18/08/2012

Tabacophobie : la crédulité mimétique mène au « soft goulag » (I)


appelwormman.jpgRares sont nos préventocrates à savoir que la « Passivrauch » fut le premier instrument de « purification » du IIIe Reich. Et que la persécution des fumeurs remonte à l'Inquisition espagnole pour gagner, par contamination, le cerveau des Tsars tabacophobes avant de toucher Zwingli et la planète entière sous la pression du New Age américain. Si le tabagisme n'est effectivement pas bon pour la santé, la « fumée passive létale », elle, est une arme d'asservissement active capable d'apaiser les angoisses de la société en désignant des boucs-émissaires, victimes expiatoires et autres Untermenschen. Duraton, victime de sa crédulité mimétique, a cru dur comme fer à la prétendue fumée passive létale. Par la même dérive sémantique, il a cru longtemps que l'IVG est un assassinat. Que la prévention des naissances non désirées mène au Purgatoire ou, sans étape, à l'Enfer. Que les objecteurs de conscience sont des sous-hommes, ennemis de la patrie. Que la masturbation rend sourd. Que l'abolition des frontières mène à une Europe unie (fût-elle imposée aux peuples), génératrice de prospérité et de félicités, sans guerre et pourvoyeuse d'une parfaite harmonie. Que les Amérindiens n'ont pas d'âme. Que Louis Pasteur insultait la doxa de l'Académie  des Sciences, crédule à la "génération spontanée" quand il prétendait qu'il existe des microbes pathogènes.

Nous nous proposons de vous démontrer en quelques chapitres comment une poignée d'occultistes et de tabacophobes névrotiques, agissant par métier et souvent par cupidité, sont parvenus à réactiver un instrument de contrôle social séculaire. La stigmatisation des fumeurs - cible favorite des manipulateurs - ne date pas d'hier.


file.jpgUn instrument de contrôle social subversif parfait pour semer la discorde et la haine au sein de la population. Au nom du Bien, tel qu'ils le conçoivent, les moines-soldats de l'Église de tabacophobie ont dessiné un nouvel Axe du Bien et du Mal. La Suisse, qu'on a connue plus souveraine et capable de discernement, est prise au piège d'une propagande mensongère éhontée, celle qui fait un amalgame entre le tabagisme, nocif, et la prétendue « fumée passive létale ». Les opposants à l'initiative de la Ligue pulmonaire, soumise au scrutin populaire le 23 septembre prochain, ignorent que cet amalgame, matraqué au nom de la santé publique, ne repose sur aucun fondement scientifique. Cette imposture est même la clef de voûte de la Néo-Prohibition.

Quelques souvenirs de tabacophile pour commencer...

crew7.jpgA.D. Pâques 1964 : Reporter à bord du bateau-pirate Caroline qui émet illégalement sur ondes moyennes à partir des eaux internationales au large de l'Estuaire de la Tamise,  je suis contraint par le capitaine d'officier comme maître-queux à bord du M.S. Frederike. Complice malgré moi d'une radio-pirate... Sortie de la brume, voici une grande chaloupe motorisée qui vient bord à bord et décharge une dizaine de cartons de ...cigarettes et autant de bouteilles de whisky de contrebande. Cette marchandise est distribuée généreusement à tout l'équipage, dont je suis. Contre mon gré. Je consomme des deux fruits défendus avec un plaisir décuplé.

- La prochaine fois, n'oubliez pas ma marque favorite : des Benson & Hedges ! fais-je remarquer au commandant en souriant.

btfsmoker.jpgA la guerre comme à la paix, le tabac vaut de l'or. Des tranchées de Verdun aux pénitenciers les plus abjects, des salons les plus huppés aux bouges les plus sordides, la cigarette a droit de cité. Elle chasse le spleen, occupe la main et les lèvres alors que la contemplation des volutes favorise le rêve... Elle favorise le lien social et l'interaction romantique et permet à certaines séductrices non plus de lâcher leur mouchoir dans leur sillage parfumé mais bien de demander du feu à des inconnus sans avoir l'air de faire le premier pas... Elles portent d'ailleurs le surnom d'allumeuses et s'y entendent à merveille pour mettre le feu à la poudre du désir... Quel homme se plaindrait du harcèlement féminin ?

A la prison de Bristol où je vais rendre visite à Kevin M., caïd du milieu londonien qui purge une peine de sept ans pour avoir percé au chalumeau oxhydrique le coffre fort (presque vide!) d'un hôtel de Brighton, quel cadeau autre que du tabac et des journaux puis-je lui apporter ? Les matons de S.M Elizabeth II, n'émettent aucune objection. Les condamnés à mort se voient encore offir une dernière cigarette en montant à l'échaufaud ou sur l'autodafé.

