15/09/2012

"La fumée passive n'est pas nocive" dixit un Prof.med.de l'Université d'Iéna

romanogrieshaber.jpgLe Professeur en médecine préventive allemand, Romano Grieshaber,  voulait susciter un débat en publiant son ouvrage "La fumée passive, crépuscule des dieux de la Science". Il n'y est pas parvenu.

Interview du Professeur "dissident" par Martina Rutschmann dans "Die Tageswoche".

Il a consacré sa vie à la prévention. Dans le domaine de la "fumée passive", il parle "d'hystérie". Romano Grieshaber, âgé de 66 ans, un non-fumeur, serait la premier à engager le combat contre ladite "fumée passive" si elle était vraiment nocive. Mais c'est n'est nullement le cas, à en juger par l'opinion qu'il exprime dans son livre.


romanogrieshaber.jpgDirecteur de la Prévention et de la Recherche de la Communauté allemande des professionnels de l’alimentation et des établissements publics, il s'est livré dès le début de sa retraite l'an dernier à de nombreuses recherches sur l'emprise de la "fumée passive". Ses conclusions: tout cela ne serait pas du tout aussi nocif que ça. Les études qui diffèrent de cette conclusion ne seraient pas soutenables sur le plan scientifique et ne seraient exploitées que pour favoriser la promulgation de législations telles que celle souhaitée par la Ligue pulmonaire suisse "pour la protection contre la fumée passive", soumise au scrutin populaire le 23 septembre prochain.

INTERVIEW



- Monsieur Grieshaber, combien de cigarettes avez vous déjà inhalées aujourd'hui ?

- Aucune

- Si l'initiative "Protection contre la fumée passive était acceptée, seriez-vous, comme non fumeur, moins exposé au danger à l'avenir en Suisse que dans votre pays ? En Allemagne, 3300 non-fumeurs meurent des suites de la "fumée passive", comme le prétend une étude du Centre allemand de recherches sur le cancer.  Vous pourriez être l'un de ces morts.

- Ça j'en doute. Parce que le risque de tomber malade des suites de la "fumée passive" est minime. Il est reconnu dans le monde entier que le risque relatif est de 1, 16, ce qui est un risque minime. Et il faut encore admettre que ce chiffre ne prend  pas en compte une relation de cause à effet imputable à la seule "fumée passive".

- C'est un tout autre son de cloche à la Ligue pulmonaire suisse. Leur initiative se fonde sur "le principe libéral qui veut que la liberté s'arrête là où la santé du prochain commence  à être mise en danger". Mais vous, dans votre ouvrage, affirmez que de telles
assertions - y compris celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - ne seraient pas fondées sur le plan scientifique. Cela mérite une explication.

- Alors que nous aussi(Red: Prévention et de la Recherche de la Communauté allemande des professionnels de l'alimentation et des établissements publics), en l'an 2000, quand avons commencé nos recherches dans ce domaine, nous partions aussi du principe que la
"fumée passive" était nocive. Les résultats de nos recherches dans le domaine de la gastronomie - celui où la concentration en fumée passive est la plus grande - nous ont surpris nous-mêmes: en conséquence, les infarctus du myocarde, le cancer des poumons et les maladies pulmonaires chez les serveurs sont même moins fréquents que dans l'ensemble de la population. Pour nos études, nous avons examiné les maladies chez six millions de travailleurs du secteur HORECA. Personne ne l'avait fait avant nous.

- D'autres études présentent des conclusions diamétralement opposées. Le risque du cancer du poumon au sein du personnel de service des établissements publics serait plus aigu que chez d'autres travailleurs. Qui doit-on croire ?

- L'épidémiologie mondiale ne prend pas en compte des substances nocives supplémentaires qui coexistent avec la "fumée passive", telles le gaz radon ou l'amiante. Cela fausse aussi les résultats. D'autres facteurs immatériels tels que les dépressions ou le chômage n'ont pas été pris en compte par l'étude qui conclut aux "3300 morts par année". Cela alors qu'on savait déjà, à l'époque, que les dépressions peuvent être la cause d'infarctus du myocarde dans une mesure égale à celle de la fumée..active. Ces faits ont
été passés sous silence alors que, du point de vue épidémiologique, on ne saurait les exclure du champ de la "fumée passive".

- Alors, c'est de la Science bâclée  ?

- Disons les choses comme ceci: toutes les études à l'échelle mondiale souffrent d'un dilemme. Elles ne prennent pas en compte tous les facteurs pertinents qui exercent une influence à égalité.

- L’association des "Fumoars" a donc raison quand elle affirme dans ses annonces de presse qu'il n'existe pas une seule étude scientifique valable et fiable qui prouve des effets nocifs pour la santé de la "fumée passive" ?

- Oui, on peut le dire comme ça.

- La Ligue pulmonaire loue les bienfaits de son initiative en prédisant, au contraire, une diminution des infarctus du myocarde et des maladies des voies respiratoires. A l'appui de telles affirmations, une institution aussi digne de crédit attire de nombreux suffrages...

