10/04/2012

Capsule électorale (IV): un test obligatoire pour tous les candidats ?

capsules.jpgCapsule: Alvéole cylindrique en cuivre contenant l'amorce et servant à communiquer le feu à la charge d'une cartouche.

 

 

Il est deux activités pour l'exercice desquelles la société n'exige aucun certificat, diplôme, examen, vérification préalable ou "principe de précaution":

- La procréation

- L'accès aux fonctions électives

babies.jpgDans la première catégorie, tout être capable d'engendrer - dans le mariage ou à la sauvette, un soir d'égarement - peut produire autant de descendance qu'il le désire avec tous les partenaires successifs de son choix. Sans permis, sans limites et sans frein. Que le couple géniteur soit frappé d'un lourd handicap mental ou physique héréditaire diagnostiqué, qu'il soit victime du chômage de longue durée, toxico, ruiné ou endetté jusqu'au cou, cacochyme, échappé d'une prison ou d'un asile de fous, sans papiers, incapable de pourvoir à ses propres besoins donc à ceux de ses enfants,  peu importe: le "droit au bébé" n'est contesté par aucune société (hormis la Chine). Bienvenue au sperme et aux ovocytes pourris ! Et pas de diagnostic pré-implantatoire svp ...

boasting.jpgIl en va de même de la liberté de briguer une charge élective dans nos démocraties. Aucun diplôme, aucun examen préalable n'est exigé. L'analphabète et l'illettré, le caractériel et le fou sont les bienvenus dans nos hémicycles.  D'où la pléthore de "Ces malades qui nous gouvernent" pour reprendre le titre d'un best-seller.

A l'inverse, la Suisse exige un permis pour piloter un vélomoteur ou promener un chien. Et gare au citoyen qui maintient dans une cruelle captivité un poisson rouge solitaire dans un bocal. Ce tortionnaire s'expose à des sanctions si son méfait est découvert: le poisson rouge suisse doit désormais vivre en couple. Il en va de même pour le voyageur récalcitrant qui se hasarderait à fumer une cigarette dans les lieux d'aisance d'un wagon CFF.

N'y aurait-il pas là, étrangement, comme deux poids, deux mesures ?

 

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Laissons aux philosophes et aux éthiciens le soin de régler la question de la procréation irresponsable pour nous occuper de la qualité du "personnel politique".

En ce moment même, à Genève, le peuple se voit offrir un choix à trois "cartes forcées": un roi, une reine et un valet. (d'atout?)...


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La donne est bien limitée: qui du roi Maudet, de la reine Torracinta et du valet (réputé "plus fort que le roi" ) Stauffer emportera la mise ?

Ah oui, n'oublions pas les autres cartes numérotées, de moindre valeur, dans cette nouvelle formule revue et corrigée de Jass simplifié.

C'est dans ce maigre bouquet disparate, mal assorti, que le peuple est appelé à tirer la plus belle fleur. Une carte forcée !


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En effet, on ne saurait parler de véritable choix si l'on considère que chaque Parti politique ne présente qu'un(e) seul(e) candidat(e) pour pourvoir le siège unique vacant au Conseil d'Etat (gouvernement).

Or les Partis politiques sont-ils vraiment représentatifs de la population à laquelle s'appliqueront les décisions ?

urneavoter.jpgPrenons le cas d'école du Parti X. Fort de ses 900 adhérents-cotisants, il ne mobilise que 280 militant(e)s à son assemblée générale chargée d'accoucher d'un(e) candidat(e) à la charge élective Z. dans un Exécutif.

Ce parti X respecte sa règle de la parité hommes-femmes.

Dans cette assemblée n'agit qu'un noyau de dix orateur(trice) s influent(e)s.

Quatre orateurs et quatre oratrices montent successivement à la tribune pour vanter les mérites de son candidat et de sa candidate.

On passe à l'élection interne, au besoin au scrutin secret si l'on désire peaufiner cette farce en l'enduisant d'une fine couche de vernis démocratique.

Les lois promulguées et applicables à l'ensemble de la population genevoise (466'918 habitants  à fin 2011) ne sont donc décidées que par une une infime coterie, celle qui influence l'assemblée générale d'un parti, réunie un beau soir par hasard et nécessité, lui-même ne représentant qu'une infime partie des "administrés" dont plus de la moitié n'ont pas le droit de vote ni d'éligibilité.

crowdbulb.jpgIl est arrivé ainsi dans l'histoire locale que ce singulier "modus operandi" fasse émerger et triompher au scrutin populaire deux candidats au Conseil d'Etat à partir d'une assemblée fréquentée par moins de 300 militants ! Le peuple n'a plus qu'à tirer les cartes forcées qu'on lui présente.

En amont du scrutin populaire, se terrent de micro-groupes de pression agissant au sein des partis, des militants capables des pires intrigues florentines, des pires coups bas, coups fourrés et coups de Jarnac pour faire triompher tel(l)e ou tel(ll)e candidat (e).

