06/03/2016

Députée genevoise chassée pour avoir été élue !

Meissner-Christina-e1404379297600.jpgLa section genevoise de l'UDC vient de commettre un impair de taille en chassant de ses rangs Christina Meissner, députée au Grand Conseil. Son crime ? Avoir accepté d'être élue contre toute attente, au Bureau de cette institution, alors que son Parti avait rêvé d'y imposer un autre candidat de valeur, lui aussi, Patrick Lussi. L'exclue n'a même pas pu exercer son droit d'être entendue avant d'être frappée de bannissement ! Elle ne pourra donc plus siéger dans les commissions suivantes : aménagement du canton, environnement et de l’agriculture, des grâces. Le Grand conseil se trouve donc affaibli et bafoué ainsi que le peuple lui-même qui avait choisi cette députée au suffrage universel, l'une des meilleures et les plus en vue de la République et Canton de Genève. Ce faisant, l' UDC genevoise a donc oublié qu'il n'est pas le seul à faire la loi. Les partis politiques proposent: le Grand conseil dispose.


kickout.jpgCe n'est pas la première fois qu'un tel Kriegspiel est mis en œuvre au Législatif de notre canton. En l'occurrence, c'est l'extrême gauche qui a joué ce mauvais tour tant à l'UDC qu'à l'élue sauvage. En d'autres occasions, jadis, le défunt Parti du travail protestait véhémentement quand la mauvaise habitude du tournus n'était pas respectée. La capacité de nuisance pour perturber ledit tournus est pratiquée par tous les partis dans l'hémicycle.

Il est grand temps que cette facétie liberticide soit à son tour abolie et zappée.

S'il est légitime, en effet, que les Partis distribuent des mots d'ordre et des consignes de vote à leurs élus, il n'en est pas moins choquant que lesdits élus soient punis lorsqu'ils ne respectent pas les ordres de leur chef de groupe et autres Chief whips. La conscience et l'intelligence sont comme les brosses à dents: personnelles et non collectives.

Il arrive en effet que, pour des raisons de conscience, certains dissidents se hasardent à s'abstenir lors de votes critique ou même à s'opposer aux mots d'ordre qu'ils ne pourraient suivre sans se trahir eux-mêmes.

Cette liberté de vote est d'ailleurs consacrée dans la Constitution fédérale :

  Art. 161 Interdiction des mandats impératifs

1 Les membres de l'Assemblée fédérale votent sans instructions.

Il serait donc grand temps, pour mettre un terme aux sordides combinazione des partis politiques, que le Grand conseil de Genève respecte, lui aussi, l'interdiction des mandats impératifs de son propre règlement. Ce serait là un moyen efficace pour consacrer expressis verbis l'entière souveraineté du Législatif sans oubiler celle du peuple, en amont...

C'en serait ainsi terminé des basses manœuvres florentines d'un chef de groupe, d'un clan ou d'un parti tout entier.

Certes, il conviendrait de prévoir des sanctions pour ceux qui, dans l'hémicycle, persisteraient à ne pas respecter l'interdiction des mandats impératifs.

Faudra-t-il lancer un projet de loi ou une modification constitutionnelle pour faire cesser le type d'abus dont Christina Meissner a été victime ?

Et si c'était la société civile qui lançait une pétition à l'adresse du Grand Conseil pour que celui-ci se penche sur ses propres avanies et intrigues florentines :-) ?

Quant à la députée exclue de l'UDC, elle siège (et papillonne) désormais à la vice-présidence du Grand conseil.

christina-papillon.jpg

Nul doute qu'elle sera chaleureusement accueillie à bras ouverts au sein d'un autre parti politique...

C'est d'ailleurs la deuxième fois qu'un parti genevois exclut une de ses députées : le cas choquant de Sandra Borgeaud (photo), elle aussi élue au Bureau du Grand Conseil, contrairement à la volonté de son parti (le MCG) est encore dans toutes les mémoires.

sandra borgeaud.jpg

Quant au candidat UDC évincé au profit de Christina Meissner, ce gentleman (photo) paraît doté d'assez de grandeur d'âme pour accepter la situation issue d'une provocation d'élus de l'extrême gauche.

lussi.jpg

Tous nos souhaits à Christina Meissner pour la suite de sa carrière politique ! Son martyre lui vaudra à coup sûr une brassée de suffrages supplémentaires ! (Elle a nos suffrages) (jaw)

 

 Dernières nouvelles...

