23/01/2014

Pour en finir avec l'accouchement : l'utérus artificiel ! (II/II)

ectogenèse.jpgLa mauvaise habitude contractée au fil des siècles consistant à laisser pousser son bébé dans son ventre durant neuf mois jusqu'à son entrée ou son expulsion au forceps ou au bistouri dans notre monde, a bien des chances d'être éradiquée grâce à l'avènement de l'utérus artificiel. La technologie de l'ectogenèse n'est certes pas encore au point et le liquide amniotique artificiel mérite encore quelques améliorations avant que l'utérus artificiel pour toutes n'inaugure l'ère de la foeto-culture, hygiénique, sûre, sans douleurs ni flonflons.


ectogenèse.jpgFini ce jour-là, le spectacle de femmes gravides exhibant fièrement dans l'espace public leurs entrailles gonflées par le produit de leurs amours pas toujours licites. Révolues les coûteuses séances ludiques d'échographies ultrasoniques pour contempler avec ravissement extatique, la maturation des gamètes, blastocystes, embryons et autres fœtus larvaires. Oublié le coûteux « suivi » des blouses blanches irradiant les ventres bombés de flux d'ultra-sons en promenant leurs sondes graisseuses sur la peau de ces dames qui en redemandent. Adieu aux accouchements inopinés dans les taxis ! Adieu aux « eaux » qui s'échappent avant terme ! Que vont devenir nos armées de gynécos, sages-femmes et péri-natalistes une fois privées de ce singulier labeur ? L'allaitement naturel est déjà en voie de disparition. Le chemin vers l’ectogenèse est déjà à moitié parcouru.

pregnantsmoker.jpgJ'entends d'ici les clameurs stridentes des femmes gravides regrettant l'époque où, dans l'attente de leur « congé maternité », elles avaient tout loisir d'exhiber leurs chairs et la chair de leur chair dans ces confortables fauteuils gynécologiques où, mieux encore, dans les salles d'opération en attendant leur césarienne de luxe, planifiée au jour et à l'heure près. Il suffit actuellement aux futures mères de produire leur abonnement forfaitaire à la LAMAL pour être aux petits soins alors que les valeureuses Africaines, dans leur pathétique solitude, vous pondent des jumeaux au pied d'un palmier sans la moindre plainte. Sans prélèvement de liquide amniotique préalable. Et sans dépression post-partum.

poupee-russe.jpgL’ectogenèse entrée dans les mœurs, on ne verra plus de femmes protubérantes bousculer le quidam dans nos trams et autobus bondés, accrochées au landau de leur dernière ponte en date. Plus question désormais de se soustraire aux exigences du progrès scientifique : l'utérus artificiel est sur le point de libérer la femme de sa douloureuse et pathétique corvée. Les poupées russes, et leur cortège d'effets secondaires c'en sera TER-MI-Né ! Les gynéco-obstétriciens, les sages-femmes, la respiration haletante du chiot pour éviter les douleurs de l'enfantement, les échographies à gogo, les péridurales, les naissances prématurées sont déjà de vieilles lunes. Le chemin était à vrai dire déjà à moitié accompli avec les couveuses pour avortons de 500 grammes - ou plus chétifs encore - que l'on condamnait à survivre alors qu'ils n'avaient nullement exigé de vivre pas plus que d'être expulsés avant terme du corps de leur mère.

faire-du-sport-enceinte.jpgDésormais, les blastocystes, embryons et fœtus humain cesseront d'être soumis au cruel ballottement dans le ventre de mères joggeuses, championnes de karaté ou de nordic walking : ils se développeront en toute quiétude en laboratoire, dans le confort d'utérus artificiels, sous la surveillance constante d'ordinateurs garants de l'homéostasie du milieu placentaire artificiel. Et en musique s'ils l'apprécient ! Les nutriments assurant leur croissance harmonieuse seront dispensés au microgramme près dans un milieu à pH et température constants. Madame pourra enfin s'éclater au tennis ou sur les pistes de ski pendant que son bébé grandira, bien protégé des caprices sportifs de leurs mères, au laboratoire agréé par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Oui, la bébé-culture est à nos portes !

L’Économie en bénéficiera à coup sûr. En outre, l'égalité intégrale avec l'homme sera ainsi enfin établie, même si la conception par la méthode naturelle, elle, fondée sur un vulgaire instinct séculaire relevant de la pure animalité, risque d'être encore longtemps pratiquée par des couples « récalcitrants » au progrès.

bebe-eprouvette.pngElles ont voulu des bébés « in vitro », de la procréation médicalement assistée (PMA) des FIV (fécondation in vitro), des FIVETTE (« fécondation in vitro et transfert d'embryon ») , des « mères porteuses » et je ne sais encore quel autre artifice pour venir gonfler les effectifs du genre humain, pourtant peu menacé de disparition.

