31/10/2011

Bonus-malus civique

carotteetbaton.jpgRéfléchir avant d'élire.

Ensuite: élire.


Enfin: réfléchir sur ce mode de délégation d'autorité.


Premier constat: les 246 élus des Chambre fédérales ainsi renouvelées "par la volonté du peuple" n'ont qu'une légitimité fort relative. Ils ne représentent nullement la majorité.


En effet, seuls 49,1 % des citoyens et des citoyennes suisses ayant le droit de vote ont participé aux élections du Conseil national du 23 octobre 2011.


C'est donc moins de la moitié du seul corps électoral.


Affligeant, oui. Incurable: non.


carotteetbaton.jpgNos 246 élus ou réélus à Berne non seulement représentent moins de la moitié du corps électoral mais règlementent la vie de tous ceux qui vivent en Suisse mais qui n'ont pas le droit de vote, par exemple celle des étrangers résidant dans notre pays soit 22 %. de la population. Qui osera encore dire sottement que "la Suisse doit s'ouvrir" au monde ?

Il existe pourtant un remède efficace contre l'abstentionnisme. Généraliser la "punition" par  l' amende, comme dans certains de nos cantons alémaniques, à tous les abstentionnistes ?

Absurde et injuste ! L’abstentionniste délibéré, celui qui rejette activement le système parce qu'il ne lui convient pas sur le plan philosophique, moral ou plus simplement arithmétique, aurait toutes les raisons de "s'indigner"  - puisque le mot est à la mode - que l'exercice de sa liberté fondamentale soit ainsi bafouée. Sa position a sa propre logique et mérite d'être respectée...et même protégée.

Il est va autrement du "Marais" des abstentionnistes qui fut majoritaire le 23 octobre 2011 aux élections fédérales, celui des paresseux, des ignares, des incultes, des "antisociaux". Ceux-là méritent qu'on les provoque et qu'on les motive à participer aux scrutins, même s'il faut admettre que dans cet exercice d'expression de la volonté populaire, la voix du hooligan de foot vaut celle d'un philosophe patenté. Contre cette pathologie: aucun remède.

La vraie panacée contre le fléau de l'abstentionnisme : introduire un bonus-malus civique.

Qui participe régulièrement aux scrutins est primé (même modestement) en fin d'année. Oui:  une carotte en guise de prime. Quelques dizaines de francs rétrocédés par l'Etat suffiraient.

Qui s'abstient ou oublie de voter ou d'élire ne reçoit rien.

Dans nos grandes entreprises, même les syndicats sont parvenus à légaliser la perception d'une modeste  "contribution de solidarité aux frais d'exécution des conventions collectives" auprès des non-syndiqués au motif que ces derniers bénéficient, eux aussi, des efforts des militants syndiqués qui obtiennent des avantages moraux et matériels applicables à tous.

Il en va de même en politique: une infime proportion de citoyens s'engage dans les partis. Une partie encore plus congrue milite activement. Et une poignée d'entre eux seulement ose briguer une charge élective. Les élites, engoncées dans leur confort, se gardent bien, en général, de négliger leur Etude, leur poste de prof à l'UNI, leur cabinet médical, leur fonction de PDG, pour se risquer sur le terrain aléatoire  des listes électorales et se hasarder sur le champ truffé de mines de la vie publique... Or ce sont les meilleurs qui devraient diriger le pays. Il nous semble que c'est loin d'être le cas.

Aux yeux de Duraton, "faire de la politique" en Suisse équivaut à souffrir d'une maladie honteuse. Cela ne l'empêche pas d'applaudir aux "révolutions arabes" annonciatrices de printemps nouveaux et parfois, de l'avènement d'un nouveau tyran.

Troisième catégorie: celle des citoyens qui renoncent spontanément à participer aux scrutins et à se présenter sur des listes électorales (droit de vote et d'éligibilité): il  en ferait la déclaration à l'Administration..s'il le désire. "L'objecteur civique"  ne recevrait plus le matériel de vote, ce qui représenterait une économie pour l'Etat. Et une économie de papier pour les "réchauffistes" et autres écolo-normopathes.

Celui qui s'exclurait ainsi de la vie civique,  pourrait néanmoins regagner son statut de citoyen actif, à sa guise, en en faisant la demande expresse.

Le bonus-malus existe déjà en matière d'assurance-automobiles. Il existe aussi, sous une forme atténuée et oblique dans l'assurance-maladie (rabais pour l'assuré à un cabinet médical groupé et régime du "managed care").

La carotte et le bâton  au cœur de la vie civique ? Une bonne manière de créer deux camps - sans imposer d'étoile de couleur ou d'un autre signe distinctif .

La Suisse aurait désormais ainsi de vrais citoyens représentatifs de l'ensemble. Et non plus une majorité de non-citoyens à part entière: les civico-sceptiques et simples paresseux ou ignares.

Certains se vanteraient de leur statut d'auto-exclus. D'autres en éprouveraient probablement quelque gêne ou culpabilité.

On entend d'ici le chœur antique des "indignés": comment ? Vous voulez créer des citoyens de seconde zone ? Oui, parfaitement !

En fait, il ne s'agit nullement  d'inventer un nouveau statut de citoyen à deux vitesses. Parce que ce statut existe déjà. C'est celui de l'abstentionniste, majoritaire aux dernières élections fédérales.

Un tel modèle de bonus-malus aurait pour effet de valoriser l'exercice des droits civiques et d'inciter les abstentionnistes chroniques à se remettre en question et de donner une vraie légitimité à nos élus.

La populace avide de joutes sportives et autres combats ludiques y trouverait son compte.

Notre vie politique n'aurait qu'à gagner en émulation entre "citoyens primés" et "non primés".

L'enjeu des votations et des élections est autrement plus déterminant sur la vie des citoyens que le résultat du dernier match de Xamax contre ...Chagaev:-)

 

 

urnegenevoise.jpg

 

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Commentaires

Avec un peu voire beaucoup de retard! j'aurais voulu avoir une précision sur votre article, le blog est il toujours d'actualité ? Merci de répondre à mon commentaire!

Écrit par : assurances motos | 15/02/2014

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