18/07/2015

Picorer la prose et savourer le chemin parcouru d'un vagabond sublime (III)

drjeanmartin.JPGL'homophobie, oui, est passée de mode au même titre que les commissaires du théâtre de boulevard débarquant à l'aube pour débusquer les couples illicites pratiquant joyeusement l'adultère. Et la masturbation a cessé de rendre sourds celles et ceux qui commettaient ce « péché ». L'avènement de « La Pilule » a donc a démocratisé la fornication entre adultes consentants et, dans la foulée, à titre d'effet secondaire bénéfique, légitimé l'homophilie. « Intéressant de penser au chemin parcouru »... note en termes galants Dr Jean Martin , « médecin engagé dans le monde » dans son livre « Prendre soin »..


homologo.jpg«  Dans les années 1980, un de mes collègues médecins cantonaux était prêt à recommander l'exclusion du corps enseignant d'une personne homosexuelle (indépendamment de tout acte discutable de sa part )», nous confie l'auteur.

Pas de quoi se rengorger pourtant quand on songe que « 77 pays (principalement en Afrique et au Moyen-Orient) condamnent encore les auteurs « d'actes homosexuels » à des peines plus ou moins importantes, allant jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité ou la peine de mort. »

« Les relations sexuelles et les relations amoureuses entre hommes, sont passibles de peine de mort dans onze pays en 2015 : Afghanistan, Arabie Saoudite, Brunei, Émirats arabes unis, Iran, Mauritanie, Nigéria, Soudan, Somalie, Somaliland et Yémen. Ces législations sont effectivement appliquées. Elles sont également passibles de châtiments physiques, ainsi que de peines d'emprisonnements dans plus de 27 pays par le monde. »

 

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« L'homosexualité est illégale dans plus de 100 pays dans le monde, et les homosexuels s'exposent à des procès systématiques » (WIKIPEDIA).

La Suisse, à la réflexion, n'a renoncé à sa doxa homophobe que récemment :

 « Alors que vers 1990 des gays me demandaient d'appuyer leur demande de passage dans les classes pour parler d'homosexualité, j'avoue avoir dit que c'était imaginable dans l'avenir mais que, en l'état, cela me semblait illusoire », écrit Jean Martin, conscient « qu'il faudrait répondre, cas échéant, à des parents qui accuseraient un service officiel de pousser leur garçon vers la débauche. »

 « A la fin 2010, la qualité du changement m'a frappé en apprenant que les Départements de l'instruction publique de Genève et de Vaud avaient nommé une déléguée pour les questions d'homosexualité : en vingt ans, on a passé du silence gêné sur le sujet à l'engagement explicite des pouvoirs publics contre l'homophobie – souvent dans un cadre plus large des droits humains et de lutte contre toute discrimination, y compris raciste » se félicite l'auteur.

Le médecin-éthicien invoque aussi un  point majeur: « La reconnaissance, par la médecine notamment, de ce que pour l'essentiel l'homosexualité n'est pas un choix (même si les facteurs de contextes peuvent jouer un rôle dans des situations d'ambivalence). D'où le besoin de se distancier clairement des voix qui continueraient à prétendre qu'il s'agit d'une maladie ou d'un péché ! »

(...) « À relever enfin que, alors que la Suisse dispose avec l'article 261 bis du Code pénal d'une norme antiraciste, il n'existe pas de texte du même genre pour d'autres discriminations, notamment celle basée sur l'orientation sexuelle. »

Fort de cette constatation, je revendique à mon tour la levée de l'opprobre cultivée et encouragée aux dépens des fumeurs de tabac par des blouses blanches dévoyées dans une hystérie collective préventologique incurable, avec le concours d'un super prédateur : La Confédération helvétique, toutes griffes dehors et la main sur nos goussets.

Il est vrai qu'il y a toujours des parias en réserve à désigner à la vindicte publique pour mieux se donner l'illusion de sa propre vertu.

Avant les homophiles et leurs tonitruantes Gay Pride ostentatoires, la longue théorie de victimes expiatoires n'offrait déja que l'embarras du choix aux index vengeurs pointant vers des boucs-émissaire  de choix: les faiseuses d'anges, les avortées, les objecteurs de conscience, les fous du village, les prostituées, les mineures gravides surnommées filles-mères, les mal-pensants, les hérétiques et les …dissidents:-) !

Le Moloch, gardien de l'ordre social insatiable, exige encore et toujours son content de victimes sacrificielles. (jaw)

 

» Rencontre avec Lord Arran, qui fit décriminaliser l'homsexualité en Grande Bretagne en 1966

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Picorer et ...exploiter la prose d'un vagabond sublime... (II)

Picorer et savourer la prose d'un vagabond sublime... (I)

 

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Commentaires

Monsieur Widmer le paragraphe sur le Moloch est génial on comprend mieux l'engouement de nombreux élus qui ont fleuri notre commune de ces surveillant de l'ordre Social et qui en effet à être trop souvent et durablement nourrit régurgitent par certains jours des sacs poubelles
Cependant je tiens aussi à vous remercier grâce à certains de vos articles j'ai appris qu'un dossier épais m'attendait afin de me délivrer une fois pour toutes de soupçons bien réels entourant mon passé
Je comprends mieux les raisons de dossiers manuscrits de la part d'un ancien généraliste qui savait tout et qui ont été brûlés par son remplaçant ,hélas car plus on cherche à cacher des choses importantes à un enfant plus le cerveau s'activera pour ne jamais oublier les dates importantes, un cerveau humain en tous cas le mien déteste la forfaiture
Qui malgré tout peut être un merveilleux coupe faim surtout quand la vérité éclate enfin ce qui permet aussi d'envisager la religion sous un autre jour
Jésus encore vivant pourrait dire, ah ces pharisiens toujours les mêmes, ils ne changeront jamais
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 20/07/2015

voilà. Je suis arrivé au bout. Enfin presque... Je me ferai le petit voyage touristique de la fin plus tard.
Le même sentiment de frustration évoqué précédemment subsiste. Je reste sur ma faim.
Je pense n'avoir encore pas lu d'ouvrage avec autant de points d'interrogation.
Vous m'objecterez qu'un éthicien n'a pas vocation de débiter ses convictions et qu'au contraire il doive faire preuve d'un minimum de retenue. Surtout lorsqu'il fut, durant si longtemps, médecin cantonal.
Oui, mais... au final qu'est-ce qui reste ? Des citations, des références, des questionnements et des évidences.

Soit Monsieur Martin parle à des initiés et là il nous prend pour des cons. Soit il parle à des novices, susceptibles de tirer quelque enseignement de son expérience et là il est bien trop pointu et abstrait.

Bref, je me suis terriblement ennuyé à cette lecture qui ne m'a rien appris et qui me permet de mesurer le chemin à parcourir pour que ces principes de bon sens premier s'engrainent dans les esprits de nos décideurs.
Mais ils ne liront jamais ce livre.

Écrit par : Pierre Jenni | 21/07/2015

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