06/04/2016

Élues du peuple réduites au rang de proscrites : ça suffit !

kick.jpgGenève a beau s'enorgueillir de son singulier  Bureau officiel de l'Egalité, il n'en demeure pas moins que cette coûteuse facétie de l'Administration étonne par son silence assourdissant face à une pratique écœurante : l'expulsion, l'ostracisation et la stigmatisation d'élues au suffrage universel au Grand conseil. Au cours des dernières législatures, pas moins de trois élues appartenant à des partis différents ont été interdites de siéger en commissions sur le seul caprice de chefs de groupes, clans et minorités abonnées aux cabales... Cette honteuse pratique à fragrance misogyne doit cesser car elle équivaut à une atteinte grave à la souveraineté du Législatif cantonal et, pis encore, à la volonté du peuple. Démonstration...


kick.jpgQue vous soyez citoyen ou citoyenne, vous avez choisi soigneusement ceux et celles des candidat-e-s auquel-le-s vous souhaitez apporter vos suffrages lors de l'élection au Grand Conseil de Genève. Et vous pouvez parfois vous réjouir que votre candidat ou votre candidate ait été élu-e pour une durée de cinq années à notre Législatif cantonal...

Les résultats électoraux proclamés, les partis politiques, les groupes et les mouvements proposent chacun au Grand Conseil leurs candidat-e-s appelé-es à siéger dans les nombreuses commissions parlementaires de 15 membres chacune. Cette distribution des rôles ne donne que rarement lieu à des foires d'empoigne.

Il en va de même pour les élections au Bureau du Grand Conseil dont la distribution des  fonctions obéit à l' usage du tour de rôle annuel (tournus en parler vernaculaire). En général, les partis politiques s'entendent préalablement et sans heurts sur la répartition des rôles : président-e, vice-président-e , premier-e secrétaire, etc.

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Il suffit pourtant d'une paille dans ce dispositif d'acier pour déclencher des guerres intestines et des règlements de comptes sanglants ! Il arrive que l'extrême gauche sabote une candidature proposée au plenum par la droite libérale musclée ou l'inverse et voici la bonne entente apparente volant en éclats. Ledit sabotage peut même prendre une envergure de vendetta à la mode corse !

Et c'est pourtant au sein de telles commissions et au Bureau de ce corps constitué que les élu-e-s exercent l'essentiel de leur influence de manière prépondérante et non dans les séances plénières à grand spectacle ou, le plus souvent, les jeux sont déjà faits : on y avalise surtout les décisions prises en amont au sein des commissions. Les petits partis politiques n'ont droit qu'à un-e représentant-e dans chaque commission alors que les plus importants numériquement en ont deux ou trois.

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Or, pour castrer ou stériliser respectivement les élu-e-s et les exclure définitivement de ces commissions stratégiques ...et des Partis politiques, il suffit à un seul chef de groupe agissant par caprice punitif, lubie ou mouvement d'humeur, de décréter souverainement, que tel élu ou telle élue n'est plus admis-e par son parti à siéger dans les commissions !

L'expérience démontre que les causes à l' origine des expulsions sont futiles et vétilleuses: amour-propre d'un chef de groupe blessé,  accusations fallacieuses d'avoir ourdi des complots contre le Parti,  délit du vilain petit canard ou de sale gueule, jalousies et frustrations diverses...

On proscrit de tels dissident(e)s ou hérétiques des commissions parlementaires à défaut, pour la meute, de pouvoir les chasser de l'hémicycle (qui est d'ailleurs rectangulaire à Genève).

Les voies de recours – si elles existent et si elles sont appliquées raisonnablement– sont aléatoires pour les exclu-e-s des commissions ...et du Parti.X, Y ou Z.

Les exclu-e-s peuvent alors siéger dans leur costumes rétrécis d'indépendant(e)s. Encore heureux que ces député-e-s ne soient pas privé-e-s du droit de parole:-) !

Pour subir une telle avanie par exclusion, il suffit pourtant d'avoir déplu, ce qui est fréquent dans les paniers de crabes que sont les partis politiques:-)

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Cette situation est inadmissible car c'est la souveraineté du Grand Conseil et, par conséquent, celle du peuple est qui est avant tout et du même coup foulée aux pieds.

La députée que vous avez soutenue en est ainsi réduite à un rôle de figurant-e, voire de potiche !

Les élu-e-s ainsi privé-e-s d'accès aux commissions parlementaires car exclu-e-s du Parti, affaiblissent et amputent non seulement les partis eux-mêmes mais appauvrissent la formation de l'opinion publique au sein du Législatif. qui s'en trouve puni,  lui aussi.

À ce sinistre jeu, les plus autoritaires, les plus intolérants, les plus caractériels, les plus brailleurs l'emportent ! Souvent aux dépens des députées ...

L'électeur est ainsi floué : il a voté pour un candidat ou une candidate et les voici tous deux privés de la plus grande partie de leur influence !

Or c'est la pluralité des partis et la diversité des opinions contradictoires qui fait la richesse et la légitimité de la démocratie suisse et non le prêt-à-penser-juste collectif...

Ce sale petit jeu de sabotage entre Partis doit cesser.

Nul, sinon dans le Grand Conseil lui-même, conformément à son propre règlement, n'est habilité à prendre des sanctions - par caprice ou vengeance- contre les élu-e-s du peuple sous peine, lorsqu'il s'agit de politiciennes , de réduire leur statut au rang de méprisable faibles femmes, cibles  idéales proscrites, ostracisées et stigmatisées.

Je ne me hasarderais pas à écrire ce texte qui peut fâcher si pas moins de trois députées genevoises n'avaient été victimes de telles manœuvres capricieuses ou vengeresses lors de l'actuelle législature et de précédentes.

Il s'agit de Mmes Christina Meissner (UDC) (Législature 2013-2018)...

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...et de Magali Orsini (Ensemble à Gauche)  (Législature 2013-2018)

 

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...et de Sandra Borgeaud (MCG) (Législature 2005-2009)

 

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L'exclusion de ces trois députées a été imposée au mépris des Constitutions et législations suivantes :

Constitution genevoise -Art. 84 Indépendance

1 Les membres du Grand Conseil exercent librement leur mandat.

B 1 01: Loi portant règlement du Grand Conseil de la République et canton de Genève (LRGC)

Art. 23 Mandat impératif
Les députés ne peuvent être liés par des mandats impératifs.

Constitution fédérale Art. 161 Interdiction des mandats impératifs

1 Les membres de l'Assemblée fédérale votent sans instructions.

Les purges et proscriptions de député-e-s heurtent de front l'esprit et la lettre de la Constitution genevoise et de sa législation annexe sur l'exercice du mandat de député-e.

Il y aurait là matière à rédiger et à faire circuler une pétition visant à protéger la souveraineté du Grand Conseil et la volonté populaire.

À quelle autre autorité que le Grand conseil lui-même faudrait-il l'adresser pour que ces abus manifestes cessent  ?

Avant que de mobiliser les foules et solliciter des signatures auprès du corps électoral indigné, il convient donc de sonder l'opinion publique.

Nous allons commencer par ceux de nos proches avec lesquels nous entretenons des affinités électives. Ils sont, en général, de bon conseil...

A moins que les yeux de nos cent député-e-s ne se dessillent spontanément et que les plus clairvoyants d'entre eux n'apportent eux-mêmes des corrections à cet état de fait intolérable, cela  par les voies législatives de leur propre choix. (jaw)

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Commentaires

BRAVO!

Écrit par : Roger | 10/05/2016

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