16/12/2013

Pitié pour les e-books sur liseuses Kindle-amazon !

sibir.JPGAvec la majorité, je déplore aussi la disparition graduelle des librairies physiques et des livres imprimés à l'encre sur papier, comme je regrette celle des chevaux de trait dans nos campagnes et les « Baisse un peu l’abat-jour » de l’époque où la France était encore équipée de réseaux à 125 Volts et d’ampoules à 15 Watts…Et où le pain amer de l’après-guerre se payait en pièces à trous…Une époque où l'on mettait  - avant 1953 et l'arrivée historique en Suisse cette année-là du SIBIR - le beurre sous le robinet d'eau froide pour l'empêcher de fondre ...


Nous sommes donc au XXIe siècle. Les ampoules LED ont remplacé la chandelle que certains persistaient à brûler par les deux bouts et la jeunesse ne sait plus ce que furent les « escarbilles » pour les voyageurs tractés par des locomotives à vapeur telle la Pacific 231 d’Arthur Honegger, immortalisée dans ce petit chef-d’oeuvre tout de nostalgie empreint:

» La Pacific 231 mise en musique par Arthur Honegger (VIDEO)

 

pacific231.jpg

Hier, à l’approche de Noël, j’ai donc dû procéder à une adaptation rapide au XXIe siècle et je n’ai pourtant que septante-deux printemps au compteur. Déjà que j'avais du passer de la machine à écrire à l'ordinateur, voici vingt-quatre ans. Je m'initie désormais au livre électronique ou e-book, cible de toutes les haines publiques.

typographes.jpgComme journaliste, il y a 52 ans exactement que je noircis du papier, que je fais vibrer les membranes des microphones de la « radiophonie » et que j’ai même rempli plus souvent qu’à mon tour l'écran des appareils de télévision.

Mais voilà, l’idée m’est venue tardivement d’écrire un livre. Non pas pour fétichiser un objet en papier contenant de la pensée et des souvenirs figés par de minuscules symboles noirs déposés sur le papier comme autant de signes en gélatine frémissante mais bien parce que j’avais quelque chose d’important à dire. Des mises en garde d’intérêt public.

Un premier éditeur, pourtant très obligeant,  n’a point voulu de mon tapuscrit au motif qu’il n’éditait que des ouvrages à caractère « régional ». Il est vrai que mon opus est cosmique...voire plus.

Je vais donc récupérer mon kilo et demi de "tapuscrit" en regrettant que mon message ne puisse être lu que par moi-même.

La perspective d’aller me prosterner et mendier la faveur d’être édité ailleurs m’a effleuré l’esprit mais combien d’efforts me faudra-t-il pour parvenir à mes fins après avoir mobilisé des relations et réactivé d’anciens réseaux qui ont des contacts avec les diverses mafias de l’édition parisienne ? Sans garantie de succès.

kindle.jpgC’est alors que l’idée m’est venue de m’auto-éditer sur amazon. Vous me pardonnerez ? Et je découvre que la mise en ligne d’un tapuscrit passe par la maîtrise de plusieurs logiciels pour que le résultat de lecture sur la liseuse Kindle (et bien d’autres formats) soit possible, malgré les complexes manoeuvres de conversion de format... Pas si simple...

Il faut même répondre « online » à un véritable interrogatoire de l’Internal Revenue Service (IRS), le fisc américain, et disposer d’un compte Paypal avant d’être admis dans la confrérie…

Pour la couverture et la quatrième de couv’, je m’adresse avec succès à un site …américain, Fiverr.com. en fournissant des textes et des illustrations après en avoir acquis le copyright sur istockphoto.

Vous me pardonnerez ? On trouve sur Fiverr.com  l'offre de services les plus divers pour la somme de 5 $ seulement la pièce. Qui dit mieux ?

Le résultat, vous pouvez le découvrir ici, sur mon présent blog de La Tribune de Genève (quotidien diffusant à 68'000 exemplaires dont je dessinais et rédigeais la Une, en grand format, à l’époque du plomb et du marbre, à l’âge de vingt-six ans…)

republivres.pngCette pratique de l'auto-édition soulève la colère dans La République des Livres, dirigée par l'auteur Pierre Assouline sur le site du quotidien Le Monde.

Peu m'en chaut !

Prochaine étape: Je vais publier les trois premiers chapitres de mon livre « On m’a volé mon ego – Récit d’une abomination vécue et vaincue » sur amazon.fr à titre d’amuse-gueule au modeste prix de 0.99 $ ou 0.99 euros.

hornofplenty.jpgCette première manne puisée dans ma corne d'abondance virtuelle, je publierai ensuite le volume I/II de mon opus puis, quelques semaines ou quelques mois plus tard (car il faut, comme vous le savez, tenir son lecteur en haleine !), je terminerai mon opération en apothéose en publiant le Volume II/II à 4.99 $

Mais oui, il ne faut pas décourager le lecteur en le gavant. Apprenons à faire durer le plaisir, bon sang ! Dickens ne s'y prenait-il pas de la même manière:-) ?

Vous objectez ? : ce type se la rejoue sur le mode de « Perrette et le pot-au-lait  » !

perette.jpg


Pour le savoir, il faudra pousser l’expérience jusqu’au bout. J’ai déjà mon propre numéro d’éditeur online et j’attends la permission de l’IRS américain pour publier mon premier accroche-lecteur à 0.99 $

A la réflexion, je préfère ces fourches caudines à celles d’éditeurs qui vous fixent d’emblée une pagination en peau de chagrin  en exigeant des modifications et coupes capables de dénaturer votre chef d'oeuvre.

