05/02/2017

L'Homme, avatar de Dieu (I) par Prof. Robert Molimard

molimardpix.jpgVous cherchez Dieu ? C'est comme chercher vos lunettes quand vous les avez sur le nez, aurait pu dire Spinoza en polissant des verres optiques. C'est ainsi que le Professeur Robert Molimard, à l'occasion de son quatre-vingt dixième anniversaire (!) nous fait le cadeau de son dernier ouvrage en date : l'Homme, avatar de Dieu. Le pionnier de la tabacologie en France rédige aussi régulièrement des articles de grand intérêt sur ses sites du TABAC HUMAIN et FORMINDEP.


 Agnostique assumé, l'auteur raisonne sous l'ombrelle de Spinoza (1632-1677) et de Descartes :

Descartes était un modèle pour Spinoza. Il s'accordait que la conscience d'un être prouvait son existence. Mais leur divergence devenait abyssale lorsque Descartes considérait que Dieu avait créé l'Homme par l'union de deux substances distinctes temporairement associées : un corps périssable, matériel, situé dans « l'étendue », nous dirions actuellement l'espace-temps, et une âme unique indivisible immortelle et immatérielle. Selon lui, cette commande centrale et unique de l'être pouvait occuper une place transitoire dans le cerveau, dans la glande pinéale, centrale et unique. Des deux substances, l'âme jouirait éternellement de sa vie sans les servitudes que lui imposait le corps, dont la mort la libérerait. Pour Spinoza, il n'y a qu'une substance indissociable. Matière et esprit ne sont que deux aspects, deux attributs d'un même être.

Au fil des pages de son passionnant « essai de philosophie pratique et de médecine expérimentale », Robert Molimard se garde bien de nous entraîner dans d'oiseuses réflexions philosophiques absconses. Il aborde au contraire mille sujets de la vie pratique : soigner le corps et l'esprit, les régimes, la nourriture, les conseils d'hygiène, l'esperanto (qu'il pratique couramment puisque il envisage même une édition de son opus dans cette langue !) et même ses secrets pour réussir à...faire son propre pain de seigle à l'auvergnate !

La disparité des sujets traités n'est qu'apparente : pour Spinoza, tout est régi par le conatus, la même force d'exister.

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Si tout l'Univers EST Dieu, poursuit l'auteur, il est donc légitime d'adorer sa femme, son chat et les géraniums de balcon, qui sont des avatars divins. Aimer Dieu, c'est chercher à le COMPRENDRE, et en particulier les causes qui motivent même un pire ennemi, que l'on se doit d'adorer comme divin, même si on ne l'aime pas. L'Homme a non seulement le droit, mais le devoir d'utiliser sa propre divinité pour rendre la terre meilleure et la garder habitable .

(...) À la notion morale de bien et de mal, Spinoza substitue celle de bon et de mauvais, c'est-à-dire d'utile et de nuisible pour l'homme et la nature. Ce qui est parfaitement visible pour l'homme et risque de conduire à sa disparition, c'est sa prolifération. Je la crois le plus grand risque pour l'humanité si elle ne réussit pas à la limiter.

Accroître la multitude n'apporte rien à l'esprit. C'est au contraire l'éducation, l'entendement qui font la richesse de l'humanité. « On tue Mozart » clament les antiavortement, quand ils devraient se féliciter de toute tentative de réduire l'expansion d'une masse humaine ignorante, affamé, fuyant les exactions de bande d'illuminés sanguinaires qui assassinent des génies déjà confirmés, et destructrice de la nature. Limiter les naissances et la condition nécessaire à l'épanouissement de futurs Mozart.

Le Prof. Robert Molimard ne l'envoie pas dire !

Et ce n'est là qu'un apéritif de sa pensée... dissidente bienvenue et rompant en visière avec le politiquement correct étouffant :-) !

(A suivre...)

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Commentaires

Comme il y a myriades d'univers, myriades de dieux?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/02/2017

Y aurait-il moins "d`illuminés sanguinaires" avec quelques milliards d`humains en moins? Cela peut paraitre anecdotique masi les plus grands criminels de l`histoire n`ont pas fait carriere sur la faim ou la misere. Ainsi Gengis Khan, Napoleon, Hitler ou Staline pour ne prendre que les plus médiatiques. Il y a bien moins de dictateurs aujourd`hui qu`il y a seulement cinquante ans et pourtant bien plus de gens fuient devant la misere et la faim, davantage que devant la guerre. La cause principale en est la modification climatique vers plus de sécheresse ou, selon le cas, de précipitations. L`avortement généralisé ne serait qu`un emplatre sur une jambe de bois. Ce qu`il faut, c`est canaliser la solidarité générale (qui est bien présente) par des institutions publiques internationales plus efficaces. C`est plus une question de politique et de gros sous qu`autre chose.

Écrit par : jean jarogh | 07/02/2017

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