- C'est ce que je pense aussi. L'OMS a réussi a propager le sentiment dans l'opinion publique que la mise en danger était aussi aiguë que celle qu'elle décrit. Dans les années 1970 déjà, l'OMS a proclamé une "fracture sociale" entre fumeurs et non-fumeurs. Sur cet
arrière-fond, tout ce mouvement doit être considéré plutôt comme pseudo-religieux que scientifique.

- Le mouvement pro-santé est, selon vous, propagé par des idéologies qui ne légitiment pas la promulgation de lois parce que les études invoquées ne sont pas du tout soutenables sur le plan scientifique ?

- Il y a effectivement des assertions réfutables dans ce domaine. La base de données de l'étude aux 3300 morts, par exemple, fait défaut. Les données qui fondent cette étude n'existent pas. Dans cette étude, on n'a pas tenu compte de l'âge ni d'autres facteurs de risques auxquels les sujets ont pu être exposés précédemment. Je dirais qu'on a embelli le tableau pour ne pas parler de tromperie.

- En admettant que la fumée passive soit vraiment sans danger, comme vous le dites, que pourrait-on attendre d'un combat contre elle ?

- Le fait qu'on ait décidé de choisir la fumée passive pour cible s'explique parce qu'on ne peut encore attaquer directement la fumée active. La manière de mener une campagne contre les fumeurs passe par la fumée passive. Ainsi seuls des risques mineurs sont attaqués. C'est dangereux parce que les vrais risques ne sont ainsi plus combattus.

- Quels sont ces vrais risques ?

- Là, je songe à l'amiante. La Russie produit de l'amiante en grandes quantités, comme jamais. Et dans des pays tels que le Canada, l'amiante est encore utilisée. Cela signifie que c'est là encore un problème mondial prioritaire. Mais les organisations n'en parlent presque plus. Elles affirment ainsi de manière indirecte que l'OMS agit dans beaucoup de domaines d'une manière loin d'être indépendante. Cette dépendance se rapporte de manière significative à l'industrie pharmaceutique. Cette dernière est considérablement sollicitée, c’est ce qu'on a vu récemment lors de la grippe porcine qui a déclenché une panique dans la population suite à des exagérations. Il a fallu ensuite détruire d'importants stocks de vaccin. Tout est  parti alors de l'OMS. Elle se range sans ambiguïté du côté de 'industrie pharmaceutique, y compris contre l'industrie du tabac. Et cela lui réussit bien.

- Est-ce à dire que vous prédisez un OUI lors du scrutin ?

- En tout cas, l'OMS a réussi à attiser la peur des populations.

-Revenons à votre livre: Vous vouliez susciter un débat. Mais jusqu'ici vous n'avez récolté surtout que des agression allant jusqu'à des menaces de mort. D'où provient l'agressivité des nombreux ennemis des fumeurs ?

- Vous avez raison. Sur les forums de l'Internet, les correspondants diffusent des textes très agressifs sur mon livre et contre ma personne. Les média, au contraire, n'écrivent pas un mot. Ils passent mon livre sous silence parce que très souvent, ils sont branchés sur le mouvement hygiéniste

- Pourquoi les anti-fumeurs sont-ils aussi agressifs sur cette question ?

- Cela tient à l'hystérie hygiéniste qui prévaut en général. Il se peut, vraisemblablement, que de nombreuses personnes aient vraiment peur de la fumée passive.

- Vous attendiez-vous à de telles philippiques haineuses ?

- Oui, mais je suis stable sur le plan psychique (Il rit)

- La contradiction sur le sujet n'est à l'évidence pas la bienvenue. Une discussion ne pourrait-elle pas signifier en définitive qu'il n'y a pas besoin de loi pour la "protection de la fumée passive"...pour autant que vous ayez raison ?

- La conviction qui prévaut au sein de la population est tout autre, quels que soient les résultats des études. Cela ne se modifie pas si aisément. Les politiques s'en réjouissent car il leur faut des interdits pour diriger les citoyens, exactement comme il faut des commandements à la religion. Et cela ne sert à rien que de partir en guerre et d'en appeler à la responsabilité personnelle.

- Les auteurs de l'initiative populaire disent exactement le contraire, à savoir que les tiers doivent être protégés de la fumée passive à laquelle ils sont exposés contre leur gré car ils n'ont pas de prédisposition à exercer leur propre responsabilité.

- Si la fumée passive était vraiment nocive, je me battrais aussi en faveur d'une telle loi.

- Vous écrivez qu'une modification de la législation ne préviendrait aucune maladie découlant de la fumée passive.  Qu'est-ce qui vous permet de l'affirmer ?

- Vous pouvez commencer par vous référer à la notion de "risque relatif" de la fumée passive. Ce risque relatif est de 1, 16. Il comprend tous les facteurs possibles et jusqu'ici, personne n'est parvenu à isoler le facteur de la fumée passive.


-  Si l'on suit votre théorie, est-ce à dire que la notion même de "fumée passive" ne colle pas puisqu'elle implique qu'il y a un fumeur et que le fait de fumer est incontestablement nocif ?

- L'expression "fumée passive" (NdT: "Passivrauchen") remonte au IIIe Reich. Les Nazis avaient déjà attaqué la "fumée passive". L'expression s'est propagée jusqu'aujourd'hui.