Le tout est de savoir à qui il vaut la peine de montrer patte blanche.

Vous trouvez mes tarifs trop modestes ?

SkeletonKindleOn_m_1800.jpgPeut-être mais je préfère que mon opus demeure des mois, voire des années, en vente online aux yeux de millions de lecteurs francophones potentiels plutôt que d’être édité à quelques milliers d’exemplaires, à l’essai, (sur papier) dont la plupart risquent de finir au pilon trois mois après avoir été exposés au coin de quelques librairies…sans bénéficier de la moindre publicité médiatique.

Ensuite ? Eh bien, pourquoi pas une traduction en anglais (toujours en auto-édition sur amazon)? J’ai déjà pris contact à des fins d'évaluation  avec une jeune bilingue en lui confiant, pour cinq dollars, la version en anglais de ma quatrième de couv’ !

Présomption ? Vanité ? Fierté ? Orgueil ? Non, ces sentiments ne m’habitent nullement. En l'occurrence, je joue dans le ludique..malgré la gravité du sujet.

Je commence à comprendre l’hostilité butée des auteurs, éditeurs et libraires francophones contre amazon: ils se sont pourtant vautrés durant des siècles dans « l’exception culturelle française » – un modèle de protectionnisme d’un autre âge – et se réveillent dans la douleur.

Et moi qui étais jadis si sceptique et hostile à la lecture sur écran, je me suis mis à lire des dizaines d’ouvrages (à meilleur compte) sur mon écran d’ordinateur puis sur un KINDLE . Des ouvrages récents ou du domaine public (gratuits) (surtout en anglais et en allemand), téléchargeables en quelques secondes avec joie. Le passage au mode écran, il est vrai, exige une adaptation. A propos, je viens de télécharger en quelques secondes l’opus complet de Platon.  Gratuitement. Merci. Cette oeuvre vient rejoindre les 48 autres livres virtuels déjà engrangés à bon compte sur mon Kindle.

Pourtant, non, je ne crois pas à la mort imminente du livre sur papier. Mais l’apport d’amazon ( qui pourrait effectivement bien mieux traiter son personnel) est décisif:

« L’imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d’écrire. »
Benjamin Bayart

Cette citation pertinente provient du Parti Pirate genevois

Voilà les vrais coupables,  ceux qui tuent le livre et les librairies: les Pirates de Genève:-) !!! Après les "fumeurs récalcitrants", les voilà les nouveaux boucs émissaires...

Certes, pour me faire soigner les dents, je vais encore chez ma dentiste et pour un AVC chez un neurologue. Et si j’étais catholique romain et non protestant, j’irais à confesse chez mon curé.

Mais désormais, pour propager sa pensée, ses opinions ou ses fantasmes, il n’y a plus besoin d’intermédiaires toujours prêts à vous dire: « C’est trop long ! Il faut couper ici… Il faut modifier… Attention aux procès… » et l’on en passe.

Vous apprécierez le saut quantique entre le colleur d'affiches de jadis et l'écrivain auteur-éditeur.

Il y avait déjà les auteurs-compositeurs-interprètes pour ce qui est de la chanson.

Désormais, il existe aussi des auteurs-éditeurs-libraires.

Et je m’en réjouis. Pour mes lecteurs et pour moi-même.

tresorpublic.jpgVous êtes éditeur-papier et vous souhaitez en savoir plus sur mon tapuscrit ? Je vous en envoie volontiers un par télématique si vous le désirez. Mais je ne renonce pas à mon « work in progress sur amazon » . L’expérience a un goût d’aventure qui me porte.

A bon entendeur, salut !

PS: Si je fais chou blanc, je le reconnaitrai sans ambages ici même, à l’Auberge Mabut, dernier salon où l'on ...écrit avec plus ou moins de talent et de succès:-) Et vous confierai en détail ce que ma corne d'abondance - elle aussi virtuelle - m'a livré:-)

»PS: L'ouvrage (Tome I / II)a été mis en vente le 20 déc. 2013 sur amazon, ici, pour EUR 3,74

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Commentaires

Envoyez-le chez Edilivres, ils prennent tout, le pire et le meilleur :-)

Mais le meilleur est très rapidement mis en valeur.

Cela ne coûte rien, à moins que vous ne demandiez la confection première page, c'est largement distribué, librairies et plateformes net, version papier et version net.

Les conditions sont toutes affichées sur le net, c'est clair, précis, impression à la demande, ce qui oblige l'auteur à faire soi-même une belle partie de la promotion s'il veut vendre, mais vous savez faire ça.

A mon avis il faut négocier le pourcentage vente en pdf... il est trop bas. Pour le reste, c'est correct. La vente faite par les plateformes partenaires est évidemment moins avantageuse, parce qu'ils prennent leur commission en route.

Une chose dommage encore : pas de distributeur en Suisse. L'auteur a évidemment un prix réduit sur l'achat de son livre, si vous achetez un nombre d'exemplaires pour les revendre directement, ou organiser une signature dans une librairie du coin, il faudra payer la douane, qui est plus avantageuse que la TVA française, mais aussi les frais d'expéidition ! Et là, cela peut être très désavantageux. A calculer, je ne l'ai pas fait, mais si vous avez un ami en France voisine, il est probable qu'il vaudrait mieux les faire livrer là-bas :-)

http://www.edilivre.com/

Écrit par : Jmemêledetout | 24/12/2013

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