Et que fais-je en conversant dans son mews avec Gloria Swanson lors d'une de mes visites au crépuscule chez cette diva du Septième Art ? Je fume des Players Navy Cut en dégustant un porto hors-d'âge en son exquise compagnie.


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En 1959, à Londres encore, dans un cinéma de quartier où l'on passe deux films par séance, on peut encore fumer mais la projection est arrêtée  car les cinéphiles sont priés de sortir...On ne voit plus l'écran ! L'un des pires smogs a envahi la salle. Il faut une lampe de poche pour retrouver l'entrée  de son logis. Les fumeurs n'y sont pour rien. Le smog est un mélange de gouttelettes d'eau et de particules de charbon qu'on brûle encore sans la moindre culpabilité dans tous les cottages.
Le Clean Air Act n'est entré en vigueur qu'en 1964. Les projections ne sont donc plus interrompues par le smog mais l'on ne peut plus fumer au cinéma en Grande-Bretagne. A quand une loi pour interdire les paquets de bonbons en cellophane craquante ? Pas bon pour l'ouïe délicate des cinéphiles:-) !

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Aux Etats-Unis , mon premier contact avec les purificateurs s'est produit dans un bar de New York en 1997, dans le quartier de l'Université de Columbia, vers trois heures du matin. Mon voisin de tabouret est un très vieux New-yorkais qui me raconte sa vie, ses quatre femmes (successives), ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Son revenu, ses procès et la manière dont il a fait fortune en inventant dans les années 1950 des jouets électromécaniques pour ados. Fascinant. Nous fumons tous les deux et buvons de la Budweiser. A proximité, des étudiants jouent au billard.

Soudain, un jeune trouble-fête s'approche, queue de billard à la main, pour me rappeler qu'à New York il est interdit de fumer dans les bars. A cette époque, la fumée est tout de même tolérée dans certains bars, notamment à Greenwich Village. Dans ce bar proche de l'Uni de Columbia, des cendriers invitent à fumer.  Et ce blanc-bec  ajoute un argument qui me fait monter la moutarde au nez : « Le tabac, c'est mauvais pour votre santé ! »


thug.jpg- La guerre du Vietnam, ce n'était pas bon non plus pour la jeunesse américaine ! Tu raisonnes comme une Princess and the Pea !


La phrase est partie. Je ne peux la rattraper et en suis même content : l'étudiant demeure coi. Je garde en réserve dans ma besace d'autres arguments plus ou moins « soft » en « slang » américain..


Ce jeune homme, propret comme un sou neuf et probablement masturbé de frais, vient de semer la haine dans ce bar. Aussitôt , deux personnages à gueules patibulaires, assis en bout du bar, grommellent puis hurlent :


- T'as pas le droit de parler du Vietnam ! Nous, on est des vétérans du Vietnam. Pourquoi t'as parlé du Vietnam ?


Pour l'instant, ils sont encore cloués à leurs tabourets de bar. Ils deviennent de plus en plus menaçants et je prétends, avec une mauvaise foi préventive avoir dit : Honneur aux jeunes Américains du Vietnam !


D'un geste généreux d'apaisement, j'offre une tournée à ces deux vétérans et à mon commensal, sans m'oublier. Cela ne les calme pas. Ils ont enfin trouvé une raison de vivre : la protestation dans un bar. Et une nouvelle cible sur laquelle déverser leur rancoeur.


- Nous, on sait ce que  sait que le Vietnam. T'y as jamais mis les pieds. Alors, sur le Vietnam, boucle-là...sinon...


Le vieux New-yorkais me conseille de dégager des lieux discrètement, ces sinister caracters paraissant de plus en plus menaçants.  Je laisse soixante dollars sur le zinc et m'éclipse par la porte de derrière, en faisant mine de me rendre aux lieux d'aisance.


- Et avant de sauter dans un taxi, assure-toi que c'est un vrai taxi et non pas un maraudeur, sinon tu risques de te retrouver dévalisé et abandonné  sur un trottoir du Bronx... me conseille encore mon voisin de bar. Je serai ainsi privé du chapitre qu'il venait d'entamer. Le New York secret...

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Ainsi, pour une simple cigarette et quelques volutes, la chaîne des causes et effets a failli tourner au pire. Rétrospectivement, je me dis que cet incident aurait très bien pu me coûter ma vie, les vétérans se promenant souvent avec un « feu » dans la poche...

