, je mets en page les longs textes de Gonzague de Reynold. Une page entière en format géant tous les 15 jours. Du sérieux !  Les typographes savent encore déchiffrer les manuscrits écrits à la plume réservoir ou au stylo à bille. 

penfeather.jpgMon mentor, m'a-t-on prévenu, fut l'ancien Secrétaire général du honni Je Suis Partout, journal de la collaboration. Un homme très cultivé et fort élégant dont j'ai de la peine à croire et à comprendre le passé honteux. J'ai 26 ans et j'ai déjà visité les ruines d'Oradour-sur-Glâne. Inoubliable. En outre, comme Vaudois,  je découvre Genève. Rien de tel que d'écrire des articles dans la rubrique locale pour me familiariser avec les moeurs du lieu. J'apprends - parmi les railleries qui fusent - qu'il n'est pas nécessaire de commander un taxi (non remboursé d'ailleurs) pour se rendre de la Rédaction à Carouge et qu'on peut gagner aisément cet endroit exotique en tramway. Cinq années passées à Londres m'avaient habitué à une autre échelle. Des confrères doutent même que je sois vraiment de nationalité suisse. J'exhibe fièrement mon passeport à croix blanche pour leur prouver cette qualité qui n'est pas une des moindres, vous l'avouerez...

linotypes.jpgLe dimanche, dans un minuscule bureau assez glauque, je conçois aussi graphiquement et je titre la Une de l'édition nationale du lundi,  destinée aux lecteurs de la Suisse entière. Ivresse et plaisir jubilatoire face à une immense page blanche: la maquette. La semaine, j'oeuvre à la Une, comme apprenti, derrière un vieux briscard. La mode est aux pages identifiées par un caractère d'imprimerie: Bodoni, Garamont, Helvetica, etc. Chaque page a son identité propre. Elles sont toutes différentes et reconnaissables au premier coup d'oeil. Les titres et les textes "agités" exalent un sentiment d'urgence propre à éveiller la curiosité et à stimuler les ardeurs et le regard du lecteur.  On est loin des mornes plaines actuelles issues du génie symétrique des graphistes. Ces jardiniers de la typographie ont transformé nos quotidiens en hebdomadaires léchés, semblables à des prospectus pour produits de luxe.  De mornes jardins à la française où tout est organisé, maîtrisé, sans vie, sans saveur et sans odeur. Parfois, j'essuye un blâme:

- Vous avez encore dépensé pour CHF 800.- de clichés zinc "Amor" en Une ! C'est du gaspillage...

Nous travaillons encore avec les métaux en fusion, le zinc et l'acide pour les clichés et les gros caractères en bois destinés aux affiches. Les meilleurs typographes parviennent à composer au maximum cent lignes de texte justifié à l'heure. N'importe quel ordinateur s'acquitte aujourd'hui en un centième de seconde d'une mise en colonne de la Bible entière...

Le premier souci, pour créer la Une, c'est avant tout de consulter l'hygromètre: selon le résultat, le papier peut s'étirer ou se contracter de 3% à 8 %. Les annonceurs qui paient leur espace au millimètre/colonne ne souffrent aucune perte de leur investissement. J'apprends ainsi que, par temps de bise, l'air est sec à Genève. Et les esprits souvent asséchés, eux aussi.

iStock_000000928469XSmall.jpgLes 9000 avortements de la gynécologue genevoise ne seraient-ils pas un bon sujet inédit, capable de pousser le tirage ? Bien sûr que oui mais pas si simple de publier un texte sur un thème aussi sulfureux dans l'océan de la bien-pensance ! Il me faut donc biaiser... Les mines renfrognées des confrères à l'ouïe de mon projet m'indiquent que j'ai intérêt à consulter en haut lieu. Comme dans toute entreprise helvétique qui se respecte, il y a toujours un capitaine, un major ou même un colonel de notre armée de milice aux manettes. Ici, c'est un colonel, assez bon enfant à vrai dire... et peu interventionniste.