Grand Conseil: Sanctionnée par son parti, la vice-présidente UDC du parlement reste membre de son parti
La députée Christina Meissner a été élue à la vice-présidence du parlement contre un candidat officiel de son parti. Exclue de son groupe, l’élue, silencieuse jusqu’ici, répond à nos questions.

Pourquoi avez-vous accepté votre élection à la vice-présidence contre un autre UDC?

> 6 mars 2016- TdG: "Les quatre vérités de Christina Meissner"

 

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Commentaires

Bof. Je suis surpris par votre coup de gueule. Auriez-vous encore quelque espoir venant de la chose publique et de l'engagement politique ?
Cela fait partie du jeu et ceux qui s'y collent en connaissent parfaitement les règles. Il faut se tanner le cuir.
D'ailleurs, je n'ai pas souvenir de vous avoir entendu lors de l'élection de Mme Schlumpf qui avait, me semble-t-il, suivi le même travers.
C'est tout le problème de la politique partisane qui est ici mise en relief.
A défaut de connaitre les candidats, nous votons pour des partis qui ne peuvent évidemment pas couvrir l'ensemble des sensibilités.
Mme Meissner en est une très bonne illustration puisque ses tendances écologiques sont au moins aussi fortes que celles qui l'ont incitée à rejoindre l'UDC.
Et puis l'UDC c'est quoi plus précisément ?
Je peine à comprendre comment ce parti gère ses deux ailes agrarienne et libérale qui sont pour le moins antinomiques.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/03/2016

Oui, oui, j'ai encore la faiblesse de croire en la "res publica" et dans l'engagement politique ! Tout est perfectible et je me félicite de l'existence - résiduelle- de notre démocratie helvétique, à nulle autre pareille.

On peut encore exercer nos droits populaires qui sont encore tolérés par l'Union européenne ... Je m'en félicite car ces libertés sont menacées par la mondialisation.

Quant à l'UDC et à ses troupes helvétissimes et agraires (depuis 1921) je me félicite qu'elle existe car c'est à elle, en grande partie, que nous avons échappé en 1992 à un Anschluss pur et simple à la mirifique et trompeuse Union européenne, d'origine occulte.

Quant à EWS, au motif qu'elle a livré tous nos employés de banque à l'IRS et au département américain de la justice, cette mauvaise action, à elle seule, aurait mérité qu'elle fût traduite en justice pour trahison, nonobstant le "droit d'urgence" invoqué pour légitimer son méfait.

Pour ce qui est des députés Patrick Lussi et Christina Meissner, au vu de leurs prestations télévisées, je les classe tous deux parmi l'élite de la députation actuelle au Grand conseil. L'exclusion de la députée "au papillon" me désole et je ne pense pas être le seul.

Écrit par : Jacques-André Widmer | 06/03/2016

Rien à redire, si ce n'est que vous ne répondez à aucune de mes remarques.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/03/2016

Comment mieux dire? Et merci de rappeler que les partis proposent, et que les électeurs comme leurs instances représentantes disposent démocratiquement sauf à retourner à des pratiques que l'on connaît ailleurs: la liste du parti ou rien, ou en transition démocratique: la liste compacte ou rien du tout!
Dire que des Etats en transition viennent prendre des leçons de liberté chez nous et découvrent le panachage, le latoisage, en l'occurence, un cocktail mixte! Hélas explosif, dommage...

Écrit par : Florence KB | 06/03/2016

BRAVO !

Écrit par : Roger | 10/05/2016

- « La section genevoise de l'UDC vient de commettre un impair de taille en chassant de ses rangs Christina Meissner, députée au Grand Conseil. »

"Chasser de ses rangs" ... c'est bien comme ... "exclure", non ?

Écrit par : Chuck Jones | 11/05/2016

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