12/03/2013

Scoops mortels (IV/IV): " Maltraitance et héroïne"

 

martinecarolblackandwhite.jpgVoici, comme promis, le dernier épisode de notre saga «Grandeur et fin de Martine Carol », la vedette française du Septième Art des années 1950, avant qu'elle ne se fasse détrôner par Brigitte Bardot.

 

Si vous avez suivi les premiers chapitres, vous saurez dans quelles circonstances rocambolesques, le paparazzo de génie Richard B. et le soussigné avaient débusqué Martine Carol dans une maison de maître de l'East Sussex, en Grande Bretagne, filant le parfait amour avec son dernier et ultime amant, un certain Mike E. alors qu'elle avait disparu de la circulation depuis plusieurs années.

 

Braqués un instant au fusil de chasse (cf. épisode III), nous avions été invités à partager whisky et cigares sur le pelouse de l'élégante demeure grâce à une lettre de recommandation du directeur de notre magazine, auquel Martine devait en grande partie sa célébrité, la télévision étant quasiment inexistante à l'époque...

 

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05/03/2013

Scoops mortels (II) Près des saules pleureurs...

 

antique-old-telephone.jpgVoici donc la suite de Scoops mortels et comment l'on peut devenir l'instrument d'un chantage contre son gré.

 

 

 

- This is HAMpstead 5546 !

- T'es là ? Heureusement. Toutes affaires cessantes, tu t'occupes de notre priorité. On a retrouvé Martine dont on n'avait plus de nouvelles depuis son idylle avec le Dr Rouveix dans les ìles. On a la copie de la carte grise de sa bagnole. C'est le chauffeur qui nous a filé le tuyau. Magne-toi le train et va sans délai sur place vérifier. Voici l'adresse. Je t'épelle...

Au bout du téléphone filaire à cordon torsadé, merveille de la passementerie britannique, la voix de chef des informations d'un grand magazine « people » parisien. Je n'irai donc point me promener au parc de Hampstead Heath cet après midi. Nous sommes en 1966 et le temps presse... 


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» Scoops mortels (I)


Martine Carol (1920-1967)


podcast


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Le feulement d'un paon le soir au fond  d'un... poulailler

 

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» Martine Carol sur WIKIPEDIA


» Extraits de films de Martine Carol


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18/03/2012

Catastrophes: mode d'emploi

rotativespapier.jpg- Moi, je me tape deux cimetières par semaine: Ce qui prime, c'est la photo de la victime, celle de l'amant, du chien et de la maison. A partir de là, nous proposons une explication psychologique du drame, sur la base des infos de la police et de notre propre enquête exclusive de proximité.

Cette singulière et mémorable confidence, je l'ai recueillie au milieu des années 1960 à Paris, dans un bistrot, Rue du Fbg St-Honoré, de la bouche d'un journaliste, auto-proclamé spécialiste des crimes passionnels pour l'hebdomadaire Détective.

- Même que la semaine passée, dans une ferme du Cantal, j'ai interviewé le veuf de l'aubergiste ardente, assassinée par son deuxième amant, le boulanger du village. Tu veux que ch'te raconte ? On a trinqué. Le kilo de rouge était posé sur le cercueil de la victime ! Puis j'ai assisté à l'interrogatoire de l'amant jusqu'à ses aveux complets. Je finis ma mominette et te quitte car je dois encore rédiger ce soir tout mon papier sur le parricide de Basse-Normandie...C'est le beau-père jaloux qu'est-coupable !

 

L9024.jpgLe magazine Détective ? Pfoui! Voilà l'onomatopée de dégoût qui jaillit dès que l'on prononce le titre de cette publication. Controversé au point d'être  interdit plusieurs fois de parution pour avoir entravé le cours de la justice et attenté aux bonnes mœurs par voie de presse, ce magazine prétend traiter depuis 1928 de "l'actualité criminelle". Les créateurs de ce magazine comptaient les Gallimard, Georges Simenon et Joseph Kessel parmi ses pionniers.  A ceux qui se scandalisaient de cette publication exploitant la misère humaine et le pathologique pathétique extrême, Kessel répliquait: " Le crime existe, c’est une réalité, et, pour s’en défendre, l’information vaut mieux que le silence ”.