Malgré le peu d'enthousiasme et les doutes que suscite mon projet, je décide d'aller interroger l'auteur de "Mes 9000 IVG". On se presse dans sa salle d'attente. De la patientèle très jeune venue des quatre coins de la France défile en rangs serrés  sur ce boulevard des anges. Le succès de cette industrie est tel que le Conseil d'Etat, soucieux d'empêcher que cette pratique ne tourne en juteux business,  a décidé que le prix de telles interventions ne pourrait dépasser CHF 300.- (monnaie d'époque). Pour bénéficier de l'intervention, il faut remplir des conditions très strictes et obtenir l'aval préalable de deux médecins agréés. Autant dire que les candidates à l'IVG ont intérêt à rôder le récit de leur conception accidentelle. On ne se libère pas (encore) de son foetus par simple caprice ou convenance personnelle. La société veut avoir son mot à dire et réprime toute IVG non officiellement agréée. Les candidates à l'avortement sont donc contraintes de mentir, au terme d'un humiliant parcours de la combattante,  pour obtenir les deux sceaux médicaux officiels légalisant leur avortement. Leurs noms sont consignés dans un registre officiel, à des fins statistiques.

La gynéco compassionnelle est du style franche et directe: elle agit par altruisme, humanité, charité, explique-t-elle.  En toute légalité. Toutes les IVG qu'elle pratique à la chaîne bénéficient d'une approbation préalable d'un psychiatre (!) et d'un généraliste. Sans ce trio jouant à l'unisson: pas de curetage ! Des mineures de 15 ans la consultent, accompagnées de leurs parents. Des "meilleures mères de France", épuisées par leur 11 grossesses précédentes et titulaires d'une vraie médaille de la République à ce titre, viennent la supplier qu'on les libère de leur douzième enfant, déjà conçu.

pregnantsmokdrink.jpgDickens et Zola eux-mêmes ne se seraient pas doutés d'une telle misère morale. Je ressors bouleversé de cet entretien. Les récits pathétiques que je viens d'entendre dépassent l'entendement: des gamines chassées à jamais de la ferme familiale pour cause de péché de chair. Des mères de familles nombreuses qui ont investi toutes leurs économies pour le "voyage à Genève" et l'intervention libératrice. De jeunes femmes  violées qui ne trouvent aucune oreille secourable sur tout le territoire de la République française. De grandes bourgoises genevoises enceintes d'amants d'un soir. De frivoles épouses de diplomates exotiques qui, sans IVG, seront répudiées sans appel. Et des kyrielles de collégiennes et de  "filles au pair" alémaniques approchées de trop près par les fils de bonne famille... La machine tourne à plein régime dans la Rome protestante. On y accourt en rangs serrés de cantons conservateurs et de l'étranger où une telle offre n'existe pas.

En toute honnêté, je mets en garde la gynécologue sur le fait que mon article ne soulève pas l'enthousiasme de la Rédaction et qu'il ne paraîtra peut-être jamais, compte tenu des tabous et de la ligne rédactionnelle ultra-conservatrice du quotidien qui m'emploie. Elle en prend note et en accepte l'augure.

A toutes fins utiles, j'envoie mon texte à composer à l'atelier. Les linotypes transforment ma prose en solides lignes de plomb. Les linotypes émettent de joyeux cliquetis, comme si elle prenaient plaisir à pondre un article aussi "dissident".  Elles dormiront quelques semaines dans leurs galées, au fond de l'atelier.

En 1968, nous travaillons encore au plomb, sur le "marbre". En fait, c'est un alliage de plomb, d'antimoine et d'étain qui bouillonne dans les creusets des linotpyes. Nul n'aurait pourtant l'impudence de se plaindre de saturnisme malgré le fumet écoeurant qui, dès l'aube envahit tout l'immeuble. Des creusets probablement isolés par d'épaisses couches d'amiante pure en prime ! Des milliers de travailleurs d'imprimerie ont oeuvré sans se plaindre durant des siècles dans une telle atmosphère depuis la Bible de Gutenberg.

