05/01/2014

Merci, Ronnie Biggs !

Ronnie-Biggs_2515225b.jpgLe personnage romanesque de Ronnie Biggs, l'un des auteurs de l'attaque du train postal Glasgow-Londres (1963) a toujours fasciné les médias, le cinéma et le show business. Il vient de mourir, en liberté, très malade, à l'âge de 84 ans, au bénéfice d'une suspension de peine pour motifs humanitaires. Je lui adresse ici quelques chaleureux remerciements posthumes. Voici pourquoi...


 

New Scoltand yard.jpgAlors qu'il narguait publiquement Scotland Yard après son évasion de la prison de Wansworth où il devait purger une peine de trente ans, le fugitif s'était réfugié en Australie puis au Brésil. Les plus fins limiers du Yard étaient sur le point de lui mettre la main au collet mais la loi brésilienne les en empêcha : Biggs était in-extradable du fait qu'il était devenu le père d'un enfant naturel, de nationalité brésilienne, fruit de ses œuvres avec une strip-teaseuse indigène...

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stephenanddreamy.jpegAu cœur de la traque désespérée du Yard, le quotidien londonien The Sun, lui aussi, était aux trousses de notre héros. L'un des meilleurs reporters de ce journal à gros tirage, Stephen Markeson,(photo) rencontré en 1963 à la faveur d'un reportage à Cambridge sur une désopilante « histoire humaine » d'un homme qui cohabitait avec sa femme (au premier étage de son cottage) et sa maîtresse (au rez-de-chaussée), était, lui aussi, aux abois...sur les traces de Biggs. (Il n'avait pas été facile d'obtenir du bigame et de ses deux femmes qu'ils posent, à trois, sur le même canapé, pour authentifier par la photo cette étonnante cohabitation assumée).

 

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- Il faut absolument que tu trouves la strip-teaseuse brésilienne à laquelle Biggs a fait un enfant, ce qui empêche le Yard d'obtenir son extradition du Brésil où il se trouve. Il paraît que cette Brésilienne travaille dans une boîte de nuit en Suisse, peut-être à Genève ! Elle a épousé un Suisse !

striptease.jpgMission difficile ... car si Genève compte encore quelques florissantes boîtes de nuit de grande réputation à cette époque (années 1980) - où il est encore permis de fumer – le quartier des Pâquis regorge de petits établissements . Et les artistes de cabaret changent de prénom au rythme de leurs vagabondages internationaux, ne serait-ce que pour échapper au fisc ... Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

hush-hush-9239666.jpgQuelques téléphones et recherches me mettent pourtant sur la piste et, la chance aidant, je ne tarde pas à trouver l'établissement où œuvre, à Genève, la mère de l'enfant brésilien illégitime de Biggs. Elle accepte l'idée d'un reportage pour The Sun. Encore faut-il négocier avec son mari suisse les conditions dudit reportage. Ledit mari est un très honorable citoyen suisse qui travaille pour le compte d'une très réputée assurance helvétique. Il craint pour sa réputation et ses affaires. Je le rassure et lui garantis un anonymat absolu. Le hasard aura voulu que je connaisse bien ses parents, tenanciers d'un café à Clarens (VD). Il  me fait confiance.

J'informe mon ami reporter au Sun que le couple a donné son accord pour un reportage exclusif et fixe à mon ami reporter-photographe illustre et à sa journaliste un rendez-vous au Buffet de la Gare de Genève, côté Ière classe. C'est mon lieu favori, à l'époque, pour y accueillir des invités de marque à interviewer ou pour y traiter des affaires confidentielles : l'espace est généreux, la hauteur des plafonds est celle de l'époque des trains à vapeur, le velours des fauteuils moelleux accueillant est agréable à l’œil. Les stucs et les lustres sont d'époque. Les mets des tenanciers – les Schild – sont exquis.

reporter.jpgLe lendemain, mon ami Stephen et sa journaliste débarquent en trombe à Genève. Durant plusieurs heures, ils vont tous trois se promener dans Genève et se livrer à un reportage photographique dont la strip-teaseuse brésilienne est l'héroïne puisque c'est elle, en accouchant de l'enfant brésilien conçu par Biggs, qui le met à l'abri de la traque opiniâtre de Scotland Yard. Ce reportage servira d'ultime chapitre à une série de cinq épisodes consacrés à la vaine traque du Yard lancé aux trousses de Biggs. De quoi faire encore monter le tirage colossal du Sun ...(3,2 millions d'exemplaires/par jour en 2004)

Les dépêches crépitent sur les téléscripteurs : on y explique par le menu comment la ruse « génitrice » de Biggs l'a rendu intouchable par la police et la justice emperruquée de S.M Elizabeth II.

Au détour d'une dépêche retraçant le dernier épisode de la traque du Yard contre Biggs, j'ajoute, en direct, au journal télévisé (diffusé de Zurich) que ladite compagne du bandit romanesque le plus célèbre du monde a épousé un Suisse. L'émission à peine terminée, je suis assailli de coups de téléphone. Tous les confrères veulent savoir qui est le Suisse qui a épousé la mère du fils illégitime de Biggs ! Je demeure muet et renvoie les curieux à la Rédaction du Sun, à Londres.

Aucun quotidien, aucun hebdomadaire suisse ne publiera les photos de la providentielle strip-teaseuse de Biggs : sur le marché international, ces photos valent désormais de l'or. Un tarif inaccessible aux plus grands hebdos de notre petit pays.

En ai-je tiré quelque profit ? Bien sûr et même sans l'avoir demandé !

Merci Stephen !

Merci The Sun !

Merci Ronnie ! (jaw)

 

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 » L'attaque du train postal Glasgow-Londres en 1963

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Le lieu du braquage...

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Commentaires

Merci pour cet article, avec des journées pourries comme aujourd'hui, ton blog m'a bien occupé :-)

Écrit par : assurance auto en ligne | 15/02/2014

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