Une "information" de style particulier tout de même puisqu'avant même les premières conclusions des enquêteurs, avant même que la justice ne soit saisie, les reporters de Détective livraient une sorte de "réalité augmentée" en pâtée au public: d'un ensemble de faits et de témoignages hétéroclites (voisins de paliers, confidences de bistrotiers ou de leurs clients), le reporter tirait des conclusions personnelles, en recourant au mode conditionnel si nécessaire. Il arrivait même que l'on désignât un "coupable évident". Leur prose était récrite en un style romanesque populaire qui ajoutait une once de  vraisemblance aux thèses avancées que venaient confirmer, s'il en était besoin,  les photos ou dessins "plus vrais que vrais "illustrant les scènes de crime. Comme si on y était.

Le grand public, de tout temps, a toujours été friand de "délicieuses catastrophes". Des plaies de l'Ancien Testament au drame antique, de l'ogre des contes de fées aux mœurs voraces et sanglantes des dieux et demi-dieux des mythologies, le genre s'alimente depuis toujours aux sources obscures inavouables qui nous hantent tous. Le spectacle du mal qui frappe les autres a une valeur thérapeutique et consolatoire: heureusement que ça ne m'est pas arrivé à moi. Laisse-moi donc savourer les rapides délices des plus tristes de leurs jours...

Le pathologique et les récits d'horreurs ont donc toujours fasciné l'humanité, depuis le premier reportage écrit sur le premier meurtre de l'Histoire: celui de Caïn et Abel.

Dans ce genre qui fait recette depuis les dessins rupestres mais  surtout depuis Gutenberg, on peut distinguer diverses catégories: les catastrophes naturelles ("Acts of God" comme disent les rédacteurs de polices d'assurance du monde anglophone), les désastres accidentels (Fukushima, barrages hydro-électriques qui lâchent, inondations, incendies de forêts, crash d'avions et d'autocars, etc), les drames personnels (suicides, viols, infanticides, parricides, pédophiles, incestes, maladies incurables) et la vaste panoplie de toutes les criminalités en commençant par le nec plus ultra du genre: le crime passionnel. Le cocktail de sexe et de sang, d'amour et de haine, d'Eros et de Thanatos fait toujours recette depuis la nuit des temps.

Sur le terrain des catastrophes, la concurrence entre média est telle que certains reporters sombrent dans l'indécence pour obtenir un témoignage exclusif, une photo inédite, un "angle" particulier.

Ce fut  le cas, une fois de plus,  pour l'épouvantable accident d'autocar dans le tunnel de Sierre. Sous la pression de leurs Rédactions et par souci de prestige personnel, désireux à tout prix d'obtenir des témoignages d'enfants survivants (et leurs photos), plusieurs reporters qui étaient parvenus à s'infiltrer dans une salle de "débriefing psychologique"ou à l'hôpital de Sierre, ont dû être éconduits par la police, selon Der Sonntag.

aberfan.jpgDans le cas de l'effondrement d'un terril qui avait fait quelque 140 victimes, en 1966 à Aberfan (Pays de Galles), on a vu des reporters internationaux pratiquer la "réalité augmentée" en plantant des croix de bois artisanales sur les décombres et en  jetant dans la coulée de boue quelques poupées, achetées au bazar du coin à ces fins, pour parfaire le tableau. Cette forme de tricherie obscène devrait, à elle seule, soulever plus d'indignation  et d'émoi que les catastrophes elles-mêmes. Que ne ferait-on pas pour parfaire son opus et faire vibrer le lecteur et le téléspectateur ? Une "bonne" couverture de grand magazine peut booster le tirage de plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Ou justifier même un second tirage. L'argent joue donc un rôle déterminant dans la chasse aux images et récits "exclusifs".

Faut-il se voiler la face où appeler de ses vœux une nouvelle législation, une énième Charte éthique pour prévenir, empêcher et sanctionner de telles mises en scènes et exploitation de la misère d'autrui ?

Ne nous y trompons pas et cessons de nous voiler la face au vu de telles pratiques. S'il doit y avoir un coupable, c'est bien le consommateur qui crée la demande en premier lieu. Il n'est donc pas innocent. Son appétit pour le malheur qui frappe autrui est insatiable, profondément ancré qu'il est dans le marais de ces  zones d'ombre qui font de chacun de nous de fragiles mortels. A voir mourir les autres dans des circonstances atroces, n'en retirerions-nous pas quelque réconfort et consolation devant nos écrans plats et en feuilletant nos magazines ?