bulbonfinger.jpgPendant ce temps, mon projet décante dans ma tête. Doutes.. Valse-hésitation... "Penser" n'est-il pas un doublet de "peser" ? Aucune interdiction formelle n'a pourtant été exprimée en haut lieu mais "ce sujet demande réflexion avant publication" paraît-il ... Soumis à une assemblée rédactionnelle, un tel thème aussi "chaud" n'a aucune chance d'être approuvé: trop controversé, trop "immoral", trop de risques de désabonnements... Mieux vaut donc pratiquer la démocratie en solo... Les masses, les directeurs de conscience, les juristes, les éthiciens penchent toujours du côté de la prudence quand on a ...l'imprudence de les consulter,  c'est-à-dire du : Niet ! L'innovation, au contraire, exige courage, audace et parfois même: témérité. Ces qualités, la foule en est dépourvue par essence qui, figée dans ses certitudes comme de la volaille en gelée, se vautre avec volupté dans les seuls dogmes paralysants du jour.

A toutes fins utiles, je prépare mon plaidoyer pro domo dans la perspective d'un blâme, fort probable et prévisible: le livre - en  vente libre - de la gynéco genevoise ne légitime-t-il pas à lui seul une recension dans un quotidien local ? Et pourquoi pas une interview complémentaire de l'avorteuse ? Au premier détracteur de mon futur article, j'adresserai, s'il le faut,  quel que soit son rang hiérachique, le reproche d'émettre des  jugements de valeur sans avoir lu une seule  ligne de l'ouvrage en question, en en plaçant un exemplaire - au besoin de force -  dans la main ! Enfin, je brandirai un récent article éloquent du New Statesman qui vient de publier le récit optimistes et encourageant d'une Anglaise venue se faire avorter à Genève. Son reportage est titré: "Mon avortement à Genève: pas plus douloureux que de se faire arracher une dent ! " Elle y décrit en termes chaleureux le soulagement et la joie qu'elle a éprouvés après son IVG.

Le colonel en vacances, me voici encore souverain aux commandes de la Une, tapotant nerveusement mon bureau avec mon typomètre, perplexe... Vais-je vraiment oser passer à l'acte ?


typomètre.png


- Veuillez me sortir les galées "gynéco" de la réserve. Et je descends dans dix minutes faire chauffer la Ludlow, la machine à composer les titres...

ludlowdeux.jpg


"Papillon" - c'est son surnom - est le prote de l'atelier. Un vieux militant communiste, prince de la typographie et digne représentant de Gutenberg. Un fort en gueule qui menace de mettre son atelier en grève chaque fois qu'un article lui déplaît trop ! Le mien, en l'occurrence, à même l'air de le réjouir. Il est vrai qu'à  Moscou, outre le Goulag, on pratique l'avortement libre, payé par l'Etat et qu' "il n'y a pas de chômage". C'est lui qui, tout à l'heure, va composer le titre de l'affiche sur "L'avorteuse genevoise aux 9000 IVG". En se servant de gigantesques caractères ...en bois !

Vers 20 h. 30, j'entends la rotative s'ébranler. Pourvu qu'elle ne tombe pas encore en panne...Puis le vrombissement des camions qui emportent quelques 12 tonnes de papier s'estompe dans la nuit...


Il paraît que les ventes de ce numéro ont bien marché. Le
bouillon fut minime ce jour-là.

Le colonel n'a pas bronché à son retour de vacances. Il n'y eut aucun désabonnement mais une kyrielle de lettres de lecteurs. Laudatives ou outrées.


Quarante ans plus tard, quelques femmes de Genève, probablement émues par les récits des "anciennes", ont enfin reconnu les mérites de la  maudite "avorteuse":

 

gabrielleperretgentil.jpg



Drsse Gabrielle Perret-Gentil a désormais son nom de rue à Genève, près des Hôpitaux universitaires (HUG).

