01/04/2016

Les pseudo-branchies contre les détresses respiratoires

Le 1er avril 2016 - Nos hommes et nos femmes-grenouilles n'auront plus à s'encombrer de bouteilles d'air comprimé et mano-détendeurs et de discracieux tuyaux entremêlés comme de longs tentacules de pieuvres pour plonger dans les abysses : des branchies artificielles trton_main_905.jpg leur permettront de respirer sous l'eau à la manière des poissons ! On pourrait prendre cette information pour un hoax, surtout le jour du 1er avril et pourtant il s'agit là d'une découverte scientifique majeure qui peut se révéler aussi d'une grande efficacité pour soulager les asthmatiques en détresse respiratoire tels que les fumeurs récalcitrants et les sujets sensibles à la pollution de l'atmosphère.


trton_main_905.jpg « Développées par le chercheur coréen Jeabyun Yeon, des branchies artificielles baptisées « Triton » pourraient nous permettre de respirer sous l’eau comme si nous étions un poisson.

« Pour fonctionner, le respirateur Triton utilise une technologie qui permet de reproduire le fonctionnement des branchies, ces organes permettent aux animaux aquatiques de respirer en captant l’oxygène dissout dans l’eau. De la même manière, le respirateur extrait de l’oxygène sous l’eau à travers un filtre sous la forme d’une grille au niveau de la bouche. Elle est constituée d’un maillage extrêmement fin avec des trous plus petits que les molécules d’eau. De cette manière, seules les molécules d’oxygènes passent à l’intérieur du masque et permettent à son utilisateur de respirer librement sous l’eau pendant une longue période .

« De plus, le respirateur comprime l’oxygène avec un micro compresseur qui fonctionne à l’aide d’une micro batterie et le conserve dans un réservoir de stockage. Le prix et la date de sortie de l’appareil ne sont pas encore connus mais il pourrait faire le bonheur des plongeurs... »

mit.jpgInterrogé sur la faisabilité, la plausibilité et la fiabilité d'une telle invention, le professeur Froggy Digger, du Massachusetts Institute of Technology (MIT) calme l'enthousiasme général provoqué par l'annonce de cette invention d'allure révolutionnaire, fort applaudie dans le cercle de la plongée sous-marine :

- N'anticipons pas trop vite ! Ces branchies artificielles pour l'homme n'en sont qu'au stade du crowdfunding (recherche collective de fonds) et ne permettent pas encore de plonger au-delà de 5 m. de profondeur. En revanche, telles qu'elles sont décrites (sans être encore homologuées par la Food & Drug Adninistration), elles pourraient se révéler d'une efficacité sans pareille pour les asthmatiques, les personnes en détresse respiratoire, mineurs de fond, victimes de l'asbestose,  fumeurs récalcitrants et populations condamnées à vivre dans des villes hyper polluées, comme en Chine, par exemple.

Précédemment, des expériences analogues avaient été tentées in situ (en vain) sur des volontaires humains.

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Chez EcoTox de Genève, on se félicite de cette percée scientifique : les autorités cantonales seront ainsi dispensées de limiter la vitesse des automobiles et des camions à 80 km. à l'heure en cas de pointes toxiques de l'ozone dans le bassin lémanique... si l'OFROU donne son feu vert.

Un problème subsiste néanmoins : le port de telles branchies-artificielles dégage à l'air libre, via ses deux soupapes d'expiration, une grande quantité de micro-gouttes d'eau chargées de CO2 et de Nox et d'ozone (O3) dix fois plus importante que l'oxygène produit par l'osmose inverse nécessaire (sous catalyse extra-ionique homéostasiée) au fonctionnement du dispositif. La saturation gazeuse est obtenue sans qu'on ne connaisse encore les bilans chimique et énergétique par paires de branchies. Aucune donnée n'est disponible non plus quant à l'empreinte carbone.

- De ces inconvénients, l'inventeur ne souffle mot ! s'exclame, agacé par l'embrasement médiatique, le préposé à la pureté de l'air à Genève (qui ne souhaite pas être cité nommément).

