07/05/2015

Suicidants : un peu de tenue SVP !

charlotte_suicide_hood1.jpgAu pays du « propre en ordre », du « tout réglementaire », une liberté résiduelle fondamentale subsiste : celle de se suicider.

Il faut s'en réjouir.

Jadis, au Royaume-Uni, le suicide était considéré comme un crime commis contre la société tout entière. Il était théoriquement passible... de la peine de mort !


charlotte_suicide_hood1.jpgL'acte d'autodestruction se décline pourtant sous mille formes et relève d'une foule de motivations diverses, des plus légitimes aux plus capricieuses. Du coup de blues de l'amant éconduit au désespoir du banquier ruiné, la panoplie des motifs est vaste tout comme l'est le choix des moyens.

Pour ce qui est de la légitimité de cet acte sans retour à la case précédente, seul son auteur en est le juge suprême, n'en déplaise aux préventologues de tout poil qui souhaiteraient éradiquer ce qu'ils considèrent comme un fléau social. D'autres, qui n'ont pas demandé à naître, considèrent pourtant cette porte de sortie comme une aubaine...

Nul n'a pourtant pourtant convoqué ces sauveurs au petit pied à cette mission salvatrice.

Néanmoins, pour le respect du matériel ferroviaire et celui des cheminots, la fâcheuse habitude de de se jeter sous les roues d'une locomotive roulant à pleine vapeur n'est pas la bonne solution. Au chapitre des mauvaises manières, on ne saurait faire mieux !

Dans ce cas, elle est surtout violente pour les autres, ceux qui seront contraints de plonger leur nez dans les amas de chairs déchiquetées par le passage meurtrier d'un express.

Il existe bien d'autres solutions. J'en connais de plus élégantes, tout aussi efficaces et n'impliquant pas de tiers innocents.

Le suicide étant par essence le produit d'une décision personnelle, il importe que des tiers, parfaitement étrangers à cet acte, ne soient pas mêlés de loin ou de près à sa commission.

Dans ce domaine aussi, les incivilités doivent être évitées.

Plutôt que de vouloir repérer les « personnalités fragiles » qui errent dans les gares et aux abords des voies – comme le proposent naïvement les CFF – mieux vaut proposer des solutions «  propres et indolores » aux suicidants.

À cet égard, l'ouvrage controversé « Suicide, Mode d'emploi » demeure un classique.

Suicide mode d’emploi, voici les nouvelles recettes...

En ce qui concerne les personnes frappées de maladies génératrices de douleurs insupportables ou de maux incurables, je recommanderais chaleureusement de rédiger des « directives anticipées » , en version FMH courte ou longue et de les déposer dans un Hôpital public, avec copie à votre médecin de famille.

 Auparavant, il vaut mieux connaître la philosophie dudit médecin de famille et s'assurer qu'il n'est pas hostile, par exemple, à la pratique bienvenue de la  « sédation profonde »... et irréversible.

Avant de se déterminer pour l'irrémédiable, mieux vaut dialoguer avec soi-même que de passer à l'acte sur un coup de tête. Pour cela, je recommande chaleureusement à chaque candidat(e) à sa propre fin, de rédiger un texte expliquant à soi-même en détail les motifs de sa propre détermination.

Cet exercice n'est pas anodin.

Je le sais par expérience : actuellement, je compile un CD comprenant des textes et musiques d'une candidate à sa propre fin anticipée, frappée qu'elle est de plusieurs maladies graves incurables.

L'opus est destiné à être diffusé lors d'une cérémonie d'adieux.

Or, parler de la mort imminente, prévue d'ici une année, d''une personne qui nous est chère, renvoie forcément à l'idée de sa propre mort.

Il semble que plus on en parle, mieux on s'accommode de cette perspective vertigineuse.

Comme je faisais remarquer à "ma suicidante ", que Calvin préconisait de ne plus présenter les cercueils dans les églises, j'ai eu droit à une vive réplique:

- Mais il faut tout de même que je sois dans mon cercueil pour mes amis venus assister à la cérémonie :-)  !

(Eclat de rire !)