Au début des années 1960, un important magazine parisien, désireux jadis de consacrer un reportage aux "néo-nazis" en Allemagne fédérale, avait loué des uniformes, des crix gammées et des figurants pratiquant le salut hitlérien pour les besoins d'une photographie "prouvant" la résurgence du néo-nazisme. (Cette mise en scène avait été éventée et avait provoqué un grave incident diplomatique entre Bonn et Paris). A noter que les reporters français ne parlaient pas un mot d'allemand et avaient engagé une interprète à Wilhemshafen.


decapitation.jpgIl y a pis encore: une histoire célèbre circule dans la profession depuis l'époque de la décolonisation. Un reporter d'une chaîne de télévision britannique voulait filmer une scène de décapitation au sabre dans un pays arabe.(
photo prise au Bangladesh) Le supplicé avait déjà la tête sur le billot. Et, alors que la main armée du bourreau s'élevait déjà dans les airs pour prendre son élan, les témoins entendirent le reporter  s'exclamer:

- Pas si vite ! Laissez-moi le temps de charger ma caméra de pellicule !

Et le bourreau, abaissant son arme blanche,  de laisser quelque répit au caméraman...et au condamné.

Que peut faire un journaliste, sans vocation particulière pour de tels faits divers, s'il est dépêché, en service commandé, sur les lieux d'une catastrophe ? Le mode d'emploi et simple: s'il s'agit de radio ou de télévision, le premier souci  consiste à trouver sur l'instant des interlocuteurs parlant la langue du média. Et des rescapés causeurs, comme lors de la catastrophe du Plateau d'Assy (Isère) dont nous fûmes témoin pour une chaîne de télévision. (pousser le curseur à 11'36") Le discours des officiels, chef des secours, représentant des autorités, s'impose mais ne présente le plus souvent que peu d'intérêt informatif. Il en va tout autrement des témoignages oculaires,  à défaut de "gens du coin" toujours prêts à s'exprimer avec émotion et conviction devant un micro ou une camera...De parfaits inconnus connaissent ainsi une gloire fugace en passant à la télé. Peu importe ce qui est dit ou que le message ait du contenu ou non.  Tout est dans l'expression et le ton pathétique.

cinqsept.jpgLors de l'incendie du 5-7 à Saint-Laurent-du-Pont, en novembre 1970, nous avions recruté sur place un chef pompier suisse, accouru sur place en uniforme, pour analyser les causes du sinistre à des fins scientifiques. Il avait incriminé les matières plastiques utilisées pour la décoration du dancing fatal ainsi que l'usage d'une porte "à peigne", redoutable piège. De bonne grâce, à notre demande, le pompier-enquêteur avait accepté, à des fins d'illustration, d'allumer un morceau du plastique incriminé devant la caméra, cela à quelques mètres du sinistre:

- Chez nous, en Suisse, cette matière inflammable est interdite dans les dancings !

(Heureusement qu'il n'avait pas été nécessaire de tourner trois fois la scène ...)

standup.jpgEn TV, un "stand up" du journaliste capable de s'associer au deuil collectif,  rappelant que "les enquêteurs s'emploient à établir la cause du sinistre", conclut avec bonheur de tels reportages d'actualité. Ce qui n'empêche pas d'ajouter: " On ne saurait donc exclure.... " Et là, libre à chaque reporter d'énumérer une poignée d'hypothèses sur les "causes possibles", précédées de conditionnels appuyés...

Ces mystifications médiatiques atteignent leur apogée chez les "correspondants de guerre". S'il en est d'authentiques qui montent au front, le plus souvent par inclination personnelle,  nombre d'entre eux, émoustillés par la proximité de dangers mortels (comme les alpinistes et les pilotes de course automobile), se contentent de diffuser leurs bavardages, explications et ratiocinations à partir d'un QG situé dans un cinq-étoiles de la capitale. Une manière de se donner un frisson en bronzant loin des charniers et des théâtres d'opération. De l'héroîsme à bon compte. Certains, dans cette catégorie, ont couvert "les événements en Algérie" de bout en bout ,à partir de l'Hôtel St Georges ou de l'Aletti, sans bouger jamais d'Alger.

En l'absence de protagonistes ou de témoin, certa§ines chaînes de télévision pratiquent aussi de plus en plus fréquemment l'art subtil  de la  "reconstitution". Une caméra embarquée suit, par exemple, l'itinéraire de "l'autocar fatal" ...ou du meurtrier... ou de la victime.. A l'aide d'une "animation" en images de synthèse, le téléspectateur peut ainsi participer (sans danger) à l'accident, au crime, comme s'il y était, même si cet artefact est donné pour tel au moyen d'une fugace incrustation dans l'écran: "RECONSTITUTION". De tels stratagèmes médiatiques sont mis en oeuvre pour "faire comprendre"au public. Les mots ne suffisent plus. Il faut à tout prix ...MONTRER quelque chose qui... ressemble à la réalité. Après tout, ne s'agit-il pas de susciter de l'émotion plutôt que s'adresser à la seule intelligence du consommateur ?