Le peuple tout entier subit donc la loi de ces micro-groupes au sein des partis.


S'il s'agissait de remédier à ce déficit démocratique, la Loi pourrait exiger des partis qu'ils présentent plusieurs candidats simultanément dans les Exécutifs et non, comme dans le cas présent, un(e) candidat(e) pour un siège.

Un tel procédé électif produit-il les meilleur(e)s candidat(e)s ?

Permettez que l'on émette des doutes sur ce système puisque les qualités des candidat(e)s ne sont jamais évaluées avant l'élection ! C'est une lacune quil conviendrait de combler si l'on veut épargner au peuple l'inconvénient d'une coûteuse élection partielle en cours de législature.

Certes, le comportement de l'homme est imprévisible, déchiré entre son intellect, ses humeurs et les tropismes de sa libido.

Néamoins, il existe une méthode universellement reconnue, peu coûteuse,  pour détecter les troubles de la personnalité. Elle est appliquée de manière scientifique, reconnue par les tribunaux, dans le monde entier.

qcm.jpgPar mesure de précaution, l'expérience vient de démontrer qu'il conviendrait de proposer désormais à tout(e) candidat(e) à une charge élective cet innocent et ludique questionnaire à choix multiple (QCM) qu'est le DSM IV.

De quoi s'agit-il ?

dsm-grows.jpg"Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (titre original anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ; DSM), publié par l'Association américaine de psychiatrie (APA), est un manuel de référence classifiant et catégorisant des critères diagnostiques et recherches statistiques de troubles mentaux spécifiques. Il est utilisé aux États-Unis, et internationalement à travers le monde, par les cliniciens, chercheurs, psychiatres et compagnies d'assurance santé et pharmaceutiques, ainsi que par le grand public. Les diagnostics de pathologie psychiatrique portés à l'aide du DSM, depuis la troisième révision reposent sur l'identification clinique de syndromes et de leur articulation en cinq axes dans une approche statistique et quantitative." (Wikipedia)

De même qu'il existe sur le Net un excellent testeur d'orthographe, le DMS IV en politique est une solution d'avenir pour jauger de la valeur des candidat(e)s aux charges publiques. Pourquoi s'en priver alors qu'il ne s'agit que de remplir un questionnaire, à la manière de ceux que l'on trouve dans les hebdos fémins: Etes vous jalouse ? Etes-vous capable d'un double orgasme ?


La plupart des candidats aux récentes élections fédérales se sont soumis volontiers à SMARTVOTE pour faire connaître Urbi et Orbi  leurs positions poitiques face aux grands sujets de société.

Ils ne devraient donc avoir aucune objection à ce que leurs mécanismes psychologiques soient évalués et publiés dans ce que l'on ppurrait nommer SMARTPSYPOL.


Nul besoin d'être spécialisé dans le fonctionnement complexe de l'âme humaine pour jauger de la valeur - et des pathologies - de nos politiciens. Quelques croix au stylo dans chaque case et le tour est joué en 20 minutes !

Label10A.jpgAprès tout, on exige bien de la Migros et de la COOP qu'elles impriment des dates de vente limites et la liste complète des ingrédients, en ordre quantitatif décroissant, sur nos pots de yoghourt. Pourquoi en irait-il autrement de nos politiciens dont la portée des décisions est combien plus déterminante sur la vie quotidienne de centaines de milliers d'habitants ?

Pourquoi les Partis politiques, dans leur propre intérêt , ne nous liveraient-ils pas, eux aussi, la composition mentale et psychologique, des candidats qu'ils nous vantent et nous "vendent" par leurs affiches, flyers, annonces dans les journaux ?

Allons-nous tolérer encore longtemps leurs cartes forcées et les trombinoscopes n'inquant que les noms, prénoms, professions et, parfois, l'âge des candidat(e)s ?

Tout devrait être entrepris pour que l'électeur sache et s'assure enfin qu'en votant pour Tel(l)e et Tel(l)e, il ne soutient pas un "malade qui va le gouverner".

Les champions de la transparence en matière de finances des partis politiques ne pourront que souscrire à la généralisation du test des politiciens au DSM IV.

A ne juger de la valeur humaine qu'au vu de la bonne mine des candidat(e)s, l'électeur s'adonne à un dangereux jeu de hasard. Regardez et écoutez ici comment  Duraton juge la propagande politique qu'il reçoit dans sa boîte aux lettres:-)

Quel citoyen, quel politicien aura-t-il l'audace et la sagesse de rédiger une pétition, un projet de loi, pour que désormais à Genève, tout candidat à une charge élective se soumette au test scientifique du DSM IV, au même titre que les commerçants nous doivent de l'information transparente quant aux produits qu'ils nous vantent et nous vendent ? (jaw)

 

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