En attendant le clonage humain, nos femmes se retrouvent face aux choix de l’ectogenèse pimentée d'une pointe d'eugénisme. L'eugénisme ? Pfoui, c'est le concept de Huxley dans Le Meilleur des Mondes, c'est le barbare Lebensborn du IIIe Reich se récrie en chœur la bien-pensance, moue de dégoût à l'appui !

Et pourtant, du stade de l'interdiction absolue du diagnostic pré-implantatoire lors de FIV, la Suisse en est arrivée à admettre la détection préventive des trisomiques et l'interruption de leur gestation, ad libitum. Prévenir et empêcher par compassion la naissance de spécimens humains tératologiques ou gravement déficients, est-ce bien différent que de s'efforcer de produire nos futurs bébés « alpha » cultivés en utérus artificiels ?

Et si Madame, propriétaire de son foetus, décide de s'en séparer en cours de route, rien de plus simple que de déconnecter son utérus artificiel par un clic sur son "smartphone". Sans l'avis ni le concours d'éthiciens, de blouses blanches ou de gens d'église. Ceux-là en seront enfin réduits à s'occuper de leurs oignons et plus des saintes entrailles de Marie ou des Marie-couche-toi-là.

Quelles que soient les avancées technologiques inexorables qui nous rapprochent de l'utérus artificiel pour toutes, une habitude combien plus menaçante pour l'humanité tout entière, bien ancrée dans la conscience humaine collective, est loin d'être éradiquée : c'est l'obsession illusoire pour chaque couple ou chaque femme seule de créer – comme les dieux - un « être à son image ».Or il ne s'agit nullement de créer quoi que ce soit mais bien de reproduire. Pas de quoi  se rengorger !

Quel dérisoire stratagème pour tenter d'oublier sa condition de mortel !

Sept milliards d'individus – pas tous réussis et accomplis – n'est-ce pas suffisant pour la survie du genre humain ?

Ne serait-il pas grand temps qu'après la régulation autoritaire des flux financiers et celui de la « libre circulation » des humains à la surface de leur bocal sphérique, le mouvement brownien se calmât ?

Il y a belle lurette que la copulation a été découplée de la génitalité. Ouf !

Il est grand temps que la gestation et l'accouchement soient "externalisés".

Les « mères machines » de l’ectogenèse vont maintenant imiter la Nature et libérer nos femmes d'un asservissement millénaire, leur permettant enfin de se livrer – comme l'homme - à des tâches plus nobles que celle de la gestation et de l'enfantement. Les femmes auront ainsi  cessé d'être de banals bouillons de culture ambulants améliorés.

Nul doute qu'elles vont toutes applaudir à l'idée de cette perspective. (jaw)

uterusartifcoverfront.jpg

 uterusartquatriemedecouv.jpg

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Commentaires

@JAW magnifique excellent tellement révélateur d'un monde qui vit dans la peur mais qui n'hésite pas à se détruire lui-même .Ce livre est réaliste surtout quand on sait les nombreux bambins qui sont déjà devant l'ordi dès l'âge de trois ans et sans surveillance parentale
En 2002 déjà les plus audacieux parlaient d'un cursus universitaire dès la naissance on pourra y ajouter rejetons prêts à la copulation dès la 9me semaine .
Fiction oui mais quand on entend les scientifiques et leur envie de robots même pour vous accompagner en fin de vie,les plus jeunes doivent s'attendre à tout,nous on sera déjà parti sur la fusée *mondes invisibles * et c'est tant mieux parceque rien que d'imaginer un monde de clones et savoir que tous ceux nés du même père refusent de travailler,ceux qui aiment poser des caméras seront servis car ,ce sera l'unique moyen de les y obliger ,pauvre humanité
Dès demain je le commande en librairie chez Payot ,amours de na jeunesse, on ne se refait pas/rire
Toute belle soirée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 23/01/2014

Trop bien, votre article! Quelle verve! Bravo!

Écrit par : vieuxschnock | 23/01/2014

Oh my God.... pardon, j'en ai perdu mon français du coup, j'ai cru au début que vous étiez sérieux :-)

Écrit par : Jmemêledetout | 23/01/2014

une question taraude mon bocal cérébral qu'en est-il des embryons pré organisés grâce à la méthode Ogino? pensez aux tressaillements et colères de ces ovules ainsi secouées par des bip bip électroniques.les anciens thermomètres n'émettant aucun bruit ,il serait intéressant de savoir ce qu'il est advenu des embryons ayant été conçus de suite par cette manière super sophistiquée ne laissant aucune chance au hasard ,ceci expliquerait peut-être bien des comportements actuels.Comme celui de nombreux jeunes en politique pleurant misères à l'année
On sait des aliments recomposés,pourquoi n'en serait-il pas de même grâce aux biologistes Frankenstein dans le domaine des embryons,alors humains de demain restez sur vos gardes ,on est jamais assez prudent dirait l'oncle Charles

Écrit par : lovsmeralda | 24/01/2014

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