Voilà qui est tardif mais pourtant bien mérité.


nazipaarkirche.gifCependant,  l'obscurantisme menace à nouveau: il est désormais interdit de fumer dans tous les cafés restaurants de Genève. Par la volonté du peuple, au nom de la protection de la santé publique. L'homme est né libre, et partout il est dans les fers (J.J. Rousseau) En application d'une loi promulguée à coups de mensonges grossiers dont "les morts virtuels épargnés".  Et d'une prétendue "fumée passive létale" enpruntée littéralement à la propagande du IIIe Reich ! Le même argument que l'on nous servait pour maintenir la Prohibition des avortements, des crimes "mauvais pour la santé des mères" et incitant à la licence et à la luxure.  Puis on eut droit à la persécution des malades du SIDA. Voici la persécution des obèses qui s'annonce. Et celle  des consommateurs  de viande et des buveurs de boissons alcooliques pointe à l'horizon. Certes, les avortées et les homosexuels ne sont plus considérés respectivement comme des criminelles et des malades mentaux selon le DSM IV.

Pourtant, la Bête immonde du "politiquement et hygiéniquement correct" est tapie, prête à frapper, à chaque coin de rue.
Le DSM V est en préparation, paraît-il. On y pratiquerait à nouveau le "disease mongering": en recyclant ou en renommant d’anciennes maladies, ou mieux encore en inventant des maladies douteuses à racines grecques, appelées vaguement « troubles » pour la plupart, ils font tourner l'industrie médicale et pharmaceutique. L'édition du DMS de 1952, en usage dans le monde entier, s'était illustré , en consacrant la nature pathologique de l'homosexualité. Sans que nul n'y trouvât motif à critique.

Ne faudrait-il pas installer une éolienne sur chaque toit de nos immeubles pour rafraîchir les neurones surchauffés de nos incurables néo-prohibitionnistes ?


Dans leur élan égalitariste, pourquoi les "féministes" n'exigeraient-elles pas que les hommes puissent, eux aussi, porter des bébés en leur sein ? La technologie le permetra grâce à
l'utérus artificiel, instrument idéal d'une égalité parfaite ? Ou faut-il d'ores et déjà promulguer une loi pour en interdire la pratique ?

Encore un effort, camarades !

(jaw)

La loi suisse sur l'IVG remonte à ...2002 !

Désormais, la loi en vigueur en Suisse est la suivante: "La Suisse a été parmi les premiers pays à autoriser l'interruption de grossesse si la vie ou la santé de la mère était en danger, en 1942. Après avoir interprété le terme de « santé » strictement au sens de santé physique, la jurisprudence élargit son interprétation à la santé psychique au cours des années 1970 et la pratique s'est peu à peu libéralisée. En 2002, le peuple a accepté en votation populaire (par 72 % de oui) une nouvelle législation dite « régime du délai » qui permet l'interruption volontaire de la grossesse dans les 12 premières semaines d’aménorrhée sur demande de la femme enceinte, et pour des motifs psycho-médicaux après 12 semaines. Dans ce dernier cas, l'indication doit être certifiée par un médecin qui peut être le même que celui effectuant l'intervention . (wikipedia)
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Le Courrier: LE TEMPS DES FAISEUSES D'ANGES EST RÉVOLU


Le Courrier: Une femme médecin qui n'a pas eu peur de se mouiller




Femmes maudites I/II: Beate Uhse, gérante du premier sex shop européen



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00:05 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : avortement, ivg | |  Facebook

Commentaires

Utile rappel.

Écrit par : hommelibre | 14/06/2011

Excellent rapport sur la situation telle qu'elle était dans les années 60... Merci à l'auteur - et merci aux médecins tels que Gabrielle Perret-Gentil qui avaient déjà, à l'époque, le courage d'aider les femmes.

Écrit par : Anne-Marie Rey | 10/01/2014

Plutôt tiré par les cheveux, le parallèle "fumée passive - avortement". Il y a eu une baisse spectaculaire d'accidents cardiaques ou vasculo-cérébral depuis ces mesures.
"Tiré par les cheveux" est trop gentil : il s'agit d'un contre-sens vu dans le sens d'une lutte contre l'obscurantisme...

Écrit par : Géo | 20/01/2014

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