27/12/2012

Du piratage à la dissidence: archives accablantes...

carolinepix.pngLes animaux les plus vulnérables ont le souci d'effacer les traces de leur passage. Les plus redoutables, eux, marquent leur territoire.

La société binaire, elle n'oublie personne depuis que les journaux ont pris la sale habitude de numériser leurs archives. C'est ainsi que les lecteurs et les journalistes peuvent plonger dans leur passé en feuilletant, par exemple,  le regretté Journal de Genève.

Voici que la prose de l'ancienne Feuille d'Avis de Lausanne (devenue 24 Heures depuis lors), est immortalisée, donc accessible au public sur l'Internet ! Tout y figure, depuis les cigarettes Virginie à 80 cts, les publicités pour la gomme-laque dont on enduisait ses skis pour en favoriser la glisse jusqu'aux moindres échos d'histoires de village. Ces "casiers journalistiques - comme on dit "casiers judiciaires" sont redoutables pour les journalistes qui, eux aussi, au fil du temps, devraient avoir le droit de changer d'opinion ... et parfois même, le droit à l'oubli.

A l'instant, nous avons eu la curiosité de procéder à quelques sondages dans la caisse aux archives de la Feuille d'Avis de Lausanne. En deux clics de souris et trois pressions sur les touches du clavier, nous avons pu ainsi remonter le temps et découvrir un opus de notre plume daté du ...8 août 1964, consacré à la première "radio-libre" hébergée sur un bateau-pirate ancré dans les eaux internationales, au large de l'Estuaire de la Tamise.

A vrai dire, nous avions bien vu jadis dans nos relevés de comptes que des honoraires avaient été versés pour ce reportage mais nous ignorions qu'il pût remplir une page entière !

Quarante-huit ans plus tard, nous venons donc d'en découvrir la réalité sur papier...virtuel !

Nous nous étions bien gardé de révéler aux lecteurs qu'après avoir embarqué sur ce navire comme reporter pour une durée de vingt-quatre heures, nous avons été engagé de force comme maître-queux de bord durant plus d'une semaine.

Au titre d'ancien membre d'équipage de Radio Caroline - fût-ce contre notre gré - nous sommes invité parfois à Londres pour commémorer cet acte de piraterie bienfaisante, prélude à une libéralisation de la bande FM et au triomphe des "radios libres".

Prochaine convocation probable: dans deux ans, pour le cinquantième anniversaire de Radio Caroline !

Serons-nous encore là pour voguer sur l'océan de nos souvenirs:-) ?

Comme quoi, il n'y a qu'un pas entre  piraterie et  dissidence:-)

(jaw)

 


 Archive de La Feuille d'Avis de Lausanne du 8-9 août 1964

carolineun.pngcarolinedeux.png

 

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How I was press-ganged into becoming the Radio Caroline cook!

 

Reporter-cuisinier à bord du bateau pirate Caroline ...(1964)



The Love Ship

BIENVENUE sur le service français du site officiel de RADIO CAROLINE, station légendaire.

 

 Toutes les éditions de 24heures ( et de la Feuille d'Avis de Lausanne) sur internet !

 

200 ans d'archives du Journal de Genève sur le site du Temps

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Commentaires

Un très bel article. Bravo. Beau Témoignage.

Je n'étais pas encore né. Mais, je connaissais l'histoire de la naissance des radios pirates. Le financement m'était inconnu, pourtant je me posais la question du coût très important.

"... puisque l'accès a bord est strictement interdit aux femmes..."

Les femmes suisses n'avaient pas droit au vote dans notre Helvétie en 1964.
Heureusement, que les droits des femmes suisses ont évolué depuis.
Il reste encore a faire au 21 ème siècle.

Écrit par : Steve ROECK | 25/07/2013

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