19/10/2012

HUG: Ne tirez pas sur l'assureur !

huglogo.jpgLe vendredi 12 octobre 2012, le Grand Conseil de Genève élit régulièrement les députés qui vont occuper  un des sièges que leur réserve la loi au Conseil d'administration des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Le mardi suivant, une poignée d'élus grincheux vont gémir à retardement auprès de la presse: l'un d'entre eux ne leur convient pas. Que lui reproche-t-on ? D'être un Belge ? Non car ledit Belge, "vybourellisé" à son tour, est écarté de la Direction des HUG non pas au motif qu'il serait belge mais bien qu'il serait trop cupide.


doigt-accusateur.jpgLe maudit qui fait grincer  des dents au Conseil d'administration n'aurait-il pas son certificat de bonne vie et moeurs ? A-t-il un accent suisse-allemand ? Aurait-il un casier judiciaire, psychiatrique, fiscal ? Pas le moins du monde.

Le candidat régulièrement élu a le tort impardonnable, paraît-il, d'être... administrateur d'une assurance-maladie ! Que voilà un crime qui mérite d'être dénoncé en place publique:-) !

Aurait-il caché cette tare impardonnable avant son élection ? Point du tout: ses activités dirigeantes dans plusieurs entreprises et ses activités politiques au sein de l'UDC sont parfaitement transparentes puisqu'il siège aussi au Conseil municipal de la Ville de Genève ! Sans que nul n'y trouve à redire.

Michel Amaudruz.jpgQue reproche-t-on à Me Michel Amaudruz, avocat au Barreau de Genève, élu au Conseil d'administration des HUG ?

- Mais c'est un administrateur d'une assurance maladie ! se récrient en choeur, d'un air dégouté,  les atrabilaires et les harpies par voie de presse. Et d'aller de ce pas se plaindre au président dudit Conseil d'administration, l'excellent Me Michel Halpérin, ancien député (lib).

Et dire que ce sont des policiciens acariâtres de cette espèce qui vont surveiller les activités des HUG...

Ca craint.

Rien dans la loi n'interdit au candidat élu de siéger. A moins de vouloir en faire un martyr.

Alors, ses détracteurs ont le front de découvrir - après son élection - un "conflit d'intérêts" entre le mandat d'administrateur d'une caisse-maladie et l'exercice d'une charge élective au Conseil des Hôpitaux universitaires de Genève.

Vont-ils amender la loi et l'appliquer de manière rétroactive pour chasser l'intrus, comme sous le régime de Vichy, pour rester entre eux, dans leur propre médiocrité dénonciatrice ?

davinci.jpgCes têtes de linotte ne comprennent pas que la présence d'un  tel spécialiste, rompu aux affaires complexes de santé publique, est non seulement souhaitable mais nécessaire dès lors que le Conseil d'administration des HUG a pour tâche, entre autres, de détecter le gaspillage et les dépenses somptuaires d'un tel établissement. A priori, le représentant d'une assurance-maladie est un bouclier potentiel idéal pour calmer les ardeurs acheteuses des mandarins. A les écouter, paraît-il, il faudrait donner à chacune de ces prestigieuses blouses blanches  une Da Vinci pour Noël:-)

Et si ces grincheux  ont des griefs à adresser aux assurances-maladie, ils pourront les adresser directement au représentant de cette assurance et même le mettre sur le gril, au besoin. Pourquoi se priver de telles occasions ?

Il n'en irait pas de même, en revanche, si parmi ses membres, ledit Conseil hébergeait en son sein quelques sous-marins du lobbyisme pharmaceutique.

Non, ces politiciens de milice, sans qualités particulières les désignant à cette mission, ne tarderont pas, sur leur folle lancée, à affirmer demain que ceux des candidats au Conseil d'administration des HUG qui auraient séjourné, ne fût-ce qu'un jour, comme patients aux HUG, seront déclarés inéligibles au motif qu'ils seraient, eux aussi, soupçonnés de conflit d'intérêts:-)

A force de traquer le "fumeur récalcitrant", le trop pauvre,  le trop savant, le trop jeune, le trop vieux, le trop frontalier, on répand une culture de suspicion et d'exclusion malsaine.

Félicitons-nous qu'au moins un médecin, un patient et des représentants du personnel figurent dans la composition du Conseil d'administration des HUG. Nul n'a songé jusqu'ici à leur coller sur le front le crime de "conflit d'intérêts" (jaw)

conseil_administration Copy_0.png

 










03:44 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Pas de PLR dans ce Conseil... Et dire que la Tribune de Genève fustige l'Etat PLR...

Écrit par : Charly Schwarz | 19/10/2012

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.