21/01/2014

Voie basse, césarienne ou utérus artificiel ? (I/II)

triplets.jpgLes anti-avortement ont donc pris les devants par derrière en exigeant que les mères involontaires (en devenir) payent désormais de leur poche l'élimination de leur blastocyste, embryon ou fœtus, sous-produits d'une fécondation qu'ils persistent à appeler « enfants ».

 Le peuple et les cantons ne devraient pas tarder à faire avorter leur initiative anti-IVG. Le spectre de l'obscurantisme sera ainsi écarté jusqu'au prochain harcèlement.


gynochair.pngS'il est un domaine où l'inégalité est criante entre l'homme et la femme et entre classes sociales, c'est bien celui de la procréation et de la gestation : l'accouchement par voie basse pour les pauvres émigrées analphabètes, la césarienne pour les femmes riches et instruites et pour le confort de leurs gynécologues-obstétriciens huppés.

Telle est la cruelle équation.

Et bientôt, on en aura terminé avec la pratique peu ragoutante de ces bébés qui persistent à vouloir stagner et se développer durant neuf mois (et onze jours:- ?) dans le corps de la femme et à jaillir par la petite porte quand ça leur chante : l'utérus artificiel sonne à la porte pour les délivrer de cette corvée à laquelle les hommes échappent encore. Nul doute que l'utérus artificiel – comme le cœur éponyme - deviendra aussi indispensable que la péridurale, une fois mis au point et agréé par la FDA et SWISSMEDIC. L'égalité entre les sexes sera enfin rétablie...sans intervention du somptuaire du Bureau de l'Egalité (!) que gave en vain la République et Canton de Genève.

Et nous nous gardons bien de plaisanter sur des sujets de société aussi importants.

Laissons donc le sujet de l'accouchement par voie basse aux moins loties pour aborder celui de la césarienne.

sonntagszeitunglogo.gifOn apprend par la SonntagsZeitung qu'un bébé sur deux dans la région zuricoise huppée de la Goldene Küste vient au monde par césarienne. La palme suisse de cette pratique en revient à la Commune de Kilchberg/am See (ZH) : 48, 06 % ! Ses 7600 habitants y déclarent une fortune moyenne de CHF 1, 2 millions. A l'opposé, la commune rurale de La Sorne (JU) est la lanterne rouge du pays avec un taux de 13,7%.

Les grandes bourgeoises des beaux-quartiers seraient-elles too posh to push ? (Trop chic pour pousser ?)

Une sage-femme des beaux-qartiers remarque : «  Nous avons ici nombre de riches femmes de banquiers, souvent des Américaines, qui exigent de fixer une date d'accouchement fixe, à inscrire dans leur agenda . »

femmeagenda.jpg

A la procréation planifiée, on vient d'ajouter l'accouchement planifié. Comme un rendez-vous chez le coiffeur pour un « brushing ». Ou l'achat d'un chiot de race, de haute lignée.

Ceux des gynéco-obstétriciens adeptes de la césarienne plaident leur cause de cette manière : «  La naissance naturelle sans complications dépend de l'humeur de la Nature. En revanche, on peut pratiquement garantir le succès d'une césarienne ».

- C'est un discours manipulatoire ! protestent les sages-femmes dont les services sont meilleur marché.

Le gynécologue Michael Singer écrit sur son site Web : «Beaucoup de femmes tombent enceintes à un âge plus avancé ; elles ont tendance à présenter des problèmes médicaux tels qu'une tension sanguine plus élevée, un diabète de grossesse : leurs bébés sont plus lourds ». La crainte de la douleur serait aussi une indication médicale reconnue pour la césarienne.

doc-money-300x200.jpgEnfin, celles des femmes qui bénéficiaient d'une assurance privée en 2010 représentent 41,6 % de taux de césarienne alors que celles qui n'ont qu'une assurance de base de la LAMAL ne représentent que 30, 8 %. Il faut savoir qu'une césarienne coûte CHF 9900.- alors qu'un accouchement par voie basse ne coûte que CHF 6'200.-, selon les chiffres publiés par l'Office fédéral de la santé (OFSP).

Il est indéniable que le taux de césariennes en Suisse est plus élevé par rapport à la norme internationale. Dans les pays de l'OCDE, ce taux s'élevait en 2009 à 25, 8 %. Il atteignait 32, 4 % en Suisse. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un taux moyen de 10 % à 15 %. Il s'est donc pratiqué 10'000 césariennes « pas nécessaires » en Suisse en 2008.