Nous avons pris l'avis d'un autre spécialiste, Robert Ducret, ancien conseiller d'État de la République et Canton de Genève qui fut aussi actif dans les charbonnages du canton et exposé de ce fait à des myriades de particules fines) :

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- Je demande à voir de plus près vos branchies artificielles. C'est un poisson d'avril ?

Rassuré sur l'authenticité de l'invention, notre interlocuteur prudent et sceptique s'est exclamé:

- J'ai parfois de la peine à suivre le progrès technologique. Chaque jour, je m'aperçois que la réalité dépasse la fiction ! Mais vous constaterez que j'ai survécu sans ces branchies artificielles :-)

Mû par une saine curiosité, l'ancien magistrat a pourtant accepté de tester lesdites branchies dès que les autorités fédérales de Métrologie les auront homologuées après s'être assurées de leur innocuité.

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Aux HUG, le Département de la médecine hyperbare dispose de caissons pour remédier aux accidents de plongeurs qui n'auraient pas respecté les paliers de décompression. Les branchies artificielles « représentent un espoir », se borne-t-on prudemment à concéder tout en reconnaissant que les Tritons permettraient de gagner de la place...

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Saouli_Guillaume_Formel1.jpgDans le monde politique, seul le président du Parti Pirate Suisse (PPS), Guillaume Saouli, se hasarde à commenter la nouvelle technologie sur le ton de la boutade : « Pas d'objections ...sauf s'ils veulent rendre obligatoire le port de telles branchies sur nos plages publiques et taxer l'oxygène ainsi volé aux poissons  ! »

 

 

Les Verts, prennent cette innovation très au sérieux et fustigent "un gaspillage de ressources technologiques inutile" et " une honteuse prédation d'oxygène aux dépens des espèces de poissons nobles tels que la féra, la perche, l'omble chevalier, le brochet et la truite."

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Commentaires

Oui, oui… nos pseudos-branchies avaient à la fois un goût de vraisemblance et de poisson de saison:-) !

Nous espérons que Robert Ducret, ancien conseiller d'État de la République et Canton de Genève, ne nous en voudra pas d'avoir - fort brièvement- usurpé son identité et prêté des propos qu'il n'a jamais tenus sur ces mirifiques pseudo-branchies, pur produit d'une imagination qui ne manquait pas de souffle...

Il en va de même de la boutade du président du Parti Pirate Suisse (PPS), Guillaume Saouli, qui ne s'est jamais exprimé publiquement sur cette singulière invention...

Quant aux Verts, ils n'ont donc aucun souci à se faire pour la santé des « poissons nobles tels que la féra, la perche, l'omble chevalier, le brochet et la truite." Nul ne songe à les priver nos h^tes lacustres d'oxygène.

Le plus à plaindre, dans cette facétie, demeure le cobaye humain, pour ses vilaines et mutilantes cicatrices, à la suite d'une imprudente tentative de greffe de branchies in situ:-) !

Enfin et surtout, nous espérons que chacun aura apprécié le bruitage de glouglous qui accompagnaient la séquence...

Rendez-vous à l'année prochaine à la même date ! (Vous voici tous prévenus...)

Écrit par : jaw | 02/04/2016

@JAW on est plus à une invention près avec l'ethnopsychiatrie et l'anthropologie médicale il faut bien que la recherche gagne sinon à être reconnue , en tous cas à gagner des sous
Dommage que feu mon mari relié plus de trois ans à une pompe à oxygène ne puisse plus s'exprimer face à cette nouveauté qui elle permet de rire malgré tout
Il ne fumait presque pas mais souffrait d'une malformation de la cage thoracique alors tout mettre sur le dos de la fumée encore une fois c'est comme pour les critiques envers ceux qui mangent de la viande ,quand on veut dégouter et culpabiliser tous les moyens sont bons et le journaliste Claude Askolovitch dit exactement la même chose ce qui me rassure tout de même
Très bonne soirée pour Vous Monsieur Widmer

Écrit par : lovejoie | 03/04/2016

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