20/12/2017

Seattle-Zurich en Boeing-747 par le Pôle Nord, c'est hier...

Swissair_Boeing_747-200_Marmet.jpgIl me semble que j'ai dû vieillir puisqu'ils prétendent que le Boeing-747 vient d'accomplir son dernier et ultime vol hier dans le ciel américain, au terme d'une existence de presque 50 ans. Pour moi, c'était hier...


Nous avions pris un raccourci par le Pôle Nord pour ramener de Seattle à Zurich le premier Boeing-747 à deux ponts aux armes de Swissair, « la banque volante » de la Suisse. Cette singulière promenade nous a valu de vivre la nuit la plus courte mais rares furent les passagers de ce voyage officiel à fermer l'œil durant ce trajet historique de 11 000 miles nautiques... Le champagne coulait à flots. Il me souvient, au moment où le commandant nous signalait que nous passions à 1 km du pôle Nord géographique, qu'un conseiller fédéral alémanique (dont je tairai le nom) s'était coiffé de sa flûte à champagne sur la tête en poussant des cris de joie, comme un gosse qui venait de réussir un exploit personnel sans précédent:-) !

Swissair_Boeing_747-200_Marmet.jpg

Comment les pilotes parvenaient-ils à une telle précision alors que le GPS n'existait pas encore ? Parmi ses nombreuses innovations technologiques, l'appareil mythique disposait d'une invention très astucieuse  de navigation inertielle: des capteurs d’accélération et de rotation déterminaient le mouvement absolu d’un véhicule (avion, missile, sous-marin …). Elle avait l’avantage d’être totalement autonome.(Wikipedia)

Durant une semaine, pour la Télévision suisse romande (TSR), nous avions pu tourner auparavant un film documentaire en couleurs (innovation récente) dans ce qui fut le plus grand bâtiment du monde capable d'abriter quatre Boeing-747 en même temps.

En l'occurrence, seuls trois Boeing 747 étaient en construction car il avait fallu licencier 10 000 ouvriers et sous-traitants faute d'un carnet de commandes suffisant. Il est vrai que chacun de ces gros jouets coûtait la bagatelle de 150 millions de dollars, pièces de rechange non comprises...

L'attaché de presse de Boeing qui nous avait invité chez lui, nous avait précisé que lui-même, risquait de faire partie de la prochaine charrette si les commandes stagnaient. Il n'en fut rien puisque cet appareil s'est vendu à 1533 exemplaires alors que le seuil de rentabilité avait été estimé à 400 seulement.

Boeing avait mis à la disposition de notre équipe de la TSR le dernier modèle de voiture clinquante... si voyante que les Américains eux-mêmes se retournaient sur notre passage pour l'admirer ! Durant la nuit, lassé de traduire tous les écriteaux et les menus pour mon équipe non-anglophone, j'empruntais discrètement cette merveille, pour me promener seul dans la ville de Seattle et des environs...

  • Faites attention et ne sortez pas à pied dans la campagne car les ours qui infestent la région sont très dangereux quand ils hument de la chair humaine ! m'avait conseillé l'attaché de presse de Boeing.

J'ai suivi son conseil, ce qui me permet à près de 50 ans plus tard, de vous raconter ce souvenir.

Cela dit, à la réflexion, je préférais les avions à hélice, car on pouvait encore admirer le paysage, s'amuser des « trous d'air », acheter des briquets Dunhill plaqués or aux hôtesses très souriantes et prévenantes et fumer cigares et cigarettes à bord en toute liberté. Il me souvient d'un très beau vol de Lubeck à Genève d'une durée de plus de quatre heures par une belle journée d'été.

Aucun rapport avec les bétaillères du XXIe siècle où se tassent des hordes de passagers fouillés et palpés à corps, par crainte des attentats. (jaw)

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Commentaires

Excellent billet !

Écrit par : lovejoie | 21/12/2017

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