17/06/2012

Genève: le tapis volant des fonctionnaires en péril

tooth.jpgflyingcarpet.jpgLe sort en est jeté. La dent cariée du Conseil d'Etat arrachée, a donc été remplacée par une prothèse brillante comme un sou neuf. Elle devrait tenir durant seize mois, quels que soient les menus mastiqués par la machine étatique rafistolée en hâte. Quelles que soient la cohésion et la cohérence du gouvernement issu de l'élection partielle, les Genevois peuvent donc d'ores et déjà se préparer à la bataille des élections législatives d'octobre 2013. La campagne est lancée.

Le tapis volant des fonctionnaires de l'Etat, à savoir le pactole de leurs retraites pléthoriques, est déjà l'objet d'une impitoyable foire d'empoigne au sein de la Commission de finances du Grand Conseil.Les solutions seront proposées au Grand Conseil en septembre.  L'assainissement, dans le pire des cas, équivaudrait à aggraver la dette publique de 6 milliards de francs, ce qui porterait son total à 17 milliards de francs. Insupportable.

Avec un salaire médian de CHF 9'000.- les fonctionnaires de l'Etat de Genève sont parmi les mieux payés de Suisse...et d'Europe !

Des sacrifices s'imposent. La gauche, l'extrême gauche, les Verts et les syndicats s'opposent à toute coupe claire ou sombre dans ce Pactole.

On peut donc s'attendre à un référendum contre la future Loi modifiant le statut des deux caisses de retraite de l'Etat de Genève.

C'est là la principale conséquence de l'élection partielle de ce dimanche 17 juin 2012.





Pierre Maudet a donc été élu au siège intérimaire du Conseil d'Etat de Genève. Un siège fragile et peu durable, laissé vacant par un PLR.

La candidate favorite, Anne Emery-Torracinta  (PS) arrive donc deuxième dans la course à ce siège précaire. Dimanche noir pour le clan Torracinta... C'est la deuxième fois que cette candidate échoue. ( La première, devant une AG du Parti qui avait préféré Véronique Pürro. )

Eric Stauffer (Mouvement des citoyens genevois - MCG) arrive troisième, ce qui est prodigieux si l'on considère la campagne de dénigrement abjecte lancée à son encontre. Ce beau résultat, obtenu avec le seul soutien de l'UDC, augure d'une nouvelle progression du MCG aux élections de 2013.

Cet échec honorable du candidat MCG aura sans doute pour effet de remobiliser la tendance populiste, très présente à Genève. L'incapacité  du gouvernement d'améliorer la sécurité du citoyen sur le domaine public et le statut des enfants gâtés que sont les fonctionnaires sont les deux thèmes prévisibles  au centre des élections générales genevoises en octobre 2013.

Pour ce qui est des promesses mirifiques du candidat Maudet, le corps électoral aura donc 16 mois pour en apprécier les effets à l'aune du principe de réalité.

Une consolation: Genève a été épargnée... La cigale prodigue rose, pourtant soutenue par la gauche, les Verts, l'extrême-gauche et les syndicats, a vu ses ambitions amputées ou...retardées. Les communes genevoises ne risquent donc plus de voir gérer leur territoire par l'impériale socialiste. Elle voulait frapper d'une taxe celles des communes qui ne construiraient pas assez de logements à son gré.

Suivons donc de très près, après ses proclamations et promesses, la manière dont Maudet va mettre en oeuvre ses "priorités". Son premier souci est...la construction d'une nouvelle prison à Genève !

A n'en pas douter, le moitrinaire-autoritaire devra mettre les bouchées doubles pour faire entrer la réalité dans les cases des quarante-sept pages de son programme électoral.

Le normopathe du PLR ne risque guère de modifier quoi que ce soit: ni son discours ni la vie quotidienne des citoyens genevois.

Le Verbe de sa propagande prolixe lui tiendrait-il lieu d'action ?

L'avenir nous le dira. Nous l'avons dans notre collimateur. (jaw)







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14:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Tapis roulant, oui pour les petits fonctionnaires dont le salaire n'atteint pas du tout fr. 9000.- par mois. Bizarre, ces chiffres sortis de presque nul part. En réalité la plupart des fonctionnaires ne roulent pas sur l'or et leurs retraites sont mises en péril.

Écrit par : Fonctionnairedésabusée | 18/06/2012

Plus les temps sont difficiles plus on tire sur les fonctionnaires. Cela a toujours été le cas. Ce n'est que dans les temps de pléthore, par exemple pendant une partie des annés 50 et 60, que le statut de fonctionnaire était méprisé par tous ceux à qui leurs origines sociales et leurs études promettaient un statut social et des salaires bien plus attractifs.
Ce phénomène ne concerne évidemment pas les milieux aisés, souvent de droite, qui suivent de toute manière toujours le mot d'ordre de "moins d'Etat", du moins quand il ne s'agit pas de renflouer leurs affaires coulées par les excès de leur cupidité ou une mauvaise gestion. Dans ces cas-là, il ont un bon prétexte pour faire appel à l'Etat, en principe soutenu par la gauche, car il faut bien que quelqu'un se porte au secours de leurs ouvriers et employés licenciés.

Écrit par : Mère-Grand | 18/06/2012

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