11/03/2012

Votre tunnel sous la Rade est à portée de plume...

ecusson_geneve.jpgangerhorizontl.jpgIl faut être vraiment un esprit chagrin ou un obsédé de la « décroissance » pour oser se plaindre du succès de Genève : minuscule territoire « au fond à gauche » d'un minuscule pays confédéral, notre République et Canton rayonne dans le monde entier comme une pépite d'or incrustée dans  une roche noire.

Sur  place, les enfants gâtés maugréent et geignent pour des vétilles.


Aux huit milliards de francs de son budget cantonal s'ajoute celui de la Ville  dont le territoire ne dépasse pas 16 kilomètres carrés: plus d'un milliard de francs.


Qui dit mieux ?


Qui aurait l'impudence de s'en plaindre ?


Une telle prospérité croissante, en pleine « crise mondiale » ne va pas de soi. Gaudeamus !


traffic_jam.jpgIl est vrai que si Genève est superbement dotée en équipements collectifs, cliniques, hôpitaux,, parcs publics, filets sociaux publics et privés sans pareils, temples culturels et sportifs, Université, hautes écoles et institutions internationales et l'on en passe, il a deux talons d'Achille au moins : la circulation automobile et le logement.

De grands projets en ces secteurs critiques, Genève est assoiffée.

Le mirifique CEVA, réplique provinciale d'un RER à la mode helvétique, n'éradiquera  d'aucune manière, à lui seul, le fléau chronique de la circulation routière pléthorique en zone urbaine et son cortège d'inconvénients.

C'est ainsi que le projet d'une traversée routière de la Rade a enfin été relancé avec bonheur. Il s'impose plus que jamais.

tunnelier2010a400pix.jpgAu milieu des années 1990, le peuple de Genève avait déjà pu choisir, au scrutin populaire, entre un pont et un tunnel. Rien de tel qu'un choix binaire pour attiser les passions ...et diviser le corps électoral. Le projet avait donc échoué.

Cette fois-ci, seul un tunnel est proposé. Une occasion unique est ainsi offerte aux citoyennes et aux citoyens d'acquérir un ouvrage d'art capable de soulager considérablement le fléau chronique des embouteillages urbains et de leurs nuisances.

Les 80 ratiocineurs de la « Constituante » en sont encore à ergoter et à hacher les iotas en quatre sur des questions aussi dérisoires que l'octroi d'un droit de vote aux étrangers (sans réciprocité pour nos Suisses de l'étranger!) , les « chiens dangereux » et ... « le droit de résister à l’oppression » (sic).

ecusson_geneve.jpgOn est rassuré, en revanche, en lisant le projet des armoiries de Genève:

1 Les armoiries de la République et canton de Genève représentent la réunion de l’aigle noire à tête couronnée sur fond jaune et la clé d’or sur fond rouge. Le cimier représente un soleil apparaissant sur le bord supérieur et portant le trigramme IHS en lettres grecques.
2 La devise est « Post tenebras lux »
.

Et tant pis, cela dit en passant, pour les daltoniens et les ignoranti de la langue latine. Vite une session ad hoc pour lever cette discrimination intolérable à l'encontre de deux minorités opprimées !

pilefile.jpgLeur singulier projet – un habit d'Arlequin – paraît condamné d'avance. Trop idéologique, rapiécé, hétéroclite, verbeux, prolixe et sans doute inutile puisque tout fonctionne parfaitement sans cet opus. Et s'il ne s'agissait en somme que d'un pur fantasme de juristes désœuvrés qui rêvent, en visionnaires bienfaiteurs,  d'entrer dans l'Histoire ? Un pur labour of love ?

Il est vrai que notre Constitution fédérale elle-même incluait des principes aussi décisifs et incongrus que « la sucrerie d'Aarberg » ou la « distillation d'alcool de pommes de terre ». N'y manque plus que « la zinguerie de Zoug », fort réputée...

La Constitution de Genève, elle,  interdit la fumée dans les estaminets ! Au nom,  d'un prétendu  danger allégué d'une « fumée passive mortelle » selon un slogan purificateur  matraqué depuis l'Inquisition espagnole et repris avec succès par le III e Reich. Hi ! Hi !

