18/01/2019

Meyrin-Village : défaut d'assistance à personne en danger ?

randonneurs.jpgA la place des autorités exécutives de cette commune, je ne serais pas fier du prétendu « eco-quartier » en construction...Bien que senior moi-même et frappé par un mal incurable qui provoque sans crier gare une détresse respiratoire, il m'arrive pourtant de rendre service à d'autres seniors bien moins lotis que moi. Pour me déplacer, je me sers d'une trottinette électrique. Ce faisant, j'y gagne au moins l'illusion de ne pas être devenu totalement inutile:-) ! En l'occurrence, ma protégée, âgée de plus de 80 ans, est lourdement handicapée par une maladie dégénérative incurable. Veuve et vivant seule avec son adorable chat gris, elle ne parvient à se mouvoir avec peine qu'à l'aide de deux cannes...


randonneurs.jpgEn l'occurrence, je lui rends visite pour qu'elle puisse désormais porter sur elle, l'un des deux appareils téléphoniques SWISSCOM (DETC) qui la relie encore au monde. J'ai imaginé qu'elle se dote d'un « sac banane » porté en bandoulière ou sur le ventre et contenant dans la poche ad hoc son téléphone accessible en quelques secondes... Jusque là, cette personne handicapée devait se déplacer jusqu'aux socles de ses deux téléphones DECT pour les recharger aux deux bouts de son appartement. Le temps de se déplacer très lentement et voilà que les rares correspondants ont déja raccroché ! D'où un sentiment récidivant bien légitime d'exaspération et d'agacement !

Je suis si fier de mon « invention » que je la signale à SWISSCOM qui la trouve assez séduisante pour la transmettre aussitôt pour étude à son service de marketing.

- Merci ! Nous avons beaucoup de problèmes avec les seniors, reconnaît SWISSCOM

Et je monte aussitôt sur le tram 18 avec ma trottinette électrique de la rue Blanche à Meyrin-Village.

Ma mésaventure ne fait que commencer...GoogleMaps m'indique l'adresse de l'Esplanades des récréations. Je demande successivement à pas moins de sept personnes comment accéder à ladite Esplanade car je ne trouve pas le numéro pair désiré ! De guerre lasse, je regagne au village la Brasserie Meyrinnoise pour appeler un taxi. Celui-ci me dit : On ne peut pas y accéder mais c'est tout prés, là ! Et de faire quelques moulinets énigmatiques et polysémiques de la main...

De retour sur l'Esplanade grâce à ma trottinette, je hèle encore quelques indigènes déjà sollicités précédemment et m'emploie à décrypter de méchants petit plans polycopiés qui me disent par une flèche : Vous êtes ici ! Sans préciser où se trouve le nord...

Aussi facile à décrypter que la Pierre de Rosette !

Tous les nouveaux immeubles sont accrochés dans la pente.

  • Le numéro 20, c'est cet immeuble ! me précise enfin un vrai indigène en désignant un immeuble isolé.

Comme nous sommes dans un éco-quartier. il existe deux manières de se déplacer du haut en bas de la pente : un étroit chemin de terre boueux « »ècolo » et un étroit chemin goudronné non praticable en voiture. Je zigue-zague sur le très étroit chemin goudronné et parviens enfin au bout d'une heure de vaines recherches au No 20 !

Arrivé enfin à bon port, j'élève une protestation sur l'absence coupable de signalétique claire. Ne conviendrait-il pas de planter des écriteaux de noms de rues avant d'implanter des immeubles ?

- Oui, oui, je t'avais prévenu, mon immeuble est inaccessible en voiture !

- J'espère que les ambulances et les pompiers s'y retrouveront plus vite que moi, fais-je remarquer à mon amie invalide.

Et me voici enfin à pied d'oeuvre pour tester mon invention : le port de son téléphone à même son corps.

Je glisse le téléphone dans le léger sac-banane : parfait ! Il est léger et désormais très aisément accessible à la première sonnerie. Je prie la bénéficiaire de ma géniale invention d'extraire l'appareil et de composer un numéro : ça marche ! Je l'appelle à partir de mon smartphone. Ca ne sonne pas !

M.... ! En extrayant son téléphone de la « poche banane », l'usagère a appuyé par inadvertance sur la touche « sonnerie muette ». Penaud, je dois admettre que mon invention mérite une amélioration. Je rétablis la situation et informe SWISSCOM que pour éviter ce dysfonctionnement, il suffirait de doter ses appareils téléphoniques les plus légers d'un clapet. Ma suggestion est transmise au service marketing...

Le meilleur pour la fin : pour faciliter la gestion de ses affaires, j'ai aussi conseillé à ma protégée les services d'une ancienne cadre bancaire, de toute confiance.

Elle a voulu gagner aujourd'hui, elle aussi, l'Esplanade des Récréations en voiture. Après de multiples tentatives, elle a renoncé de s'y rendre même à pied !

Elle a même envisagé de laisser sa voiture à Meyrin-Village où le stationnement est limité à 30 minutes pour se rendre à pied à son but..

  • Les agents de la police municipales sont-ils permissifs car il me faudrait au moins une heure pour assister la personne ?

  • Les APM ? Ils passent le plus clair de leur temps à coller des bûches aux contrevenants !

Aux dernières nouvelles, les autorités municipales meyrinoises devraient recevoir une pétition et des lettres de protestations contre cet état de fait scandaleux.

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Commentaires

Tout ce qui est décrit s’avère malheureusement exact !
Il faut s’y rendre pour le croire, tellement cela est scandaleux ! Même un chat y perdrait ses petits !

Malgré l’aide de mon gps, de Google Map, je n’ai jamais trouvé l’immeublé en question !
J’ai tourné en rond durant 30 min et ai demandé de l’aide à des personnes se trouvant dans le quartier.

La première chose qui m’a été dite est « vous ne pouvez y aller en voiture ! Or je dois prendre un ordinateur et une imprimante !

Bref, les personnes âgées et/ou handicapées ne sont pas les bienvenues dans cet éco - quartier !

Vive les écolos qui n’ont que faire de leurs aînés !

Écrit par : Maud France | 18/01/2019

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, "éco" se vend bien, aussi bien en politique que dans le commerce ordinaire.

Écrit par : Mère-Grand | 19/01/2019

Il semble que le plus raisonnable pour nous qui avons plus de 65 ans, c'est de mourir en silence! Je ne doute pas que l'on va trouver le moyen de faire de nous une sorte d'humus biodégradable qui enrichira la terre des jardinets des écho-quartiers, pour y faire pousser des "salades", le légume préféré des politiciens!

Écrit par : Dominique Degoumois | 21/01/2019

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