21/02/2013

Maudet s'approprie sa police secrète à quelques mois des élections

(jaw) Le Grand Conseil s'est échauffé jeudi soir (27.02.213) lors du débat sur une "loi d'urgence" grnd conseil.jpgvisant à légaliser désormais à Genève les procédés d'une police secrète comptable et responsable de ses actes devant elle-même  durant trente jours et devant   le seul Pierre Maudet, responsable politique de la police, au delà de cette échéance et non plus devant une autorité judiciaire collective, comme il se doit dans une démocratie respectant la séparation des pouvoirs  ! Et Montesquieu :-) ?

Sur proposition du Mouvement des Citoyens genevois (MCG), cet auto-contrôle par Maudet soi-même - et par le seul Maudet ! - a été atténué avec bonheur: le Procureur de la République et Canton sera quand même saisi de l'existence de telles enquêtes "préliminaires secrètes". Ouf ! On a frisé l'abus d'un pouvoir qui se contrôle lui-même mais la situation n'est pas acceptable, comme nous allons vous le démontrer.

Voguant sur l'inquiétude légitime de la population genevoise face à la criminalité découlant notamment de la "libre circulation" garantie par..."l'Europe" et par "Schengen", le jeune magistrat du Parti radical insitait pour que sa loi fût votée en urgence. Il brûlait d'impatience et ne voulait attendre sereinement la modification imminente de l'article 286 du Code de procédure pénale (fédéral) prévoyant, sous conditions, des "mesures préalables" semblables pour des enquêtes de police visant à prévenir en amont  la criminalité, . Il est vrai que les élections sont proches...

Une telle loi mériterait d'être applaudie si elle n'exposait les libertés fondamentales à une sanglante amputation ! Seul-e-s quelques élu-e-s, Loly Bolay (PS),  Irène Buche (PS), Christian Bavarel (Ve) et Roger Deneys (PS) ont démontré l'imperfection de cette législation express à la Maudet, conférant à ce magistrat un parfait service de renseignements personnel, instrument politique précieux dont les autres partis politiques ne disposent pas. Un instrument redoutable, comme on l'a vu dans de nombreux cas à l'étranger, puisqu'il recèle en son sein une virtualité de chantage illimitée.

Il y eut des cris, des insultes, des avanies au fil de ce psychodrame parlementaire dont l'enjeu n'était pas tant la lutte en amont contre la criminalité mais bien une menace réelle, imminente et massive pour  l'intégrité de nos libertés personnelles et de nos droits fondamentaux.

Pas moins de sept demandes de renvoi du projet de loi en Commission, perçu comme très mal ficelé,  ont été refusées.

La loi a été acceptée en troisième débat par 58 voix contre 20, sans absention.

Quelques opposants ont évoqué la menace de référendum en séance publique.

Nous vous fournirons tous les détails de cette loi hyper-controversée et vous dirons pouquoi, en détail, on peut la qualifier de scélérate. Les Partis UDC et MCG, adeptes inconditionnels, en général à bon escient,  de toutes les mesures de sécurité préventives et actives, viennent pourtant de dérouler nolens volens imprudemment  un tapis rouge au Parti libéral démocratique (PLR), en particulier au seul bénéficiaire de ladite loi: Pierre Maudet soi-même, probable candidat roué du PLR au Conseil d'Etat de Genève en octobre prochain !

En attendant de vous démontrer que cette loi permet à Maudet de s'approprier la nouvelle police secrète de Genève, à son profit et au seul profit de son Parti, le PLR,  durant trente jours et au delà.

jornot.jpgOlivier Jornot, Procureur général (photo), lors de son audition par les députés en Commission, avait pourtant émis de sérieux bémols sur cette loi dont on ne sait pas, actuellement, si elle est conforme au droit fédéral en vigueur.

Ancien député au Grand Conseil ,  issu du même Parti PLR que Pierre Maudet, Olivier Jornot, Procureur général, avait pourtant avancé des arguments juridiques de poids qui auraient mérité d'être relus plus attentivement et pris en compte.

Les deux militants vedettes du PLR, l'un au sommet du pouvoir judiciaire, l'autre à l'Exécutif, s'étaient déjà affichés ensemble de manière ostentatoire pour passer un Accord "historique.  Cette complicité n'avait guère soulevé l'enthousiasme des commentateurs.


L'indépendance du Procureur général est hélas sérieusement écornée devant l'opinion publique après l'adoption de la Lex Maudet, son jeune corréligionnaire pressé et zélé.

Et quand un tel pouvoir policier se concentre sur un seul jeune homme inexpérimenté et un Procureur unique  dans la solitude de son cabinet, tout doute est permis et la catastrophe annoncée.

Seul un collège composé d'éminences juridiques appartenant à plusieurs partis est à même de rassurer le citoyen en se portant garant de ses libertés fondamentales.

Tout citoyen genevois, toute association, tout parti politique, toute entreprise, tout établissement public, toute église, toute Loge maçonnique ou sectaire,  peut être désormais légalement surveillé (même à son domicile et sur le Net !) à la faveur d'un simple caprice soupçonneux de la police... ou de Pierre Maudet. Même si la "cible" est parfaitement innocente, elle ignorera qu'elle a fait l'objet d'une telle enquête secrète de la police... secrète à son insu, habilitée à conserver ses enregistrements audio et video, ses rapports et ses "fiches" ad aeternam, les spécialistes étant incapables de tomber d'accord sur une échéance pour la destruction de ces "moyens de preuves" amassés contre des citoyens innocents !

Oui, depuis ce jeudi noir du 21 février 2013, il y a quelques chose de pourri dans la République et Canton de Genève.

Lutter contre la criminalité: OUI !

Pleins pouvoirs à la police, à Maudet, au PLR  sans contrôle judiciaire collectif sérieux : Non !

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23:58 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook