04/04/2011

Délicieuses catastrophes

ruinecataLa Passion du Christ et sa Résurrection, si elles avaient pu être médiatisées en direct, auraient-elles fait grimper l'audimat il y a 2000 ans ? A n'a pas douter, le "fait divers" du Golgotha, à l'aune des media actuels, aurait été jugé tout juste bon pour un bouchon de bas de page dans la presse locale. En revanche, le spectacle du "soufre et du feu" s'abattant du ciel sur Sodome et Gomorrhe nous eût probablement valu une Mondiovision. Telles sont les valeurs à la Bourse actuelle des images tragiques. De la triple catastrophe au Japon - séisme + tsunami+ nucléaire en folie - seul le troisième élément est encore exploité pour tenir les foules en haleine. C'est que les "délicieuses catastrophes" obéissent à des règles simples: seules celles qui inspirent une peur rétrospective immédiate et celles qui présentent une menace imminente, ont valeur médiatique.

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23/03/2011

Comment la presse romande fragilise la démocratie

Tirages en baisse et Cementit

downA qui la faute si les tirages des meilleurs quotidiens romands reculent à nouveau ? Le meilleur d'entre eux perd 6, 8 % de ses lecteurs, le second 4, 3 % .

Navrant. Désolant. Inquiétant.

Cherchons le coupable: est-il parmi les lecteurs incapables de discerner un imprimé gratuit d'un journal ? A la concurrence des chaînes de télévision et de radios publiques  qui vous apportent  des centaines de  sons et images par le câble, par voie numérique terrestre, par satellite ou via le Net  ? A l'Internet et à ses blogs chronophages ? Au cocooning des populations égotistes et égoïstes dont une bonne partie de l'existence consiste à jouer au "Salut ! T'es où  ?" en tapotant fébrilement sur les touches du dernier Smart Phone ?

Tous ces ingrédients jouent un rôle dans le délitement de notre presse romande, c'est vrai. Mais le moment n'est-il pas venu pour les principaux responsables, ceux qui la produisent et l'écrivent, de se remettre sérieusement en cause à la onzième heure ?

Tout se passe comme si le futile rédactionnel avait pris le pas sur l'utile, le facile sur le sérieux, la pensée instantanée  pavlovienne sur la réflexion, le ludique sur le grave, le binaire chirurgical sur l'opinion nuancée, le dérisoire sur l'essentiel, l'insignifiant sur le vital. Un sacré mélange où le renvoi brutal d'un entraîneur d'une équipe de foot passe avant l'adoption d'une loi fiscale ou sociale qui va toucher des millions de citoyens et d'entreprises. Des forêts entières sont abattues pour produire le papier des cahiers de sports-spectacle au prétexte que ce genre mineur attirerait les foules comme les papillons de nuit sur nos chandeliers. A la différence que ceux qui se brûlent le ailes ne sont pas les papillonants lecteurs mais bien les journalistes et deux autres grand oubliés: l'annonceur et l'actionnaire de presse.

Le grand perdant, à ce jeu-là, c'est pourtant la démocratie elle-même.

Pourquoi le journal quotidien est-il un produit qui a cessé de plaire ?

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02:04 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : media, journaux, tribune, genève, tirages, démocratie, baisse | |  Facebook