07/05/2018

Les HUG nouveaux sont arrivés ! (III)

urinal.jpgPassons au matériel que chaque patient des HUG doit maîtriser, qu'il s'agisse de son lit électrique, de la télécommande universelle ou de son urinal. Pour l'urinal, j'ai droit à une leçon particulière d'une exquise exotique à l'accent qui rappelle les senteurs des îles... Je la prie de m'expliquer comment procéder pour harmoniser la déclivité du lit avec celle de l'urinal. « Facile ! » Il vous suffit d'appuyer ici sur un des huit boutons régissant la position du lit puis, l'inclinaison maximale obtenue, vous glissez l'oiseau (sic!) dedans et relâchez les sphincters. Il existe une autre façon de procéder, sur le côté, mais elle est plus malaisée...


Le lit électrique des HUG est fidèle à lui-même : aussi lourd et encombrant qu'un char d'assaut. Sur tribord : les commandes de l'engin. Pas de mode d'emploi textuaire mais un bouquet de flèches polysémiques sur ce qui tient lieu de tableau de bord. Le mieux est de procéder par tâtonnements...et de mémoriser l'effet produit par chacune des flèches sur lesquelles on appuie. La logique du lit se fonde sur la science des triangles : l'isocèle jongle avec l'équilatéral et le rectangle déploie sa majesté si vous savez encore calculer le carré de l'hypothénuse...

Pour ce qui est des appels d'urgence, c'est facile ! La traditionnelle potence à laquelle s'accrochaient les patients a été supprimée. Le bouton rouge a disparu ! Probablement pour non conformité aux Droits de l'Homme. Il est vrai que certains patients abusaient de la patience du personnel infirmier.

potence.jpg

En lieu et place de la potence (dont il subsiste un vestige tronqué), le patient dispose d'une commande universelle. Dans la paume droite, il maîtrise ainsi la lumière, l'image et le son de la télévision ainsi que les appels d'urgence. Ladite télécommande, suspendue au bout d'un long câble, peut se trouver tantôt sous le lit, à droite ou à gauche du patient ou demeurer introuvable en cas d'urgence. La bonne vieille potence avait du bon : un demeuré pouvait appeler les secours puisque la sonnette au bouton rouge lui était étroitement associée, au centre de son Lebensraum exigu.

La nouvelle donne n'exclut pourtant pas l'innovation astucieuse : désormais, chacun des deux patients peut regarder sa chaîne de télé sans gêner l'autre : le son provient d'un vibreur situé sur la télécommande elle-même. Le système est même perfectible si l'on branche un casque sur la télécommande.

Faut-il applaudir des deux mains ? J'allais le faire quand je me suis aperçu que dans ma chambre 308, le son du vibreur était saturé, quel que fût le volume choisi. Une infirmière m'a proposé de brancher un casque ultraléger dans la télécommande. Le résultat fut bien meilleur mais le son s'est interrompu au bout de trente secondes

Que dire du choix des chaînes sinon qu'il est limité et médiocre. La réactivité dans l'initialisation et le changement de chaînes est insatisfaisant. Sauf erreur, aucune chaîne de radio n'est proposée. La dimension des écrans est suffisante. Quelques centimètres de diagonale en plus n'auraient par ruiné les HUG.

Dans la salle d'eaux, on ne peut qu'admirer les chromes de la douche. Un cylindre sert à la fois de pommeau, de mitigeur et de régleur de débit. Encore faut-il savoir diriger le jet... Les deux  tablettes destinées à accueillir les accessoires tels que tubes, rasoirs, brosses à dents sont insuffisants.

La douche à l'italienne permet au douché de s'asseoir pendant que l'eau sale s'écoule par le fond de la dalle : aucun obstacle, aucun rideau n'entrave l'évolution du douché. Très élégante solution, certes, mais je me demande, pour avoir glissé moi-même dans le gel-douche, si les HUG n'ont pas trouvé là de quoi multiplier les cols du fémur brisés...

Apparemment, aucune évaluation n'est faite du degré d'autonomie des patients avant de les dépêcher seuls à la douche.

De culture « baignoire », j'ai fort apprécié l'assistance d'un infirmier lors de ma première douche mais ne suis parvenu qu'à un résultat médiocre lors de mon essai suivant en solitaire. Suis parvenu sans le vouloir à inonder le couloir en même temps que ma personne...

En outre, cette masse d'eau tiède souillée retombant en "splash" sur la dalle ne doit pas être défavorable à l'infection nosocomiale. Les infectiologues des HUG seraient bien inspirés de nous rassurer sur ce point, au vu du précédent de la légionellose.

Quant au téléphone, ne comptez pas trop sur votre smartphone : à la charge, votre appareil se trouve derrière vous, à la tête du lit. Pour s'en saisir, l'exercice passe par des contorsions épuisantes. En état de faiblesse, vous vous épuiserez. Les HUG vous louent un téléphone fixe à gros boutons, plus accessible, si vous le désirez. Plus d'angoisses à recharger constamment votre smartphone. Plus besoin de chausser vos lunettes pour composer les numéros minuscules sur votre smartphone. Un article à l'ancienne très recommandable même s'il prend de la place...

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Commentaires

"Apparemment, aucune évaluation n'est faite du degré d'autonomie des patients avant de les dépêcher seuls à la douche."
Je suis presque certain que, comme dans tous les autres domaines, aucun "créateur" (designer, architecte, médecin ou autre) s'est mis à la place d'un "utilisateur" avant de livrer son chef d'oeuvre.

Écrit par : Mère-Grand | 07/05/2018

Si je comprend bien, votre hospitalisation n’a été qu’un test pour évaluer l’infrastructure des HUG qu’apparement vous ne trouvez pas a votre convenance, aucune information sur les soins prodigués ni sur les résultats des soins ou de l’empathie du personnel soignant. Bizarre non, car pour moi un séjour hospitalier doit d’abord servir à soigner le malade, certes le confort du patient doit être le meilleur possible mais il ne faudrait pas oublier non plus que ce n’est pas un hôtel.
PS : Quant au nouveau bâtiment des lits, le progrès avec l’ancien est indéniable.

Écrit par : grindesel | 08/05/2018

Quand je découvre un commentaire aussi irréfléchi, j'en déduis que je lance des perles aux pourceaux, aux atrabilaires qu'un grain de sel mal tourné dans la raie incite à juger avant d'avoir tout lu. A la demande générale, je poursuis donc mon récit comme jadis, à l'époque où les seules lettres de lecteurs incitaient nos détracteurs à réfléchir avant d'écrire:-) !

Écrit par : Jacques-Andre WIDMER | 08/05/2018

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