heysel-stadium.jpgEt si, pendant les saisons creuses et la "trève des confiseurs", aucune catastrophe ne se présente pour tenir le public en haleine, il suffit de jeter un coup d'oeil dans le rétroviseur et ...d'exhumer une catastrophe passée pour en  évoquer le souvenir... Rappelez-vous...C'était il y a x années: le barrage de Malpasset, le début de la Première Guerre mondiale, Tchernobyl, le naufrage du Koursk, Mattmark, le stade du Heysel (Belgique) ou celui de Furiani (Corse). Les archives regorgent de textes et d'images. Rien de tel que des plats réchauffés pour calmer l'appétit des foules. Suffit de faire main basse sur les documents dhier ou d'avant-hier pour les "actualiser" et les exploiter. Frissons rétrospectifs garantis.


abbeyroadstudios.jpgAu chapitre des drames personnels frappant des vedettes du show-business, il nous souvient d'avoir reçu, à Londres, la commande insolite d'un reportage "humain" pour un magazine parisien tirant à plus d'un million d'exemplaires.

- Le chanteur de rock X a tenté de se suicider vendredi dernier en se coupant les veines des poignets, après avoir bu de l'eau de Cologne. Désespoir sentimental.  Magne-toi le train et va le trouver !

Pas évident de trouver dans l'heure le chanteur suicidaire dans une ville de douze millions d'habitants. La loi anglaise, de surcroît, est très stricte et réprime spécifiquement le délit d'intrusion on private grief". Pas enthousiasmant non plus de s'approcher d'un inconnu de notoriété mondiale et de lui demander tout de go: "Alors cette tentative avortée de suicide, c'est vrai ou faux ?"

Après quelques coups de téléphone aux principaux studios d'enregistrement de la capitale du Royaume-Uni, j'ai retrouvé, en moins de dix minutes, le chanteur français  au studio d'Abbey Road, celui des Beatles, en demandant à la standardiste si M. X était déjà arrivé.

En catastrophe, au volant de ma vieille Hillmann Minx, je dévale la colline de Hampstead par les raccourcis et gagne le studio tout proche. Mon désespéré illustre est là, solitaire et accablé, assis sur un méchant banc de bois dans l'antichambre du studio. Pour lui, manifestement, "Noir c'est noir..."

Les présentations faites, avec le maximum de pudeur dont on peut être capable, je me hasarde: " Le magazine X,  affirme qu'une rumeur court à Paris, selon laquelle, par désespoir, vous auriez attenté à vos jours il y a 48 heures. J'imagine que vous allez démentir, bien sûr ?"

Vais-je recevoir un coup de poing pour prix de mon audace intrusive ?

Le rocker demeure silencieux, me sonde du regard, relève sa manche droite, déroule un bandage ensanglanté et découvre les cicatrices encore fraîches de son acte désespéré, à la lame de rasoir.

Une phrase jaillit de mes lèvres: "Non ! Le monde a besoin de vous !"

Il raconte.

Ca lui fait du bien.

Je suis réellement attristé, certes. Mais j'ai mon scoop.

Et en suis heureux.

Tournez, tournez rotatives... (jaw)

(Guy Béart)

Il nous faut des miracles
Des meurtres des amants
Et des enterrements
Chantons les marionnettes
Les princes des manchettes
Que l'on anoblira grâce à la caméra

Tournez tournez rotatives

Pour les âmes sensitives
A tout coeur et à tout sang
A la prochaine je descends



rotative.jpg

 

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26/04/2011

Requiem sans larmes pour les claviers mécaniques

hermesbaby.jpg

C'est La Tribune de Genève qui, en primeur, a sonné le tocsin de la machine à écrire. Il ne s'en produira plus jamais dans le monde. Zappée comme une vieille chaussette dans les égouts de l'Histoire. Vais-je sortir mon mouchoir et y verser un pleur ou applaudir à la disparition de cet instrument vivant qui faisait monter, joyeuses vers le ciel, de véritables symphonies de frappes et cliquetis dans toutes les Rédactions du monde au moment du bouclage ?

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18:56 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : machine à écrire, clavier, mort, abandon | |  Facebook

03/04/2011

Yves Debraine, lumière de la "camera obscura", n'est plus

Yves-Debraine.jpgSes photos ont fait la Une des magazines du monde entier, de Paris-Match à Life de L'Illustré à Oggi et Le Ore. Gentleman de l'objectif, Yves Debraine, d'origine française, était notre Cartier-Bresson. Doué d'un entregent sans pareil, il évoluait avec la même aisance au bord des circuits de F1 que dans les salons de Monte-Carlo.