Sur cette lancée, on en vient à regretter qu'aucun article ne protège spécifiquement la perennité de la recette de la "longeole" et les droits des citoyens à en consommer  à toute heure, sans restrictions.

Pourquoi ne pas inclure dans la Constitution genevoise « liftée », en revanche,  une plus sérieuse « traversée de la Rade » réelle et tangible, elle  ?  C'est bien là ce que les « Constituants » voulaient. Des esprits lucides, craignant probablement que le nouveau projet de Constitution soit refusé sèchement par le peuple au scrutin populaire d'octobre 2012, ont préféré accélérer le mouvement et faire cavalier seul. Que voici enfin du réel, concret, utile  !

startingblock.jpgCeux des constituants favorables à l'ajout d'un article « pour une traversée de la Rade »,  se sont donc sentis pris de vitesse et dépossédés de leur joujou. Plus question pour les Verts-Nuisants d'exiger des pistes cyclables sous-lacustres éclairées aux ampoules LED. Ni pour les roses d'exiger des garderies flottantes pour bébés-nageurs.

C'est donc l'UDC qui se lance seule dans la chasse aux signatures. Pendant que les autres partis peaufinent laborieusement leur opus révisionniste global voué à l'échec !

Le nid de grincheux-frustrés trouve maintenant la mariée trop belle au motif qu'il s'agit désormais d'une initiative populaire  d'un seul parti. Un parti adverse, de surcroît !

Faut-il admettre que des questions de préséance, de prestige et d'orgueil partisan sabotent l'occasion unique offerte aux Genevois(e)s de se doter d'une traversée de la Rade ?

La valeur d'un projet ne devrait-elle pas primer son origine ?

C'est bien là ce que j'ai tenté d'expliquer avant-hier à ma voisine du cinquième (celle au chien jaune et aux deux chats) qui se plaignait comme une vierge effarouchée d'avoir trouvé l'initiative UDC « pour un tunnel sous la Rade) dans sa boîte aux lettres :

- Madame, dans ce cas, vous aurez l'honnêteté de ne jamais emprunter ce tunnel quand il sera foré !

Moralité : les bonnes idées - surtout qu'elles sont plutôt rares - méritent d'être soutenues, d'où qu'elles viennent.

En  ce moment, par ailleurs, on s'agite à Thonex par voie d'une pétition PLR : « Faisons sauter les bouchons !  »

En ville de Genève, le MCG a lancé un référendum contre un crédit municipal de CHF 5'000'000.- pour "piétonniser" à l'essai 50 rues.

Au niveau fédéral, le PLR cherche encore les 20'000 signatures qui lui manquent pour son initiative "contre la bureaucratie"

Pour les citoyens genevois: télécharger, imprimer et signer l'initiative "contre la bureaucratie"

lematin.png

 

 

ineichen.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Le Matin-Dimanche du 11 mars 2012)

eureka.jpg

 

 

 

 

A moins de trouver plaisir à se repaître goulûment de rixes avec un barman, de duels au verre d'eau et de pouilleries de cette espèce, la vie civique exige que chacun soutienne le Bien public, tel qu'il le conçoit, qu'elles que soient la provenance et la couleur des instruments garantissant l'exercice des droits démocratiques, intégralement euro-incompatibles. C'est du moins la seule attitude que dicte la raison. Il arrive en effet que l'adversaire politique ait parfois , lui aussi, de bonnes idées.

En refusant de signer les  pétitions, referenda et initiatives populaires avec une moue dégoutée,  au seul motif que les propositions proviennent de telle ou telle source, cela revient à priver le peuple d'autant d'occasions de se prononcer, en arbitre suprême et source de légitimité.

Les droits populaires sont aussi indispensables à la vie démocratique que le sel dans le soupe.

Le moment est venu que le corps électoral de Genève dise si, oui ou non, il veut résoudre le fléau de l'hyper-circulation motorisée sur son territoire par le forage d'un tunnel sous la Rade. L'autoroute de contournement avait, elle aussi, été combattue par des grincheux. Elle nous est devenue indispensable. Comme le sera le tunnel sous la Rade, une fois foré. (jaw)

 

pubtunnelorigscanned.jpg

 

03:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rade, traversée, tunnel, initiative, udc | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.