Dix mille césariennes de trop à neuf mille francs la pièce, cela représente quatre-vingt dix millions de francs. Soit beaucoup plus que les quinze à vingt millions de francs que les anti-IVG veulent faire payer aux candidates à l'IVG, exclues des prestations de la LAMAL sur la base de l'argument sordide du coût invoqué par leur initiative populaire fédérale.

Prochainement : L'utérus artificiel "pour toutes" !

 

NB : La présidente de l'UDC-Genève, Céline Amaudruz, cons.nat.(UDC/GE) (photo), en dissidence de l'UDC nationale, milite contre l'initiative des anti-IVG.

Cette bienvenue dissidence mérite tous nos applaudissements !

 celineglasses.jpg



 BRAVO et MERCI , Céline !


 

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Commentaires

En langage courant, une femme ne dit pas qu'elle attend un blastocyte ou un embryon, elle dit qu'elle attend un bébé. L'IVG, au départ, en Suisse, décriminalisation de l'avortement, ne présentait pas l'IVG comme allant de soi L'IVG ne devait intervenir que lorsque la situation se présentant était telle qu'il n'y avait pas d'autre issue... mais il ne s'agissait en aucun cas d'une "démarche anodine indiscutablement sans séquelles"... La volonté et mise en garde des militantes est-elle respectée? Combien de femmes enceintes découvrent-elles soudain! devant le gynéco... ce qui était leur réalité AVANT le rapport fécondant?! Mais si nous contestions, dorénavant, ce que nous voulons ou ne voulons plus assumer des frais médicaux de la LAMAL où nous arrêterions-nous?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/01/2014

A l'Assemblée Nationale, en France, aujourd-hui même, la ministre Mme Marie Sol Touraine redisait le droit des femmes à se faire avorter "sans avoir rien à justifier", soit, mais la contraception n'a-t-elle pas évacué l'aspect "fatalité" des grossesses? Qu'en est-il des recherches permettant de mettre au point un test indiquant les jours du mois où les femmes, individuellement, s'entend, en cas de rapports, risquent la grossesse (exactement,seraient ces tests, comme existent depuis longtemps les tests concernant l'éventualité d'une grossesse)?

Écrit par : Dekoriacis | 21/01/2014

@Jaw Merci pour cet excellent article qui traite d'un sujet sérieux avec humour et il en faut sinon on sera tous criblés de rides d'ici la fin de l'année
Toute belle soirée pour Vous
Madame Belakovsky,les termes utilisés par Monsieur Jacques -André Widmer au sujet des embryons sont encore polis face au terme *Déchets de guerre* qui a été utilisé très souvent à l'égard de notre génération . Et pas un n'en a fait un drame ,bien au contraire ça a stimulé même l'envie à tous de montrer à qui de droit ce que des déchets humains seraient capables d'obtenir grâce à leur force de caractère :Avocat,Assistants Sociaux,Soignants ,Journalistes etc

Écrit par : lovsmeralda | 21/01/2014

Bonsoir, Monsieur,
Voici comment on parle d'un foetus de 9 semaines.

http://www.journaldesfemmes.com/maman/grossesse/grossesse-mois-par-mois/3-mois-de-grossesse.shtml

Vous voyez qu'on est loin du haricot auquel vous semblez penser en évoquant un être humain que l'on veut avorter: on veut l'avorter, c'est un haricot, on le désire, c'est un bébé...vous ne voyez pas l'hypocrisie?
Personne ne dirait à une maman à la première échographie "ce n'est pas un bébé"....sauf si elle veut avorter, et là, on lui conseille de ne pas regarder ce petit être tout à fait vivant qui gigote sur l'écran de l'échographie....
Un foetus n'est pas quelque chose; c'est quelqu'un.