- Les opposants à l'initiative incitent le peuple à "rester raisonnables". Vous faites allusion à des "séquelles  aggravées" pour les arts et métiers et l'économie. Comme haut responsable chevronné de la prévention et de la recherche médicale en Allemagne, vous avez eu l'occasion d'observer les effets sur le secteur de l'HORECA. Est-ce que les craintes des opposants à l'initiative suisse sont fondées ?

- Sans aucun doute. L'OMS conteste même que les interdictions de fumer aient des conséquences sur l'économie. Mais regardez ce qui se passe en Irlande, en Angleterre et en France. En Allemagne même des milliers de bistrots ont fermé, bien que la législation
allemande ne soit pas du tout aussi stricte que celle que la Ligue pulmonaire appelle de ses vœux en Suisse.

- Jetons encore un coup d’œil outre-Atlantique, États-Unis, où l'on considère fréquemment le fumeur avec mépris, pour autant qu'on parvienne encore à y allumer une cigarette.

-Dans d'autres domaines sociétaux, l'Occident est moins à la traine des États-Unis qu'autrefois. Mais pour la fumée, c'est encore le cas ?

- La tendance va dans cette direction quand on observe l'acharnement  des organisations de santé dans leur combat. Je crains que la prochaine mesure vise à obtenir une interdiction de fumer dans son appartement ou à bord de sa voiture.

- Et à qui le tour après les fumeurs ? Les obèses ? Les buveurs d'alcool ? Les automobilistes ?

- Bonne question ! Si vous additionnez les morts imputables à la fumée, à la nourriture et à l'alcool, vous obtenez un total de morts (Réd: "virtuels !") supérieur à celui des morts vraiment morts... Cela signifie qu'il n'existerait que ces causes de décès. Et elles relèvent toutes du domaine de la responsabilité personnelle. Toutes les autres causes sont mises entre parenthèses et écartées.

- Ainsi donc, les personnes qui vivent de manière saine seraient immortelles ?
 (Il rit)
- Oui, c'est l'impression que propagent les organisations hygiénistes, la médecine et la presse. Les prochains sont vraisemblablement les obèses. Quand on fume moins, on prend du poids. Et le taux de prévalence du diabète chez les hommes corpulents est plus élevé. Le combat contre la mauvaise alimentation fait déjà rage.

- De quoi aura l'air notre monde dans quelques décennies s'il n'y a plus de fumeurs et plus d'obèses ?

- Je n'y ai point encore songé. Mais le danger existe que les vues des apôtres de la santé survivent. Mais je ne serai plus là.

- A vrai dire, la conversation serait terminée si je n'avais encore une question pour le compte du photographe qui est quatre fois père et fumeur. Voici sa question: Jusqu'ici je me rendais toujours sur le balcon pour fumer. Puis-je fumer à l'intérieur dès cet instant ?
`
- Dans notre étude, nous n'avons examiné que des personnes adultes au travail mais pas d'enfants. A cet égard, je vous conseillerais de vous référer à d'autres études traitant de l'effet de la fumée passive sur les enfant  mais je peux ajouter ceci: la plupart des personnes de mon âge ont grandi dans des foyers où l'on fumait. Beaucoup d'entre nous sommes encore vivants, et nous nous portons en général très bien.

Article original de la Tageswoche ici: "Passivrauchen schadet nicht"

grieshaber.jpeg Expert en protection de la santé

Romano Grieshaber n'a jamais fumé la moindre cigarette car il sait que le fait de fumer est nocif. En revanche, Romano Grieshaber estime que ce danger est moindre que ce que l'on croyait jusqu'ici. Jusqu'à sa retraite, il y a une année, il dirigeait le Département de  la Prévention et de la Recherche de la Communauté allemande des professionnels de l'alimentation et des établissements publics. (Berufsgenossenschaft ­Nahrungsmittel und Gaststätten).

Il est professeur de médecine en prévention appliquée et promotion de la santé à l'Université Friedrich-Schiller de l'Université d'Iéna (Allemagne). Il a siégé au Comité de la Société de recherches appliquées en sécurité systémiques et en médecine du travail, membre de l'Association internationale pour la sécurité sociale et porte-parole du Centre de compétences interdisciplinaires pour la prévention de l'Université d'Iéna. Romano Grieshaber est médecin et directeur des "Erfurter Tage", une session de la médecine du
travail qui a pour thème les maladies des voies respiratoires.

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Sein Buch «Passivrauchen – Götterdämmerung der Wissenschaft» ­erschien im März 2012 bei der Verlagsgesellschaft Publikom Z in Kassel. Grieshaber lebt mit seiner Frau in der Nähe von Heidelberg.



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Commentaires

Hitler ne possédaitil pas l'art et la sombre manière de pratiquer le fumée passive?Aussi je vois mal les Allemands ,les Autrichiens émettrent des ordres contre quelque fumée qui soit!

Écrit par : lovsmeralda | 15/09/2012

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les chats détestent
les enfants aussi

Écrit par : Pierre à feu | 15/09/2012

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