 Le suicidant qui répugnerait à solliciter les services payants et du bon vouloir d'EXIT ou de DIGNITAS (pour ne pas dépendre d'autrui), peut recourir à une méthode «  Do it yourself »éprouvée, sans perturber la circulation sur notre réseau ferroviaire. Ni infliger le sale boulot de la récupération de vos restes répandus sur le ballast.

suicidemodemploi.jpg

 

 A la réflexion, le suicide est un art consommé qui s'apprend.

 À défaut de pouvoir y renoncer, mieux vaut donc s'y prendre correctement et hygiéniquement.

Sans emmerder nos cheminots, la police, les juges d'instruction et les pendulaires de nos chemin de fer.

Suicidants: un peu de tenue svp !

(jaw)

 

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Commentaires

Monsieur Widmer vous n'avez pas tout tort mais le suicidé rarement prendra la temps de réfléchir à ce qui très souvent est une pulsion mortelle
Excepté pour les suicidaires de nature qui ont vraiment besoin d'aide et qui pour x raisons comme dans les années 50 ou la mode du suicide au gaz était courante ,l'aide en ces temps là n'existait pas les gens avaient d'autres chats à fouetter et pensaient que c'était une lubie et que ça passerait tout seul
Parcontre je suis pour Exit.Si certains veulent mourir en toute dignité c'est un choix personnel
Choix dont je me suis désistée car ayant signer en plein deuil .Chose qui n'était pas à faire à cette période là .Mais quand on vient de vivre 12 ans consécutifs de deuils se suivant comme des chevaux pressés de rentrer à l'écurie et qu'en plus on vous en apprend un lié aux camps de la mort,pourquoi alors penser qu'on survivra !
En plus encore sous traitement hormonal auquel je mis fin après 25 ans de bons et loyaux service de mes fesses à la médecine c'est alors que mon cerveau commença à me jouer des tours
Ces hormones avaient été testées à Auschwitz et mon esprit me dit,t'avais déjà signer ton arrêt de mort pourquoi signer encore ?
Puis le destin pour me faire prendre en main ma propre vie car devenue muette à vie et d'une parfaite soumission à tout ,je commençai à entrevoir un panier de complications dont seul le veuvage possède sa propre logique puisque chaque veuvage est vécu différemment
Seul mon médecin adepte des poids en dessous de la norme était satisfait avec mes 40 kilogs pour plus d'un métre septante
Mes dents tombaient toutes seules bref une panoplie d'emm... contrecoups du refus de poursuivre ce traitement hormonal et bizarrement plus je me déglinguais plus j'ai eu envie de me battre afin de résoudre tous les problèmes qui se sont abattus sur moi ces 12 dernières années
J'ai retrouvé des gens connus lors de mon enfance ,j'ai refais le chemin à l'envers afin de connaitre qui j'étais vraiment et je n'ai mais alors plus du tout envie de mourir
Comme quoi quand l'esprit de la personne seule se laisse happer par certaines modes il vaut mieux prendre son temps de bien réfléchir avant de signer une fin de vie que votre cerveau lui n'a pas encore approuvé
De toutes manières je n'avais que lui pour discuter en étant enfant et j'ai dû lui faire comprendre en tout premier qu'il n'avait plus besoin de sa dose d'hormones mensuelles pour bien se porter surtout qu'elles étaient sources de déprimes et quand on se trouve face à un mur de responsabilités ,il n'y a qu'une solution ,on prend sa vie en main .Le combat entre lui et moi a duré longtemps mais grâce aussi à certains blogs et à l'Armée qui toujours a été présente pour me soutenir je revis et dis merci à la Vie
Mais c'est comme pour tout,chacun est libre de ses choix .Et peut-être que si les gens prenaient plus de temps pour discuter avec leurs semblbbles sans toujours parler de leurs propres maux alors qu'ils sont en parfaite santé car c'est devenu une vraie manie ,peut-être qu'il y'aurait moins de suicides à déplorer
Car le déprimé attire tous les regards de gens qui eux nagent en plein bonheur bien que cette expression soit exagérée mais qui sentent de suite quel sujet retiendra l'attention de celui qui a besoin d'étre encouragé et non de s'appesantir sur leurs malheurs souvent inventés pour attirer l'attention d'autrui ce qui est malheureusement aussi très tendance et ce depuis longtemps
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 08/05/2015

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