Au terme de ce séjour qui m'a valu de nombreuses rencontres plus heureuses (billets gratuits au Radio Circus et dans les caves à jazz au motif que je suis un travailleur de la Swiss TV) notamment avec des immigré(e)s clandestin(e)s français(e)s...


A bord de l'avion Swissair qui me ramène à Genève, j'ai pour voisin de rangée Alvin Queen, un batteur né dans le Bronx et un ingénieur en génie nucléaire d'origine suisse. Nous buvons, fumons et conversons à haute voix. Nous trois avons été placés au fond à gauche de l'appareil, au motif que nous sommes fumeurs. Déjà relégués en queue, comme des pestiférés ! La stewardess est du genre institutrice acariâtre, psychorigide, du genre à prendre une douche intime sans délai après l'extase. Elle n'incite nullement à lui en mettre ras-le-bol...

- Vous ne voyez pas que  vous dérangez tout le monde en buvant, en parlant et en fumant !


- Nous refusons d'être traités comme des passagers clandestins !
, fais-je remarquer à l'insolente qui vient de nous morigéner comme si nous venions de lui appliquer une grande claque sur les fesses.

swissair.jpgElle n'a pas l'air d'apprécier ni ce genre d'humour ni les fumeurs et, pour en remettre une couche, j'annonce que nous sommes acheteurs de cigarettes hors taxes avant l'atterrissage. Avec une obligeance contrite, elle nous présentera en temps utile son plateau de cigarettes et d'élégants briquets Dupont, plaqués or et maillochés.

- Bientôt, vous ne pourrez plus du tout fumer à bord des avions Swissair, nous précise-t-elle sur un ton vengeur.
- Ce jour-là, Swissair fera faillite et vous irez pointer au chômage, Madame !

Elle hausse les épaules. C'est décidément une hygiéniste militante qui excellerait, en blouse blanche, à aseptiser les murs d'un hôpital public pour éloigner le danger d'une contamination nosocomiale.

A cet instant, je ne me doute pas que ma réplique a du contenu prophétique. La fumée a disparu des avions, de même que les beaux briquets Dupont.

Et Swissair a disparu, elle aussi. Parce que son Conseil d'administration a cru à la « politique du chasseur » de son incapable directeur. Les autres compagnies fusionnent. Faut donc faire comme elles. Les imiter pour survivre. On l'a cru. Le fleuron de l'aéronautique suisse est parti en fumée !

litenfeu.jpgEn Suisse romande, la Néo-Prohibition a déjà provoqué deux cas mortels : celui d'une octogénaire brûlée vive dans le « fumoir » de son EMS à Blonay (VD). Ledit « fumoir », sans surveillance, isolé par des portes coulissantes, était interdit d'accès au personnel. Le second cas mortel est celui d'une patiente psychiatrique aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), décédée des suites de ses brûlures dans cet établissement « sans fumée ». Plainte pénale a été déposée. Me Bonnant défendra la cause de la famille de la victime.

Ce phénomène est celui de la « crédulité mimétique ». Prendre le chemin de la lâcheté sans réfléchir, avec un seul souci : celui de ne pas se singulariser. Faire comme les autres. Crier avec les loups. Déchirer les victimes avec la meute. Se taire devant l'abus. Lever la main bien haut pour plaire au régime. Opprimer les minorités, les avortées, les hétaïres, les gueux, l'Untermensch et, depuis peu: les fumeurs !

Adolf lui-même scandait: " Nur Zigeuner und Indianer rauchen. Die Deutsche Frau raucht nicht !"

L'esprit souffle rarement sur la foule. Si bien que les soft goulags ne sont  jamais loin quand les doctrinaires et les dogmatiques prennent le dessus. Fût-ce-ce en incluant des mensonges dans leurs slogans.

Il est même arrivé que les démocraties accouchassent de régimes tyranniques.

L'expérience de Milgram a démontré que l'homme crédule, surtout pris en masse et matraqué par  des slogans, est capable du pire.

L'hystérie collective anti-fumeurs n'a d'autre source que ce besoin d'imiter et de suivre les consignes d'auto-proclamées « autorités ». Il est certes plus confortable de se conformer aux ordres, directives, consignes et incitations venues « d'en haut » que d'exercer pleinement sa liberté.

Nous décortiquerons ultérieurement les grossiers mensonges à l'origine de la "Passivrauch". Pour l'instant, une pensée pour un penseur indépendant et délicieusement subversif...


Jean-Jacques Rousseau
l'a mieux dit en quelques mots : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers ».




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(jaw)

Prochain épisode : Les demi-vérités, armes d'endoctrinement massif


Voir aussi: Doxa à la prétendue "fumée passive létale": la parole est aux opposants !"

18:47 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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