-Tu as de plus en plus la tête d'un bagnard, lui avait dit un jour un de ses amis, le prince Rainier III de Monaco, faisant allusion à sa coiffure en brosse, signe de virilité et d'assurance dans les années 1950. Yves Debraine avait la boutade aussi rapide que le déclic. D'humeur enjouée et joviale constante, on ne s'ennuyait jamais en  compagnie de cet homme modeste et qui était pourtant l'un des princes de la profession.

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11:44 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : debraine, photo, décès, reportage | |  Facebook

24/03/2011

Les fraises rouges maudites au secours des Verts


strawberriesdarius.jpgLe marketing politique, toujours plus sophistiqué, est d'autant plus pregnant quand il ne se donne pas pour tel. Un bel exemple de publi-reportage politique  vient d'être offert au 19:30 de la TSR ( au prix de la Concession), à l'ensemble des citoyens romands au moment où certains d'entre eux sont appelés aux urnes pour renouveler leurs autorités exécutives municipales. Une pub pour les Verts qui n'en est pas une puisqu'elle est livrée en barquettes emplies d'appétissantes fraises parvenues jusqu'à nos contrées neigeuses à la faveur de la libre circulation des fruits et légumes favorisée par nos "bilatérales".

(Illustration: capture d'écran TSRinfo)

Pour rééduquer le méchant consommateur gourmand, les prêcheurs verts de l'Apocalypse débitent un nouveau catéchisme: au classique péché (véniel) de gourmandise, selon le catalogue de l'Eglise catholique romaine, les amateurs de fraises ultra-précoces d'outre-frontière ajoutent le blasphème contre la déesse Gaïa, déjà fort fébrile et contre les Nord-Africains exploités à les cultiver "en Espagne, dans des conditions épouvantables"(...) " sans que ces pratiques n'engendrent le moindre "impact sur les consciences". Le péché contre l'hygiénisme, voilà donc l'essentiel du reportage !

Calvin faisait tout de même mieux en chaire !

TSR - au 19:30 : Fraises maudites, info et propagande

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06:29 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fraises, tsr, espagne, abus, politique | |  Facebook

23/03/2011

Comment la presse romande fragilise la démocratie

Tirages en baisse et Cementit

downA qui la faute si les tirages des meilleurs quotidiens romands reculent à nouveau ? Le meilleur d'entre eux perd 6, 8 % de ses lecteurs, le second 4, 3 % .

Navrant. Désolant. Inquiétant.

Cherchons le coupable: est-il parmi les lecteurs incapables de discerner un imprimé gratuit d'un journal ? A la concurrence des chaînes de télévision et de radios publiques  qui vous apportent  des centaines de  sons et images par le câble, par voie numérique terrestre, par satellite ou via le Net  ? A l'Internet et à ses blogs chronophages ? Au cocooning des populations égotistes et égoïstes dont une bonne partie de l'existence consiste à jouer au "Salut ! T'es où  ?" en tapotant fébrilement sur les touches du dernier Smart Phone ?

Tous ces ingrédients jouent un rôle dans le délitement de notre presse romande, c'est vrai. Mais le moment n'est-il pas venu pour les principaux responsables, ceux qui la produisent et l'écrivent, de se remettre sérieusement en cause à la onzième heure ?

Tout se passe comme si le futile rédactionnel avait pris le pas sur l'utile, le facile sur le sérieux, la pensée instantanée  pavlovienne sur la réflexion, le ludique sur le grave, le binaire chirurgical sur l'opinion nuancée, le dérisoire sur l'essentiel, l'insignifiant sur le vital. Un sacré mélange où le renvoi brutal d'un entraîneur d'une équipe de foot passe avant l'adoption d'une loi fiscale ou sociale qui va toucher des millions de citoyens et d'entreprises. Des forêts entières sont abattues pour produire le papier des cahiers de sports-spectacle au prétexte que ce genre mineur attirerait les foules comme les papillons de nuit sur nos chandeliers. A la différence que ceux qui se brûlent le ailes ne sont pas les papillonants lecteurs mais bien les journalistes et deux autres grand oubliés: l'annonceur et l'actionnaire de presse.

Le grand perdant, à ce jeu-là, c'est pourtant la démocratie elle-même.

Pourquoi le journal quotidien est-il un produit qui a cessé de plaire ?

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02:04 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : media, journaux, tribune, genève, tirages, démocratie, baisse | |  Facebook