Écrit par : pffffffff | 21/01/2014

Madame Lovsmeralda, ai-je reproché quoi que ce soit à Jacques-André Widmer ou commenté simplement ce que je lisais? Une femme qui se découvre enceinte appuie sa main é hauteur stomacale qui, parlant yoga, par exemple, désigne l'un des corps qui nous constituent, le corps mental, lequel recouvre l'ensemble de nos fonctions psychiques...tout se "tenan"t en nous psychique comme affectif. Ecrit par pffffffff: "Un foetus n'est pas quelque chose, c'est quelqu'un": une connaissance, névrosée, obtint sans problème l'accord de son gynéco pour avorter. Rentrant chez elle, une semaine pour réfléchir, la nuit elle rêve... elle entend une petite voix, comme du cristal, qui demande à vivre...Puis elle voit le visage d'un poupon... se réveille et pleure. L'époux s'éveille, demande ce qui se passe elle lui dit ce qui vient d'arriver... En ce cas, décide l'époux, pas d'avortement. Naissance du bébé par accouchement violent quoique sans problème provoqué pour cause de retard. La mére dort à moitié lorsqu'on lui présente son enfant encore rattaché à elle par le cordon ombilical... éprouve un frisson sans pouvoir dire pourquoi mais un peu plus tatd le visage du poupon ex foetus, ex embryon, ex blastocyte, le visage du poupon est celui du rêve (à un mois de grossesse, donc, en fait "impossible", et pourtant...) pffffffff n'est peut-être pas à la mode, pas "tendance" mais il/elle a raison. En poursuivant ainsi on peut dire, Madame lovsmeralda que si la mère de Dinu Lipatti avait avorté, votre maman n'aurait pas connu ce pianiste tant admiré mais que si la même maman avait pratiqué une forme de contraception d'alors, Lipatti ne serait pas né non plus... Le sujet de la votation est de savoir si, désormais, nous allons décider de ce que la LAMAL remboursera, ou non, à notre prochain...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 22/01/2014

@pfffffff, relativisez un peu y'a tout de même pas péril en la demeure excepté peut-être chez certaines féministes ou membres de la Secte des Matriciens rêvant de sages femmes à domiciles plutôt qu'en maternité
on ne va tout de même pas chipoter sur des termes auxquels on peut ajouter, le fameux *pépin de pomme* diraient des femmes de 1914

Écrit par : lovsmeralda | 22/01/2014

@myriam Belakovsky: Oui, les rêves prémonitoires, cela existe bel et bien. J'en ai fait un très frappant une seule et unique fois dans ma vie. Je le raconte en détails - ainsi que bien d'autres phénomènes prodigieux pas (encore?) expliqués par la Science - dans les deux tomes de mon opus, sous forme d'e-book: "On m'a volé mon ego - Récit d'une abomination vécue et vaincue":

Ca se trouve ici et on peut le télécharger, à très bon compte:

http://tinyurl.com/oqr96ss

Je vous quitte car je vais terminer la seconde partie de "Voie basse, césarienne ou utérus artificiel ?" Je ne doute pas que mon texte fasse chauffer les claviers des commentatrices...

Écrit par : jaw | 22/01/2014

jaw, merci. Ce que j'ai raconté est ma propre histoire, la naissance de mon troisième enfant. Ensuite, dix ans plus tard, nous avons perdu le second enfant, seize ans. Lorsque le troisième enfant, celui de mon récit, trouvait sa mère un peu égarée, par le chagrin, il saisissait une balle de tennis et la forçait sa mère à recevoir puis à relancer la balle, après quoi il l'entraînait dans un tea room proche manger des canapés (adorés du fils comme de la mère) "plus"! une énorme coupe Danemark (de quoi maigrir)! Les choses se tassèrent, si on veut bien ne pas égratigner son mal quoique le chagrin demeure à toujours, et Jean retrouva ses copains/ines habituels... Comme s'il s'était dit, en ces jours tragiques, "tu as sauvé ma vie, je protège la tienne"! Votre "on m'a volé mon ego" sera téléchargé.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/01/2014

@jaw. Après avoir écrit les lignes de ce matin, j'ai cherché sur Google infos sur vos livres et ce que j'ai découvert m'a saisie car, dès 1969, ce qui est pour vous "médecin dévoyé" en mon expérience (touche aux mêmes domaines) un médecin incarne en un premier temps, pour le dire ainsi Dr Jekyll, puis, Mr Hyde. Même itinéraire, en plus réduit, que ce dont vous témoignez... Je vous communique mon mail (l'histoire de ces deux médecins me troublant au plus haut point) lindaelisabeth387@gmail.com

si cela vous donne à penser qu'il y a point commun entre ces deux témoignages, le mien oral, pour l'instant bien qu'écrit parfois en privé depuis... "1969"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/01/2014

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